MAT.IA
Oh! quand je l'ai connu ce détestable affront, Le désespoir au cœur, et la rougeur au front, J'ai couru! je cherchais, j'appelais la victime! Chaque instant écoulé me pesait comme un crime! Pourquoi ces cris vers moi sont-ils venus trop lard? Que n'ai-je de mon corps pu lui faire un rempart, Et, devant les témoins de ses longues tortures, Laver avec mes pleurs le saug de ses blessures? Il faut que je le voie! Allons, conduis mes pas, Viens, ma sœur !
JUANA
J'y consens! pourtant ne crains-tu pas Que ton aspect soudain, dans son ame blessée, N'aille de ses tournions ranimer la pensée? Livre a mon amitié tes vœux et ton espoir; Je vais le disposer, ma sœur, à te revoir, Et, préparant l'instant que j'appelle et redoute, Vers le cœur paternel te rouvrir une route.
MARIA
Va donc, ma Juana, chei ange de bonté; Je peux espérer tout quand ton cœur m'est resté.
Juana sort par la porte de gauche.
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