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SCENE XIII

Les Mêmes, LAFEUILLADE, LABRE- DECTIE , puis REGNIER.

lafeuillade. Bonjour , mes amis.

TOUS Des nouvelles ? des nouvelles ?

lafel île a de . Eh bien ! l'empereur vient au pas de charge

PREMIER GARDE DU CORPS. OÙ CSt-il à peu près ?

lafeuillade. Le sait-on ! cet homme va comme le vent.

UN aide-de-camp. Monsieur le colonel de Lafeuillade, le roi veut vous voir... Entrez.

LAFEUILLADE. Adieu.

l 'aide-de-camp. Messieurs , vous ne quitterez pas l'uniforme. Il est possible que vous montiez à cheval d'un moment à l'autre.

deuxième GARDE. Ah ! voilà Régnier qui passe. (Par la fenêtre.) Quelles nouvelles?

régmer , de la rue. On dit que l'empereur a manqué d'être assassiné , mais que l'assassin a été arrêté.

DEUXIÈME garde. C'est une infamie d'avoir mis sa tète à prix comme celle d'un chien enragé.

premier GARDE. Tous les moyens sont bons pour se débarrasser d'un homme aussi dangereux.

deuxième garde. C'est-à-dire que vous l'assassineriez, vous?

premier garde. Ma foi! je crois que j'aimerais mieux être un assassin qu'un traître.

deuxième garde. Monsieur, vous allez me rendre raison. . .

premier GARDE. Monsieur , vous savez qu'on nous a défendu de sortir.

deuxième GARDE Eh bien ! ici.

NAPOLÛOH

D'AUTRES. Dans ce palais, messieurs quand le roi a besoin de nous?...

.prebieugaude. Où courez-vous, monsieur le grand-maître?

lE GrA*D-MAITRE. Porter un <;-; ; roi... Messieurs, vous sévirez d escorte.

be^Sa^e^eu^rsure

troisième garde. Un rassemblement.

pr^ier GARDE. Ali! Régnier, qu y a-

^H GARDE , de h rue. Un homme qu'on • * Ll avec le drapeau tricolore... vient darretei avec ie ui*i

LABnEBÈCHE , <fc fa™. C'est mot, c est

'"™r"uÏÏ;^«-B,-coMS.Bicn:.,on

brave, bien. T foui-

«»iVt fv PIED, traversant. Les equi pa^dl mXie la duchesse d'Angou-

lelToùs les gardes. Comment!

LABREDÈCHE , entrant avec un drapeau tri-

cofor,. Me voilà avec mon trophée premier GARDE. Donnez, donnez deuxième garde. Est-ce que madame

P^abredÈCHE. Tout le monde déménage MYSLqpè d'être emballé tout vit en toTersantlepavillonMarsan. Laissez donc,

j „,-;,> ptie ne le lâche pas...(/i pu'*-; de ma vie , eije ut w ',, ou

Cela peut servir : on dit que 1 autie a cou ché à Fontainebleau.

" le CAPITAINE. A cheval! messieurs , a

cheval !

(Tous les gardent scrlent.)

m valet. Les équipages de M. le comte

d'Artois sont prêts.

tendu... Et vous appelez un brigand, un

o e Napoléon-le-grand, empereu des ,' isfroi d'Italie, protecteur de h o !iùon du Rhin médiateur de la confédération suisse!... Ma pétition...

! B GRAND-MAITRE. Monsieur , c'est imi ;, l'ai mise sous les yeux du roi, P°SSlbl ^i^aianiéaard à vos services et et sa maieste ayam. egaiu

cordé une pension de douze cents francs.

: An rlmt

m aide-de-camp. Imbécillc Ou allezvous, monsieur l'introducteur des ambassadeurs?

L'INTRODUCTEUR. Faites *&™\™Z<*1

cuses au roi... ï*V^X*ZlZZ vient d'accoucher. . . {A part.) Si 1 empei eui consentait à être le parrain ....

labredéCUE dépose son drapeau dernère vn meuble. Ah! monsieur le meut e delà garde-robe , un instant , un nstau \ ous ne vous en irez pas comme cela. Ma p< ti ïfonTma pétition! Ah! j'ai voulu voir ce que vous pensiez; vous vous êtes train devant moi: c'est un piège que je vou,

rae une jm.x.o— - —

labredècue. Une pension de douze cents fiancs! . ,

„ GRAND-BAlTBE. Elle est enreg.stre au grand-livre depuis hier, et en votctlc

'"«ènEDÙr.l.r,. Le brevet enregistré, et l'autre qui sera ici dans une de.nt-l.eme...

Eh bien! il ne se rame P»Y^a«orde

Snrfâl^,n io.,^e/r

trU,C? !'T ï de ton h r . J ne veux rien TriCWndUe^es turbins! je suis un ttùnté^Léressé... J'aune et ,'adnure Pempereur entend^von ^ «^

votre brevet. . . (^ ^'r ■) x\ J * s »

morceaux... Celape^rvir^^

j^iTSE/cW) ^ crois que ?Vst le moment de replacer mes frère . .. * un aide-de-cÂmp. Factionnaire, ne lais

sez sortir personne...

LABREDÈCDE.Ehbienlmevoilaenferme

moi ? compromis avec la tamilie roya le? (,i &* cour^O C'est une mdisnité , messieurs....

J la sentinelle. Messieurs , on ne passe

^PLUSIEURS VOIX. Comment! Pourquoi ?

QUELQU'UN. Mais je serai compromis , moi, si l'empereur me trouve ici...

LE COMTE. Si j'avais pu dumoinsquittei cet habit !.. ' ,,

l.bbedÈcue. Monsieur le comte... ^ f\ Diable' il a des décorations, aes âa^âouzecen.franes^oms

^nittvoXTniraivo^ourre,

vrmaerd^lafoulesans être reconnu.

„«»™.OJ,:.non ami, que serv-ce.

( 1h rhansent d'habits.) La mon ui i donnez-moi le vôtre... Je me sacrifie.

DES VOIX. C'est le roi qui nous perd °lp:MTUES.l\on, c'est la chambre...

MAGASIN TIlEATJtAL.

d'autres. Si le roi n'avait pas propos*' tics lois...

LAFEUïLLADE. Le roi va passer, messieurs ; silence , quelles que soient les opinions!... Royalistes, n'oubliez pas qu'il est le lils de saint Louis... Libéraux, souvenez-vous que c'est à lui que vous devez la Charte. Respect au malheur et aux cheveux blancs !...

( L.iiis W'III nnssc : profond silence, l.i's courtisans le suivenl cl parlcnl en sortant.)

PREMIER COURTISAN. Yas-tn à Gand?

DEUXIÈME COURTISAN. Non.

troisième courtisa*. Et monsieur le comte !

quatrième courtis vn. J'accompague

sa majesté.

RÉGNIER. Et moi je reste; ici. Ou a dû parler à l'empereur...

LABREBÈCHE , tirant de sa pnehc xinr cocarde Irii ol'i-r Arborons les couleurs nationales I... maintenant l'autre peut venir.

i \ nt: ceux Qui sovr restés Oh !

monsieur, où vous êtes-vous procuré cette

cocarde? Si je pouvais en avoir une !...

l\ SECOND COURTISAN. Et moi !

UN troisième. Et moi aussi !

UN QUATRIÈME. On ne nous en vendrait pas peut-être ?. ..

LABREDÈCnE. J'en ai, messieurs ! j'en ai pour nous tous ! Il y a long-tems (|ue je conspire! J'avais des correspondances avec l'île d'Elbe. Il y a trois mois que je sais (pie notre grand empereur va revenu... Quel homme !

UN autre. Et on l'appelait un tyran!

larredÈCIIE. Un tyran , lui! Lui si

bon, qui m'avait donné une pension parce que mes deux frères avaient été gelés en llussie. {A part. ) Ce n'est plus le moment de parler de mon père .. Ah '. messieurs, qu'est-ce qu'on entend?

plusieurs personnes, mirant. L'empereur vient d'entrer à Paris.

l.ARREDÈcnE , ii un hw'ssirr. Mon ami , voilà cinq francs ; courez chez moi , rue de la Harpe, au cinquième; faites mettre quatre lampions sur ma croisée... I . n jour de fête, morbleu!... Vive l'empereur!

CRIS n\\S LE LOINTAIN. Ah! ah ! le voilà. .. le voilà.

i. vbredÈCHE. Entendez-vous, monsieur?

le voilà le conquérant du monde! il s'appioche ; nous allons le voit lace à lace.

CM autre. Quel bonheur î

CIMS plus rapprochés. Vive l'empereur ! \ ive l'empereur !

(Des officiel i gênera os entrent. )

LABnEDÈciiE. Soyi ■/. les bienvenus, messieurs; nous von-, attendons, nous attendons l'empereur.

un officier. II nous suit, messieurs..

bruit de voix. Le voilà! Vive l'empereur ! Suc... non ! nous vous porterons.

C'est dans nOS lu as que VotlC .Majesté; doit rentrer dans son palais ..

napoléon, entrant. Oui, mes enfuis, Oui, je vous remercie. Oui, je suis votre père, voire empereur... Votre joie me va aucoaii. Mes amis, vous savez r quand

l'empereur revient aux Tuileries, on remet le drapeau.. .

nus voix. Un drapeau! un drapeau!

labredèCHE. Quel trait de lumière! 1 n drapeau! moi, j'en ai un drapeau... que j'ai apporté au milieu de mille dangers! un di a peau que je conservais caché depuis huit mois, pour cette mémorable journée! Le voilà, sire. Je suis heureux d'être le premier à offrir à votre majesté cette preuve de dévouement à son auguste personne

PLUSIEURS VOIX. Arborons-le! Arbor-

rons-le !

NAPOLÉON, à Labiedcche. Je vous ai déjà vu.

L IRREDÈCHE.Sire, votre majesté m'avait accordé une pension de douze cents francs..

DES COURTISANS. Votre majesté veutelle recevoir nos félicitations!

tous. Sire... Votre majesté...

NAPOLÉON. Oui, messieurs; mais n'oublions pas que c'est une révolution de soldats et de sous-lieutenans ; d'autres en profiteront peut-être , mais c'est le peuple qui a tout fait, c'est à lui que je dois tout.

l'huissier. Sire , les envoyés de la chambre des députés sont là...

NArOLÉON. Faites entrer.

UN autre huissier. Les envoyés de la chambre des pairs !

NAPOLÉON. Messieurs les envoyés delà chambre des députés! la chambre s'est rendue indigne de la confiance de la nation en faisant payer au peuple les dettes contractées à l'étranger pour répandre le sang français. J'abolis la chambre des députés.

Messieurs les envoyés de la chambre des

NAPOLEON

pairs! la chambre est composée on partie d'hommes qui ont porté les armes contre la patrie; ils ont intérêt au rétablissement

des droits féodaux et à l'annulation de* ventes nationales. Je casse la chambre des pairs.

J'appellerai les électeurs au champ de mai , et là je consacrerai les droits du peuple ; car le trône est l'ait pour la nation et non la nation pour le trône.

J'espère la paix ; je ne crains pas la

guerre; mes aigles ont toujours les ailes déployées, et ma devise est celle des preux: Fais ce que dois, advienne que pourra... tous. Vive l'empereur!

BERTRAND. Sire , vous êtes plus grand que jamais...

NAPOLÉOflF, à par/. Puissé-je un jour ne pas regretter l'ile d'Elbe!

fin du cinquième actr.

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