PAUVRES EN ANGLETERRE
En Angleterre , la misère apparaît sous un autre acpect , mais avec des accessoires qui la rendent plus accablante pour ceux qui la souffrent , plus affligeante pour ceux qui l'observent , que dans toute autre partie de l'Europe. Soumis à un ordre méthodique , les secours sont plus lents à passer, de la main qui les distribue, dans celle qui s'ouvre pour les
recevoir. Dans beaucoup de paroisses , ils sont l'objet d'une étrange spéculation. Au moyen d'une somme beaucoup plus forte que celle qui suffirait à une charité intelligente, un entrepreneur se charge, sinon de pourvoir aux besoins, au moins d'arrêter les plaintes des indigens. Peu importe qu'ils soient soulagés, pourvu qu'ils se taisent! C'est le parti qu'ils sont obligés de prendre , sous peine de trouver dans le spéculateur, entre les mains duquel l'amélioration de leur sort est tombée au rabais ; un redoublement de rigueur et de dureté , que ne compenserait pas l'intervention du magistrat auquel leurs réclamations s'adresseraient. Dans les lieux où les secours s'administrent sans l'intermédiaire d'un entrepreneur, ils sont réduits en qualité et en efficacité par les prélévemèrts que les distributeurs n'ont pas honte de se réserver en forme d'éniolumens ; et par le vice de leur répartition; la paresse y trouve sa part comme l'activité , le simple malaise comme la pauvreté. On compte ■ les individus dont se compose la famille , et on jette de l'argent, sans s'inquiéter si parmi eux il n'en est pas qui peuvent pourvoir à leur subsistance et à celle de leurs païens. Ce n'est pas une honte pour un artisan de faire inscrire h1 nom de son père infirme sur la liste des habitans secourus par la paroisse , lorsqu'il pourrait le nourrir. Aussi ces listes sont-elles dans une proportion presque double de celles qui existent ailleurs.
En France , une cotisation de I franc 50 centimes par individu, non participant aux secours, suffirait au soulagementdes indigens. En Angleterre, cette cotisation devrait s'élever à plus de douze francs). Et cependant le sort des pauvres dans le pays où l'on donne le moins , n'est pas aussi malheureux que celui de la même classe dans le pays où l'on donne le plus. La misère même s'y révèle d'une manière moins pénible , parce qu'elle a une livrée qui lui est propre , et qu'en général cette livrée soignée, entretenue avec intelligence par les personnes qui la distribuent, ne présente rien de rebutant. En Angleterre, au contraire, la misère court les rues et les chenil s en haillons de soie. Les déchirures d'un schall des Indes laissent appercevoir la dégoûtante nudité qu'il était destiné à couvrir; et l'hermine qui ornait une pelisse élégante, est traînée dans la boue des trottoirs par une malheureuse créature sans bas, sans souliers , soutenant d'un bras décharné un enfant suspendu à un sein flétri , et de l'autre présentant un paquet d'allumettes qu'elle est censée offrir en échange d'une aumône : moyen employé pour éluder la lettre deslois qui interdisent la mendicité, en se plaçant sous la protection de celles qui favorisent le commerce. Ce contraste entre les habits qui ont appartenu à l'opulence , et la profession qui indique le dernier degré de l'abaissement et du malheur , fait naître d'affligeantes pensées.
La misère est rendue plus accablante encore par les privations qu'entraîne le prix excessif de certains objets qui, dans d'autres pays se rapprochent davantage des facultés les plus restreintes. Le pauvre est dans l'impossibilité de se procurer de la viande , de la bierre , du charbon ; heureux si le salaire qu'il obtient par son travail , si les secours destinés à suppléer à l'insuffisance de ce salaire, lui donnent les moyens d'acheter du pain pour lui, et des pommes de terre pour sa famille! Pour les commodités de logemens, pour ce que l'on pourrait appeler le confortable de la misère, on ne le trouve nulle part, pas plus dans la cabane de l'ouvrier de campagne , que dans les caves et les greniers des villes , où des familles qui n'ont aucun rapport entre elles , viennent, pour une nuit, mettre en commun leur dénuement, leurs larmes , et plus probablement leur haine , leurs imprécations , et leurs menaces contre les classes plus heureuses.
Quelquefois l'excès de la misère porte une famille à aller chercher dans une autre paroisse , des moyens d'industrie ou d'existence que lui refuse celle où elle souffre. Elle en est repoussée ; il lui est défendu de s'y établir , ne fut-ce que pour un jour. On ne lui accorde pas même le temps néces-
saires pour un indispensable repos. Il faut qu'elle aille | reprendre ses privations auxquelles elle a voulu se soustraire. Il faut qu'elle revienne là où elle a enduré tant de maux, subir le reste de celte condamnation, qu'en créant ses membres, et les réunissant , la Providence semble avoir choisi contre elle. Ainsi l'Angleterre libre et riche du xixe siècle , a , comme, l'Angleterre féodale et pauvre du moyen-âge, son esclavage, sa glèbe et ses serfs. Elle les fixe sur le sol, leur laissant à peine la perspective incertaine d'un tardif affranchissement.
La taxe payée en Angleterre pour les pauvres excède la somme énorme de deux cents millions de France. Comme elle ne frappe que sur les propriétaires fonciers, elle devient pour cette classe d'hommes une charge accablante ; et cependant on ne cherche pas à l'alléger, en donnant à son produit une meilleure direction et un emploi plus économique et plus rationel.
Les secours distribués aux pauvres , ne compriment cependant pas la mendicité d'une manière absolue. Elle se faii moins remarquer que dans les autres pays de l'Europe; mais elle existe partout et pour tous les âges. Sur les grandes routes , dans les campagnes , comme dans les rues de Londres, on rencontre des gens souvent très valides qui cherchent à exciter la pitié par le spectacle de leur misère ou de leurs infirmités, ou par leur chant monotone et criard , ou par le soin de balayer les intervalles qui séparent les trottoirs; et qui tous exploitent l'imporlunilé comme le genre d'industrie le plus facile et celui qui leur rapporte le plus.
Les pauvres des campagnes trouvent, dans les travaux des routes , l'emploi le plus ordinaire de leurs bras. Leur position serait rendue moins pénible , si l'on consentait à leur délivrer , pour être cultivées , quelques unes de ces nombreuses portions de terre incultes que possèdent les paroisses, et qui dans leur état actuel sont sans valeur et sans utilité.
Ce qui ne saurait être contesté, c'est qu'en Angleterre une somme très considérable affectée au soulagement des pauvres, et à l'extinction de la mendicité , ne produit pas l'effet que l'on s'en était promis; tandis qu'en France avec une moindre dépense , et un mode de secours moins méthodique, on fait plus et mieux.
acteurs occupent l'espace compris entre les tables ordinairement disposées sur deux rangs.
Aux grandes fêtes et aux processions publiques on élève des théâtres dans les rues, et l'on donne alors des représentations scéniques du malin au soir.
Un auteur chinois qui jouit d'une certaine réputation n'écrit point pour le théâtre. L'empereur Jnuschden défendit sévèrement aux mandarins de fréquenter le speclacle. Cette défense a été renouvelée récemment, et l'officier manschou qui veut aller au théâtre doit auparavant ôter de son bonnet les petits grelots en couleur qui sont la marque distinctive de son rang :
Les journaux chinois recueillent avec empressement , tous les traits qui peuvent honorer les mœurs , le caractère de la nation , mais un journaliste s'exposerait a des peines sévères s'il osait donner la description d'une représentation dramatique, ou faire la moindre allusion à l'accueil d'une pièce nouvelle.
r>U THEATRE CHINOIS.
T.e drame chinois ne se borne pas à une seule «action, il embrasse la vie entière du héros depuis le berceau jusqu'à sa mort. C'est une sorte de biographie dialoguée, divisée en plus on moins de parties. Chaque partie esi précédée d'un prologue, et tout acteur a soin, la première fois qu'il se présente au public, de décliner le nom qu'il porte dans la pièce, et le caractère qu'il doit représenter. Un acteur remplit souvent plusieurs rôles dans la même pièce, chose peu faite pour entretenir l'illusion. Dans les mouvemens passionnés, l'acteur cesse de déclamer, et exprime ses senlimens par le chant. Un orchestre fort bruyant accompagne ces morceaux lyriques qui sont écrits en vers , et la tragédie chinoise acquiert par là quelque ressemblance avec notre opéra.
Il n'y a de théâtres réguliers que dans la capitale et dans quelques villes considérables de l'empire. Les comédiens voyagent de contrée en contrée et gagnent leur vie à jouer aux fêles et aux banquets. Quand la société est prèle à se mettre à table, trois ou quatre comédiens richement vêtus entrent dans la salle. Après quatre saints des plus humbles, l'un d'entr'eux remet au plus distingué des convives, un livre où sont écrits en lettres d'or, les litres de
cinquante ou soixante pièces qui forment le répertoire de la troupe. Ce livre fol I" tour de la société, cl le chef du banquet désigne enfin la pièce qui a été choisie.
La représentation a lieu dans la salle même du repas. Les
GAGLIOSTRO.
Le comte Alexandre Cagliostro , célèbre thaumaturge , dont le véritable nom était Joseph Balsamo , naquit à Palerme, Ie8juinl745, de parens qui vivaient dans l'indigence. Voué de très bonne heure à l'état ecclésiastique , il fut placé au séminaire de Saint- Roch , à Païenne, d'où il s'évada. Cagliostro se sentait appelé à une autre carrière et à une autre destinée. Il avait alors treize ans. Ses tuteurs , car il n'avait plus de père , le confièrent aux soins du directeur des frères de la Miséricorde, qui remmenèrent, non sans difficulté , à leur monastère de Cartagirone. Là , il fut mis sous la conduite d'nn apothicaire qui lui enseigna le peu qu'il savait lui-même de physique et de chimie , et c'est probablement à celle circonstance de sa vie que Cagliostro fut redevable de son goûl pour l'élude des sciences naturelles , et de la connaissance d'une partie des moyens occultes avec lesquels il fascina les yeux de ses contemporains. La première jeunesse de cet homme singulier fut extrêmement orageuse. L'ardeur de son caractère le portail aisémen à tous les écarts et à tous les excès ; et, avant de devenir un aventurier illustre, il ne fut qu'un vagabond vulgaire. Chassé pour ses déportemensdu monastère de Cartagirone, .1 retourna à Païenne où, pendant quelque temps, il cultiva le dessin. Sa turbulence et ses démêlés avec les magistrats du pays auxquels il ne craignait pas de s'attaquer , enfin des vols dont il se rendit coupable, le signalèrent comme un mauvais sujet achevé. Mais en même temps d'autres aventures révélaient en lui un extraordinaire talent pour l'intrigue, et l'art précoce de faire servir les passions et les faiblesses des hommes à ses desseins. Escroc, faussaire et débauché, plein d'esprit , telle est la renommée qu'il s'était faite avant d'avoir atteint ses vingt-cinq ans. Contraint de chercher un nouveau théâtre, après avoir trompé, par ses l'ripponneries, son pays natal, ce fui encore par une fripponnerie qu'il se procura le moyen de voyager. Il persuada à un orfèvre nommé Morano, que ses relations avec les puissances invisibles lui avaient fait connaître l'existence d'un trésor considérable, dont il abandonnerait la moitié à Morano si celui-ci voulait faire les avances nécessaires pour l'accomplissement de certaines cérémonies : l'orfèvre livra son argent, et Cagliostro disparut. C'est à celte époque de sa vie (pie commencèrent les mystérieux pèlerinages de Cagliostro. Accompagné d'un savant, autre personnage d'origine inconnue , nommé Alhotas , il visita la Créée, itbyramides d'Egypte et une partie de l'Asie connue, pour attacher à son nom le prestige des choses orientales et lointaines. Mais ce nom était lui même un problême , et Joseph Balsamo eu avait changé dix l'ois dans le cours de ses
voyages, lorsqu'à son retour delà Turquie, où il avait
pendant assez long-temps joue le rôle de médecin , il se présenta au grand maître de l'ordre de Malte sous le nom el le litre de comte de Cagliostro. De Malle, le hardi jmi-
MAGASliN UNIVERSEL.
gféiïf se rendit en Italie, muni des recommandations du grand -maître. Il rencontra à Venise une femme que le calcul, plus encore que l'amour, lui fit attacher à son sort. C'était la belle Lorenza Féliciana, qui avait sur le visage tous les charmes , et dans le sang tout le feu des personnes de son pays. La vivacité d'esprit , l'adresse et la grâce des manières de Lorenza devaient puissamment seconder les plans de son mari , qui n'avait spéculé 'en Orient que sur la grossière ignorance des hommes , mais qui , en venant exercer ses talens en Europe , devait spéculer tout à la fois sur leur crédulité et sur leur corruption. Après avoir parcouru la Russie, la Pologne et l'Allemagne, après avoir visité , dans le Holslein , ce comte de Saint-Germain si fameux par les merveilleuses histoires débitées sur son compte , Cagliostro et sa femme se trouvaient à Strasbourg en 1780. Il avait eu l'art de se faire précéder dans cette ville par le bruit de ses aventures , de sa grande opulence prétendue et de ses miracles. Deux ou trois cures qu'il entreprit, et dont il se tira avec bonheur, portèrent à son comble l'enthousiasme du public en sa faveur. Il est inconcevable jusqu'à quel point ce moderne Apollonius trouva de partisans. On croyait voir se réaliser sous sa main les prodiges que l'amour du merveilleux attribua dans tous les temps à des êtres privilégiés de Dieu ou en communication avec les esprits. Quand Lorenza, secondant les artifices de son époux, parlait de son fils, le capitaine, depuis longtemps au service de Hollande , la fraîcheur et la beauté de la première jeunesse qui démentaient en elle cette vieille maternité , servaient seulement à confirmer l'idée où l'on était que ce couple extraordinaire possédait d'étonnans secrets. Les femmes n'hésitaient déjà plus à croire que l'heureuse compagne de Cagliostro portait la fontaine de Jouvence dans sa poche. Mais la justice veut que l'on remarque qu'à travers cette suite incroyable d'intrigues de déceptions réprouvées par !a morale et de fantasmagorie? ridicules , Cagliostro et sa femme se signalèrent par des actes de bienfaisance et de générosité qui auraient honoré les plus nobles caractères. On le vit parcourir les hôpitaux, panser lui-même les pauvres et leur fournir des médicamens. Cette conduite lui valut de puissans protecteurs, et à la suite d'une affaire fâcheuse qui lui fut suscitée dans la ville de Strasbourg , le ministère français crut devoir employer sa haute entremise en faveur du noble étranger. Cagliostro se rendit ensuite à Paris , où il s'était fait annoncer comme le fondateur de la franc-maçonnerie égyptienne; mais ce qui le mit surtout à la mode, ce fut la fantasmagorie dont les procédés et les effets étaient encore inconnus. Il y eut , et en grand nombre, des gens assez crédules pour se persuader qu'il avait en efftt le pouvoir d'évoquer les esprits et de faire parler les ombres. Cependant telle était la composition de ces nocturnes assemblées consacrées aux évocations, que l'on était fondé à croire que les vivans y jouaient un rôle bien plus actif que les morts. En 1785 , époque de son second voyage à Paris , Cagliostro s'y trouvait en relation avec les personnages les plus considérables de l'époque. Lié avec le cardinal de Rohan , il se vit impliqué dans la fameuse affaire du collier , et bien que gravement compromis par les aveux de la comtesse de La Motte , ayant refusé de prendre la fuite , il fut embastillé en Î785. Il se justifia par un mémoire d'avoir participé au vol du collier , nomma les banquiers de diverses places de l'Europe des mains desques il avait , à différentes époques , retiré des sommes considérables , toutefois sans s'expliquer sur la source première de ces richesses. Cagliostro sortit de la Bastille , mais il fut exilé ; alors il passa en Angleterre , d'où sa mauvaise étoile le ramena à Rome au bout de deux ans. Par les ordres du pape , l'infortuné prestidigitateur fut arrêté et enfermé dans le château Saint-Ange, condamné à mort comme franc-maçon ; puis , en vertu d'une commutation de peine , transféré dans le château Saint-Léon pour y subir une prison perpétuelle, il ne revit plus la lumière du soleil. Coupable d'une plus excusable et plus naturelle magie,
sa femme ne fut pas épargnée , elle finit ses jours dans un couvent. On peut sans doute , en toute sûreté de conscience, affirmer que Cagliostro fut un imposteur; mais recueillit-on dix fois plus de détails sur son compte que nous n'avons pu en présenter , il resterait toujours sur son caractère l'empreinte de la plus extraordinaire singularité , et sur plusieurs circonstances de sa vie le voile du plus profond mystère.
Quelques traits sur le sort des habitons des grandes villes.
On se ferait difficilement de loin une idée exacte de l'ignorance et de l'indifférence où les habitans des grandes villes sont pour leurs monumens. La vie entière se passe pour le plus grand nombre d'entr'enx sans les connaître. Ils se disent qu'ils auront toujours le temps de les voir , el ils se contentent ainsi de l'espérance. Une cause toujours existante explique cette ignorance volontaire , c'est la distance qui les sépare de leurs monumens. Cet espace à franchir est une trop grande épreuve pour pouvoir la tenter.
Cette cause a une influence funeste sur les relations de société et d'amitié. Le degré de leur intimité est presque toujours en raison inverse de la distance. Ces distances dans Paris sont devenues hors de proportion avec les facultés de l'homme et avec la mesure journalière de temps que départ le soleil. Aussi tout est là une affaire, parce que, pour les choses les plus simples , il faut aller sur tous les points de l'horizon pendant des heures entières, et souvent en vain. Aussi résulte-t-il de cette disposition des lieux que pour les relations la dislance c'est l'oubli.
Les Parisiens ne connaissent pas même les tableaux de la nature. Enfermés sans cesse dans ces longs rangs de murs qui forment les rues, ils ignorent le spectacle majestueux du lever et du coucher du soleil , les m,ouvemens variés d'une atmosphère nuageuse. Les aimables sentimens , les hautes pensées qui naissent dans les belles campagnes, sur le penchant des coteaux ombragés de chênes séculaires, ou sur les sommets éthérés des montagnes, manquent à ces hommes prisonniers dans un dédale de rues boueuses et enfumées.
Ces traits peuvent s'appliquer à la peinture de la population de presque toutes les capitales. Partout dans ces immenses agglomérations , les hommes, comme effrayés de la multitude qui les environne ou irrités des obstacles multipliés qu'ils éprouvent dans leur carrière, se replient sur euxmêmes comme le limaçon dans sa coquille et vivent d'égoïsme. Alors, ils placent leur bonheur dans les plaisirs factices , vivent isolés de la nature, ignorent les jouissances paisibles de l'âme et la volupté profonde de la méditation. Un vaste tourbillon les entraîne dès l'enfance et leur vie tout entière se dissipe et s'achève, sans qu'ils aient eu un instant le sentiment intime de leur existence