‹ Magasin universel (volume 3)Chapitre 107 sur 242 · Tome iv. — !Yi.\ns · texte numérisé non relu

Tome iv. — !Yi.\ns

Ce fut le samedi 12 octobre 1793 que les membres composant la municipalité de Franciade (Saint-Denis) donnèrent l'ordre de procéder à l'exhumation des corps des rois, reines, princes, princesses^ et hommes célèbres qui avaient été déposés dans la basilique depuis près de quinze cents ans, afin d'en extraire les plombs, conformément au décret rendu par la Convention nationale. On commença par creuser deux fosses profondes destinées à recevoir pêle-mêle tous les ossements, dans la cour qui, portant encore le nom des Valois, longe le côté septentrional de la basilique, et ce fut sur le lieu même où existait autrefois une chapelle qui avait reçu les corps de Henri II, de Catherine de Médicis et de huit de leurs en • fants.

Le premier corps exhumé fut celui de Turenne, qui fut trouvé dans un état parfait de conservation. Au lieu de déposer le corps de ce grand homme dans la fosse, on le conserva plus de huit mois dans la sacristie; il fut ensuite exposé dans la galerie du Jardin des Plantes, puis enfermé dans une urne dans le jardin du Musée des monuments français; enfin le 1er vendémiaire an 9 (23 novembre 1799), il fut, par arrêté des consuls, transporté aux Invalides, où il est aujourd'hui, et où son monument a été rétabli.

Le corps de Henri IV fut trouvé dans un tel état de conservation, qu'on put mouler son masque. Sa barbe et ses moustaches étaient parfaitement intactes.

Louis XIII et Louis XIV étaient bien conservés ; mais ce dernieravaitla peau noire comme de l'encre. Quant aux corps de François Ier et de Louis XV, ils étaient dans un état de décomposition complet.

Le même jour, 16 octobre 1793, on exhuma le corps de Henriette-Marie de France, fille de Henri IV, épouse de Charles I", roi d'Angleterre, morte en 1669, à l'âge de soixante ans. La destinée de cette princesse offre un singulier rapprochement. Une révolution la chassa du trône d'Angleterre, et coûta la vie à son mari ; une révolution amena la destruction du tombeau qu'elle était revenue chercher dans sa patrie, et cette destruction eut lieu au moment même où la malheureuse reine de France, Marie-Antoinette, montait sur l'échafaud.

On a retiré du cercueil de Charles V, mort en 1380, une couronne de vermeil bien conservée, une main de justice en argent, et un sceptre en vermeil long d'environ 5 pieds, et surmonté d'un bouquet de feuillage, du milieu duquel s'élevait une grappe de corymbe, ce qui lui donnait à peu près la forme d'un thyrse. Ce morceau d'orfèvrerie, assez bien travaillé pour son époque, avait conservé tout son éclat.

Dans le cercueil de Jeanne de Bourbon, sa femme, on a découvert un reste de couronne, un anneau d'or, des débris de bracelets, un fuseau de bois doré et des souliers à la poulaine, avec des restes de broderies d'or et d'argent.

Dans le tombeau de Philippe le Bel, on trouva un anneau d'or, uu fragment de diadème d'étoile tissue en or, un sceptre de cuivre doré, de 5 pieds de haut, et terminé par une touffe de feuillage et un chardonneret de cuivre colorié.

Le soir, à la lueur des flambeaux, les ouvriers firent l'ouverture du tombeau en pierre du roi Dagobei t, mort eh 638. Après avoir cassé la statue qui servait de couvercle au saicophage fait en lumacheÙe de Bourgogne, on trouva un colfre de bois d'environ 2 pieds de long, garni de plomb dans son intérieur, qui renfermait les ossements du prince, et ceux de INanthilde sa femme, morte en 642. Les ossements étaient enveloppés d'une étoffe de soie, et les corps séparés par une planche qui partageait le coffre en deux parties. Sur un côté de ce coffre était une plaque de plomb avec cette inscription :

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