‹ Magasin théâtralChapitre 68 sur 1377 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

DON JOSÈ DE CERDA, DON JUAN DE PRADO, DON BALTHAZARD, DON PÈDRE, foule de Courtisans, puis MARIA, Femmes de la cour.

DON PÈDRE

Nous, que rien ne nous arrête; Oublions l'insensé qui troubla cette fête; Allons saisir la coupe, et que mes échansons Versent partout la joie au doux bruit des chansons : Des jeux et des festins je vois venir la reine.

A Maria, qui entre suivie de seigneurs et de femmes de la cour.

Le signal des plaisirs près de nous vous ramène; Approchez, senora : que vois-je? quel souci Jette uu vyile de deuil sur ce iront obscurci?

Le chagrin peut-il naître où le bonheur s'éveille?

MARIA

De sourds gémissemens ont frappé mon oreille ; Vers nous l'écho plaintif semble les renvoyer ; Qu'est-ce donc?

DON PÈDRE

C'est un fou que je fais châtier.

MARIA

Eh quoi ! des châtimens, des plaintes douloureuses Viendraient flétrir le cours de nos heures joyeuses ? Et vous l'ordonneriez? oh! non!

DON PÈDRE

Mais savez-vous Quel crime, quel outrage alluma mon courroux?

MARIA

Je l'ignore, et je veux que don Pèdre l'oublie.

DON PÈDRE

Je devais dans son sang éteindre sa folie.

MARIA

Pardonnez-lui.

DON PÈDRE

Jamais!

maria, très-gracieusement.

Je vous aimerai tant!

La plainte, que nos cœurs repoussent, Dieu l'en- Et de chaque parden, qu'icibas on accorde, [tend Le prix nous est compté dans sa miséricorde! Oh! grâce !

don pèdre, hésitant.

Maria, qu'exigez-vous de moi?

maria, vivement.

Allez, don Balthazard, parlez au nom du roi: Qu'on cesse de punir, il le veut, il l'ordonne. Courez, ce n'est jamais assez tôt qu'on pardonne,

Don Balthazard sort.

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