DON LUIS D'AGUILAR, MARIA, DON RUY DE PADILLA, JUANA
Du départ, Juana, voici l'heure venue,
Déjà sur nos coteaux l'ombre s'est étendue,
La barque est au rivage, et l'on n'attend que vous.
JUANA
Mon père pourra-t-il s'éloigner avec nous ? Don Luis, il est souffrant, et sa force épuisée...
DON LUIS
Mais pour le recevoir la barque est disposée; Ne craignez rien : je veux profiter des instans ; Quand des hameaux voisins les joyeux habilans Écoutent rassemblés l'importante nouvelle Dont quelques pèlerins font le récit fidèle, Nous pourrons échapper aux regards curieux.
JUANA
Qu'avez-vous donc appris? »
DON LUIS
Ce qu'on dit en tous lieux.
Don Pèdre, triomphant d'un amour éphémère, Cède aux vœux d'Albuquerque, aux larmes de sa
[mère, Et Blanche de Bourbon, dans Scville, demain Du roi, son fiancé, doit recevoir la main ; Don Pèdre se décide ù la nommer sa femme.
maria, s'avançant vivement vers don Luis. Qui dit cela, don Luis? c'est un mensonge infâme !
don mis.
L'hymen dans l'Alcazar hier fut proclamé.
MARIA
Et la foudre en tomhant ne l'a pas abîmé? Et Dieu le permettrait, cet hymen exécrable?
DON LUIS
Sont-ce là vos remords?
Où donc est le coupable?
Est-ce moi qu'on accuse? est-ce moi qu'on flétrit Savez-vous qui je suis? Cet écrit, cet écrit, Garant de l'innocence et de la foi jurée... Ah I rien! rien... c'estla mort! mourir déshonorée! Sans combat, sans vengeance ! Un cheval ! un cheval! Que nul témoin ne manque à cet hymen royal!
Suivez-moi tous! Mais non, seule j'y dois paraître* Fuyez!
juana, cherchant à la calmer.
Ma sœur !
MARIA
Un jour, on vous dira peut-être Que, vengeant nos affronts et le sang paternel, J'ai cloué l'infamie au front du criminel.
don ruy, regardant Maria d'un air effaré. Quelle voix!
MARIA
Attends-moi, don Pèdre de Castille!
don luis.
Que dit-elle?
maria, sortant avec violence.
A Séville ! à Sévillel don rut, la regardant sortir.
Ma fille !
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