‹ Magasin théâtralChapitre 725 sur 1377 · CHRIS UNE · texte numérisé non relu

CHRIS UNE

Quand minuit sonnera... profitez-en, mon père.

MONALDESCHI

Christine... non... jamais.

CHRISTINE

C'est assez, je l'espère.

MONALDESCHI

Christine... non, Christine... on t'égare; mais moi, Moi, je suis innocent... et... jamais nulle loi N'a prononcé la mort .. la mort pour un tel crime! Ne crois pas que mon cœUr dans cet écrit s'ex-

[ prime- C'est un jour i!;> dëmeuce.. un exécrable jour ; |iii l'aimait, te gardait son amour;

Ce cœur, pour qui le tien veutunemortsi prompte. Oui, je t'aimais... je t'aime.

CHRISTINE

Ah ! que tu me fais honte !

MONALDESCHI

Ce n'est pas mon arrêt qui cause ma stupeur. Mourir... ah! ce n'est pas mourir qui me l'ait peur, Non... mais là... seul... sitôt... sans prévoir ma

[sentence, Sans avoir pris courage à perdre l'existence, Sans rien... Christine... non... si tu veux mon

[trépas !

Demain je serai prêt... ce soir je ne puis pas.

CHRISTINE

Mon père soutenez cette indigne faiblesse.

MONALDESCHI

Christine...

CHRISTINE

Ne perds pas le temps que je te laisse.

MONALDESCHI

Christine, eh bien ! encore... écoute. . cette fois Ce n'est plus pour moi seul que t'implore ma voix; Un jour... un jour encor si je demande à vivre, C'est qu'une autre au tombeau, si je meurs, va me

[suivre. Eh bien! je l'avoûrai, j'ai trahi ton amour; Mais celle que le mien a perdue sans retour De mes crimes jamais... jamais ne fut complice. Laisse-moi préparer son aine à mon supplice; Qu'à sa vie en mourant j'assure de longs jours, Une heure, une heure encor pour la perdre à

[ toujours!

J'ai mérité la mort où ton cœur me condamne, Mais elle, tu l'aimais, tu la plaindras...

CHRISTINE

Marianne?

MONALDESCHI, presque A genoux.

Eh bien! oui, sur son sort que je sois rassuré, Et je mourrai tranquille, et je te bénirai.

CHRISTINE

Calme donc ces frayeurs où tant d'amour t'emporte; Allons,Monaldeschi...dueourage...elleestmorte.

MONALDESCHI, se relevant, et avec rage.

Tu l'as assassinée!...

CHRISTINE

Infâme, ce forfait T'appartient.

MONALDESCHI

Non, Christine, il te sert, tu l'as fait.

CHRISTINE

Arrête...

MONALDESCHI

Il n'est plus temps... toute craintecsl brisée; Toi, tu peux me punir de l'avoir méprisée.

L'heure peut se hâter.

MONALDESCHI

Christine, écoute moi; Tes bourreaux sont plus loin de moi que moi de

[ Loi.

Entends donc ton arrêt, et qu'eux aussi l'enlen-

[ dent; A l'enfermer ici tes soins en vain prétendent, Une fois prononcé, tout le fera parler : Ce plancher, qui boira le sang qui va couler; Les débris des poignards cloués dans les murailles J Ce corps, dans le cercueil jeté sans funérailles ; Ces bourreaux dont tu n'as acheté que le fer ; L'un qui le redira pour se vendre plus cher, L'autre au tour d'un foyer pour amuser des femmes; Toi-même on t'entendra, quand tes crimes infâmes Huileront ton sommeil sur la couche de mort, Le dire avec des cris.. .la nu il... comme un remord. Écoule donc, Christine... écoutez tous ensemble; Tu détournes en vain ton front pâle qui tremble; Tes yeux, ta rage en pleurs m'évitent vainement.

CHRISTINE

Je regarde combien l'heure va lentement.

MONALDESCHI

Marianne est morte... eh bien! c'est toi qui l'as tuée; A d'infâmes plaisirs reine proslituée, La débauche est ta vie, et le meurtre te suit. Le poison, le poignard sont tes armes.

CHRISTINE, montrant l'heure du doigt.

Minuit !

Elle sort.

Sanliiiclliàco gesle,s"approclie doucement deMonaldcsch',

et le frappe d'un poignard qui se foiise.

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