SCENE XII
Les Mêmes, SUÉNON.
SUÉNON, entrant avec précaution par la porte secrète.
Bien... la nuit m'a prêté ses ombres les plus sûres.
CuniSTiNB, dans une sorte de délire.
Non, ces Monaldeschi!
SUÉNON
J'entends des pas douteux.
CHRISTINE
Tous deux sont-ils tombés, et suis-je entre tous
[deux?
Clairet ne revient pas, je suis seule, je tremble.
SUÉNON
C'est Christine, approchons.
CHRISTINE
S'ils se levaient ensemble?
SUÉNON
Christine...
CHRISTINE
Les voilà !
SUÉNON
C'est moi... c'est Suénon!
CHRISTINE
Monaldcschi vient-il?
SUÉNON
Eh ! madame, ce nom Vous poursuit-il partout d'un souvenir si tendre Que pour adieu dernier il me faille l'entendre ?
Christine, revenant à elle.
Ah! oui, je me souviens... c'est vous... vous me
[quittez, Vous me l'avez écrit. . . eh bien ! .. . partez. . . partez.
SDÉNON.
Christ'ine, et voilà donc le prix de ma constance
À jeter à tes pieds toute mon existence ?
Je t'aimais d'un amour où tu n'as pas de foi;
T'aimer était ma vie et te servir ma loi;
Mais tu n'as pas compris, dans cet amour serviîe,
Qu'en plianttoutee cœur aux soinsd'une aine vile,
Je faisais plus pour toi que de te conquérir
Ce trône que tu veux et que je viens l'offrir.
CHRISTINE
J'y renonce... partez... fuyez, partez sur l'heure.
SUÉNON
Christine, le crois-tu? c'est Suénon qui pleure! Jamais ce coeur pour toi si bas ne s'est surpris. Je n'ai plus le pouvoir de sentir tes mépris. Je t'aime, et cet amour assez long-temps...
Ici MonaloVsclii se soulève.
CHRISTINE
Silence!
N'as-tu rien entendu ?
SUÉNON
Sens ce cœur qui s'élance Et brûle sous ta main.
CHRISTINE
Ne touche pas ma main, Elle te tacherait de sang.
De sang?
CHRISTINE
Demain Sois parti pour jamais... ne cherche pas ma vue ; Va, va-t'en, Suénon, ta présence me tue.
SUÉNON
Explique-toi, Christine.
CHRISTINE
Ah! que veux-tu savoir?
SUÉNON
On vient... qui vient ici ?
CHRISTINE
Tu ne dois pas lo voir, Suénon, pars, va-t'en!... déjà ce lieu s'éclaire. Je te l'ordonne, sors.
SUÉNON
Je comprends sa colère; C'est donc Monaldeschi... sur lui je me suis tu,. Mais qu'il vienne!
Sue'non s'élance vers la porte à laquelle paraît Clairrt avec une torclie ; Monaldcsclii s'est lr.ùne, en s'appuyant sur les murs jusqu'à cette porte, cl se trouve face a laie avec. Suenou.
CHRISTINE
Malheur !
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