‹ Magasin universelChapitre 132 sur 320 · VETERANS · texte numérisé non relu

VETERANS

Nous avons déjà dit (page 124 de ce Volume) , que le vétérans devaient leur origine aux anciennes compagnies .élachées de l'Hôtel royal des Invalides. Ces troupes étaient formées d'hommes sortant des différens corps de l'année, qui, incapables de suppo.ter les longues fatigues de la guerre, étaient cependant encore aptes à un service intérieur assez actif. Sur leur demande , Lonis XIV les organisa en compagnies vers la fin de 1690, et leur confia la garde des citadelles des forts et châteaux situés sur les frontières du royaume; quelques-unes furent chargées de la conservation des arsenaux, magasins et autres etahlissemens de l'artillerie et du génie. D'autres faisaient le service des prisons d'état et des prisons militaires les plus importantes. En 1696 ces compagnies prirent rang, du jour de leur création, parmi les troupes d'infanterie : elles eurent le même armement, le même habillement, la même discipline, les mêmes allocations et le même mode d'administration.

Les dernières guerres de Louis XIV n'avaient pas permis que l'on s'occupât des compagnies d'invalides détachées de l'hôtel. Le régent avait conçu le projet d'améliorer l'institution de ces troupes; mais de plus grands intérêts forcèrent l'ajournement de ces projets. En 1740, les invalides étaient au nombre de près de 14,000, et en 1773, ils étaient réduits à celui de 6,000. C'est à peu près dans cette situation que la révolution trouva ces différentes portions de corps.

Dès l'année 1789, il avait été créé des compagnies de vétérans de la gar:e nationale; trois ans après, les compagnies d'invalides détachées de l'hôtel prirent également la dénomination de vétérans nationaux, et formèrent un corps de 3,000 hommes, divisé en cent compagnies de cinquante vétérans chacune, dont douze d'artillerie. Depuis celte époque, les différens régimens de l'armée fournirent seuls au recrutement de ces compagnies. Leur institution changea aussi de nature , et leur service eut pour destination spéciale le maintien de la tranquillité publique dans les villes de l'intérieur. A cet effet, on en plaça une dans chacun des quatre-vingt-huit chefs-lieux de département. On répartit les douze compagnies de canonniers sur les côtes , et les cinq autres compagnies restèrent à la disposition du gouvernement. Deux cents nouvelles compagnies, créées en 1796, formèrent, en 1800, avec les premières, dix demibrigades (régimens) , qu'on réduisit à six en 1803.

Indépendamment de ces six corps, le gouvernement consulaire avait établi, <.ès l'année 1803, deux camps de vétérans dans les 26e et 27e divisions maritimes (Juliers et Alexandrie). Chaque camp était formé d'un bataillon de 1,005 hommes, divisé en cinq compagnies. Ces établissemens, fondés à l'imitation des Romains, étaient situés sur un terrain militaire, acheié aux frais de l'Etat, et entouré d'un mur élevé et crénelé; Des maisons, bâties dans l'enceinte du camp et alignées au cordeau, servaient d'habitations saines et commodes aux officiers et aux soldats et des terres à culture leur furent livrées pour être exploitées à l'usage commun. Les désastres de la guerre de Russie et l'abdication de Napoléon amenèrent la dissolution de ces deux corps. Les officiers, sous-ofticiers et suidais qui en faisaient partie, reçurent, en dédommagement , une solde de retraite proportionnée à la perte qu'ils venaient d'éprouver : ils quittaient tous une nouvelle pairie et une existence assurée.

A la restauration, les vétérans fuient organisés en cent compagnies, dont dix de sous-officiers, quare-vingt de fusiliers et dix de canonniers. La loi du 10 mars 1818 avait donné la dénomination de vétérans aux sous-officiers et soldat? qui, ap es avoir achevé leur temps de service, rentraient dans leurs foyers pour y être assujetis à un service territorial pendant six ans ; on donna aux compagnies de vétérans le nom de compagnies sédentaires. L'ordonnance

MAGASIN1UNIVEK5EL.

du 26 novembre J850 porte création de compagnies de

vétérans de l'armée dans les départements , formées d'anciens militaires retirés clans leurs foyers et libérés du service actif. Les compagnies de fusiliers sédentaires de formation antérieure furent incorporées dans les compagnies dépar-, tementales de vétérans , et celles de sous-officiers sédentaires prirent la dénomination de sous-officiers-vétérans. Les compagnies de vétérans sont aujourd'hui au nombre de

/■ousscnEMj — ---*=^~ ' lesestKe

( Vétérans Je iS34.)

quarante-quatre ; savoir : dix compagnies de sous-ofliciers, vingt compagnies de fusiliers, treize compagnies de canonnière, et une compagnie du génie.

L'uniforme de ces corps consiste en un habit bleu à revers de même couleur; collet, paremens, passepoils des revers, brides d'épauleltes et contre-épauletles garance;

pattes de paremens blanc; l'étoile qui forme l'ornement des retroussis est aussi en drap blanc; pantalon garance; schakos en feutre noir avec un galon garance et une plaque jaune, à coq et étoile au centre de l'écusson; pompon garance , de forme sphérique et sans flamme. L'uniforme des compagnies de sous-officiers ne diffère de celles des fusiliers que par une boutonnière en or, placée de chaque côlé du devant du collet de l'habit et de la capole.

Il y avait, en outre, un bataillon de fusiliers- vétérans , composé de six compagnies , réparties à Alger, Oran et Bone; on vient de les mettre à la suite des autres,) en les réduisant à trois.

Page 1