‹ Magie et physique amusanteChapitre 18 sur 45 · SPECTRES VIVANTS ET IMPALPABLES, APPARITIONS FANTASTIQUES · texte numérisé non relu

SPECTRES VIVANTS ET IMPALPABLES, APPARITIONS FANTASTIQUES

' e truc des spectres est I l'une des plus curieui ses illusions que l'op- \ lique ail jamais pro- *• duiles; lesapparilions qui en icsultenl sont du plus saisissant cdfcl et ne laissent aux speclaleurs aucun doute sur leur apparente réalité.

Ainsi que dans le tableau ci-après, ou voit , par exemple , deux personnages en scène. Ils marchent et se meuvent en tous

sens ; on les entend parler l'un et Tautre et tout porte à croire que leur organisation, sinon leur costume, est en tout point semblable. Pourtant F un est un personnage en chair et en os ; l'autre est un être immatériel, un spectre impalpable.

L'être réel essaye vainement de saisir le fantôme; il le frappe de son arme; il passe même au travers de son corps, ainsi qu'il le ferait en traversant un nuage. Celui-ci n'en est point déformé pour cela; il reste intact; il continue même de gesticuler comme pour braver son adversaire et finit, enfin, par s'évanouir; l'homme seul reste en scène.

Celte étrange expérience est due à certains phénomènes de catoptrique dont nous allons, d'abord, donner l'explication et que nous reprendrons un peu plus loin pour indiquer

les dispositions scéniques propres à leur organisation.

Un fait des plus simples fera tout de suite comprendre le principe sur lequel repose le phénomène dont il s'agit ici.

Disposez verticalement sur une lable une glace sans tain, ou à défaut, un morceau de verre de vitre, exempt de bouillons et de stries, ayant une trentaine de centimètres de hauteur sur autant de large. Mettez, ensuite, une bougie allumée à 10 centimètres environ en avant de cette glace et placez derrière un livre qui fera rofïîce d'un écran. La figure 2 ci-contre donnera l'idée de cette disposition.

En regardant par dessus le livre B, dans la glace, vous y verrez Fimage réfléchie de la bougie C que cet écran cache à votre vue directe, et cette image vous apparaîtra vir-

tiiellemenl en D, derrière la glace, à une distance égale à celle dont l'image réelle C s'en trouve éloignée.

Si, tout en conservant la vue au même endroit, vous avancez la main derrière la

Fig. 2.

glace, vous pourrez passer les doigts à travers la bougie I), et ce corps, qui vous semblait opaque, deviendra tout à coup impalpable et diaphane.

A la place de la bougie C, mettez un corps blanc vivement éclairé, vous aurez la repré-

sentation du truc des spectres que Ton représente au théâtre.

Il est bien entendu qu'il ne faut pas dans la salle d'autre lumière que celle nécessaire à l'expérience.

Pour expliquer l'effet qui se produit ici : Lorsqu'une glace sans tain est placée dans un milieu également éclairé, elle ne donne de réflection ni d'un côté ni de l'autre de ses faces, ainsi, du reste, que cela a lieu pour les glaces ou vitres d'une fenêtre, lorsque l'inlérieur et l'extérieur de l'appartement reçoivent la même quantité de lumière.

Mais, si l'un des côtés de la glace devien* plus éclairé que l'aulre, ce dernier, dans ce cas, perd en transparence et gagne en réflection, en raison directe de l'abaissement de l'éclairage ; Fobscuiité faisant ici l'office d'un , tain plus ou moins dense.

Voyons maintenant l'application de ce principe aux scènes théâtrales dites les spectres vivants et impalpables.

La figure 1 représente une scène entre un spectre et un homme vivant. Elle indique Tensemble du procédé employé pour produire cette illusion. Dne glace sans tain, convenablement inclinée, se place entre les acteurs et les spectateurs. Sous le théâtre et en avant de cette glace est une personne vêtue d'un linceul blanc et éclairée par les rayons éclatants de la lumière électrique ou de la lumière Drummond (gaz oxi-hydrogêne). Dans ces conditions, l'image du spectre -acteur , étant réfléchie par la glace, apparaît aux spectateurs et se place virtuellement derrière celle-ci à une distance égale à celle du côté opposé où se trouve le sujet.

Cette image, d'après les principes de rô-

tlection que nous avons expliqués plus haul, n'est perçue que parles speclateurs ; Tacteur qui esl en scène n'en voit rien, el, pour que celui-ci puisse mettre de la précision dans ses attaques sur le spectre, on est obligé de faire à Pavancc sur le plancher un repère au-dessus duquel doit se produire, pour le spectateur, l'apparition spectrale.

Pour la réussite de Pexpérîence, il est nécessaire de se conformer aux indicalions suivantes :

V La glace doit être d'une grande pureté d'exécution pour ne pas être vue des spectateurs. Le moindre bouillon dans la matière pourrait révéler sa présence.

â*" La scène doit être très-faiblement éclairée et, par contre, Tacteur-spectre doit être inondé de lumière. C'est à cette condition que la glace sans tain dont le pouvoir réflé-

chissant est très-faible pourra produire une image éclatante.

5*^ L'acteur chargé du rôle de spectre doit se tenir dans une inclinaison telle que son image réfléchie soit dans une position verticale. Nous indiquerons plus loin les règles à suivre pour déterminer cette inclinaison.

^ Les images des objets dans les miroirs plans étant symétriques de ces objets^ il est nécessaire que l'acteur-spectre agisse en sens inverse des mouvements naturels; ainsi, s'il brandit une arme, ce doit être de la main gauche pour que la réflection le représente agissant de la main droite.

5° L'endroit sous la scène où se meut le spectre-acteur doit être tendu d'étoffe d'un noir mat ; sans quoi le fond en se réfléchissant sur la scène viendrait former à côté du spectre un plan qui pourrait éveiller des

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soupçons. Le velours noir est Pétotïe qui absorbe le plus les rayons lumineux. A défaut de velours, un drap léger ou simplement une étoffe de laine peuvent également convenir.

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