‹ Magie et physique amusanteChapitre 29 sur 45 · LE BUSTE DE SOCRATE · texte numérisé non relu

LE BUSTE DE SOCRATE

la glace. Dans un théâtre où généralement les places sont três-élevées, Fadeur serait

oblîgé de se tenir en dehors de la scène cl plus bas que la plancher*

L ette expéi'ienceimaginée parM.WheasIone, le célèbre physicien aidais, a été présentée à Londreg < hPolytechmcInstUwtiûn dans l'année 1855.

Voici quellfs sont les dispusitions scéniques de ce prestigieux phénomène :

Sur le milieu de la scène sont rangées en un demi-cercle quatre harpes d'Érard, qui doivent reproduire les sons d'instruments

154 MAGlË.i;r PHYSIQUE AMUSANTE.

dont on doit jouer dans les caves profondes de rinslitut. Ces instruments sont un piano, un violoncelle, un violon et uneclarinettCo

A cet effet, on a fixé sur les tables d'harmonie des harpes quatre petites tringles verticales en bois de sapin de deux centimè- " très environ de diamètre qui, descendant perpendiculairement, traversent la scène et les plafonds inférieurs el vont jusqu'à la cave se fixer : la première à la table d'harraonÎB du piano, la seconde à l'ame du violoncelle, la troisième à l'âme du violon, la quatrième à Tanche de la clarinette.

Afin de pouvoir, au besoin, interrompre les vibrations entre les instruments et les harpes, on a coupé les tringles à quelques centimètres au-dessus de la scène, ce qui ne les empêche pas de porter Tune sur l'autre et de transmettre les vibrations. En

CUniEUSE EXPËRIEnCE.D'ACOUSTIQnE. IGS

faisant tourner les harpfô sur elles-mcmcs on opère la séparation des tringles.

Nota. — Les tringles doivent être isolées des planches, à travers lesquelles elles pas-

sent pour empêcher des vibrations qui pourraient être nuisibles à l'effet. Cet isolement se produit en faisant les trous plus grands que les ligesou en soutenant celles-ci par des corps les moins susceptibles de vibrations.

Voici comment M. Pepper procède à l'expérience:

En frappant sur la tringle n* 1, il avertit le pianiste de toucher son instrument. Les sons amenés par la tringle et répétés parla table d'harmonie de la harpe correspondante sont parfaitement entendus par tout l'auditoire; ils n'ont presque rien perdu de leur force, et pas une note de l'air joué n'est altérée dans son timbre, son ton, sa succession, son mouvement. Mais, si, pendant que Tairjoue, on fait cesser, en tournant la harpe, la communication ou le contact des tringles, on n'entend plus rien, absolument rien.

M. Pepper procède de la même manière pour les trois autres instruments et les trois harpes ; il constate que le son qui n'est en aucune manière entendu, quand les tringles de la table d'harmonie ne sont pas en contact

CURIEUSE EXPËRIEMGE D'ACOUSTIQUE. i57

avec la tringle de l'instrumeat, est perçu, dès que le contact est rétabli, aussi bien que si les instruments étaient sur la scène.

M. Pepper, en frappant sur les quatre tringles simultanément, avertit les musiciens de jouer un quatuor : le quatuor est transmis, avec une grande exactitude, aux tables d'harmonie, et ce concert sans musiciens apparents produit une émotion singulière parmi les assistants. Enfin, au beau milieu du quatuor, M. Pepper faisant tourner successivement les quatre harpes, inter* rompt leurs communications avec les instruments, et le concert finit, non pas faute d'exécutants, puisque ceux-ci n'en continuent pas moins à faire résonner leurs instruments, mais parce que les vibrations sonores, n'étant plus renforcées par les tables d'harmonie, restent à l'état rudimenlaire de

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mouvemeat mécanique et s'éleignenl dans Tair.

Au point de vue d'une exposition scientifique, celle expérience est fort bien présentée et produit un très-grand effet ; mais, sous le rapport du prestige scénique, on eût pu en tirer des illusions merveilleuses et en faire d'excellents trucs; en admettant toutefois que le principe n'en fût point divulgué. Il s'agirait, pour cela, d'apporter quelques légers changements à la mise en scène de cette exhibition et de la présenter sous un tout autre aspect.

En voici deux exemples que je vais donner :

De quelque manière que soit présentée cette expérience, la modification la plus importante à apporter, c'est que le phénomène se passe aussi près que possible des specla-

leurs, ^Rn qu'ils soient bien convaincus de la réalité des faits qu'on leur annonce ; car, à une certaine dislance, il est difficile de s'en rendre compte, et le public, généralement soupçonneux, pourrait très-bien supposer qu'on le trompe et que les sons, au lieu de sortir des harpes, viennent simplement de la coulisse ou même du dessous de la scène.

Alors, adieu le prestige et ses illusions 1

11 faut donc établir une estrade parmi les spectateurs, et au milieu d'eux, si cela est possible. Le dessous de cette estrade serait garni d'un certain nombre de supports en bois de sapin parmi lesquels se confondraient les liges vibrantes. Ce dessous, du reste, serait caché par une draperie que Ton pourrait relever au besoin, pour montrer qu'elle ne cache ni musiciens ni instruments.

Celte disposition prise, el en se confor-

160 HAGIE ET PHYSIQUE AHUSÀMTK.

manl aux principes énoncés dans l'expérience précédente, on mettrait sur Peslrade deux harpes communiquant par des tiges avec deux autres harpes placées dans les caves entre les mains de deux harpistes.

On pourrait alors annoncer Texpérienoe des

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