PHYSIOLOGIE DE L'HYPN0TU*ME
d'excitations périphériques ne sont autre chose que l'expression de l'irritabilité exagérée de la moelle.
C'est non seulement dans les centres inférieurs cérébrospinaux que se montre l'exagération des réflexes, mais c'est aussi, comme nous Tavons dit, dans les centres supérieurs eux-mêmes, ce qui constitue Tautomatisme psychique ; automatisme d'autant plus complet que rinhibition frappe un plus grand nombre de zones corticales.
Cette inhibition, qui arrête les fonctions supérieures psychiques, la volonté, la conscience, en favorisant l'exercice automatique des autres facultés, explique l'efficacité et la puissance de la suggestion, dont le mécanisme est désormais facile à comprendre. Il est dû, comme le dit M. Bernheim^ à une exaltation de l'excitabilité réflexe idéomotrice, idéosensitive, idéosensoriellé qui fait instantanément la transformation inconsciente, à l'insu de la volonté, de l'idée en mouvement, sensation ou image, par suite de linertie des centres modérateurs et de contrôle intellectuel.
On constate que plus les expériences chez un hypnotique sont renouvelées, plus elles réussissent, plus elles deviennent aisées et précises. Le pouvoir inhibitif, pour se manifester, a besoin de sollicitations de moins en moins énergiques, en même temps que par des voies de plus en plus frayées, les réflexes trouvent une facilité sans cesse plus grande à se produire.
L'impression suit ce chemin de préférence même à Tétat de veille; et c'est pour cela que les sujets dressés et éduqués par des hypnotisations antérieures peuvent, sans être de nouveau hypnotisés, manifester les mômes phénomènes, réaliser les mêmes actes, sous ririfluence toute-puissante sur eux de la suggestion (1), ^
(y) Bernheim, loc, cit.
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Les altérations que subissent les facultés intellectuelles pendant le sommeil hypnotique ont de nombreuses analogies avec celles que Ton rencontre dans la pathologie mentale.
Prenons, par exemple, la volonté. L'individu faiblement hypnotisé qui est encore conscient du monde extérieur, et celui qui est dans Tétat dit de fascination, wudrail vouloir^ voudrait exercer son pouvoir d'arrêt sur les actes que lui suggère une volonté étrangère, mais ne peut pas. C'est en vain qu'il essaie d'ouvrir sa bouche si lopérateur la lui a fermée, ou d'arrêter ses bras s'il les a mis en mouvement. Il assiste impuissant à Tautomatisme effaré de son organisme, comme le volant d'une machine à vapeur accidentellement débrayé assisterait à l'affolement du mécanisme qu'il est chargé de régulariser.
Chez un certain nombre de sujets atteints d'un commencement de désorganisation intellectuelle, on observe le même phénomène. C'est ce qu'on a désigné sous le nom d'aboulie. La volonté mentale, le désir de faire existent, mais c'est une puissance statique, qui ne peut plus passer à l'état dynamique. La voie est rompue entre elle et le monde extérieur. Un malade du Dr Billod ne présentait pour ainsi dire pas d'autre trouble intellectuel que celui de la volonté.
Il devait, avant de s'embarquer, faire une procuration pour autoriser sa femme à vendre une maison. Il la rédige lui-même, la transcrit sur papier timbré et s'apprête à la signer, lorsque surgit un obstacle sur lequel nous étions loin de compter. Après avoir écrit son nom, il lui est de toute impossibilité de parapher. C'est
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en vain que le malade lutte contre cette difBculté. Cent fois au :^"« moins, il fait exécuter à sa main au-dessus de la feuille de papier * les mouvements nécessaires à cette exécution, ce qui prouve bien que l'obstacle n'est pas dans la main ; cent fois la volonté rétive ne peut ordonner à ses doigts d'appliquer la plume siir le papier. ^
Je constatai quelques jours après une impossibilité du même genre. Il s'agissait de sortir après le dîner. M. P. ..en avait le plus vir désir. Pendant cinq jours de suite, il prenait son chapeau, se tenait debout et se disposait à sortir ; mais vain espoir, sa volonté ne pouvait ordonner à ses jambes de se mettre en marche pour le transporter dans la rue (1).
La différence entre Thypnotisé et ce malade, c'est que l'hypnotisé est incapable d'arrêter un mouvemeut en voie d'exécution, et que le malade est incapable de mettre à exécution un mouvement voulu. Mais il existe aussi des 1 psychopathes chez qui la volonté est impuissante à empêcher l'accomplissement d'actes automatiques dont l'im- -? pulsion ne vient pas à la vérité du dehors, mais naît au dédans d'eux-mêmes avec une puissance irrésistible. i
La volonté, dit M. Ribot, c'est-à-dire l'activité raisonnable, dis- fi paraît, et l'individu retombe au règne des instincts. 11 n'y a pas •:Â d'exemples qui puissent mieux nous montrer que la volonté> au sens exact, est le commencement, le dernier terme d'une évolution, le résultat d'un grand nombre de tendances disciplinées suivant un ordre hiérarchique (2).
Dans certains cas, l'impulsion est subite, inconsciente, et l'acte qui lui succède a tous les caractères d'un phénomène réflexe. Tel est le cas de certains individus qui font des tentatives de suicide instantanées dont ils n'ont pas conscience, et dont ils ne gardent pas le souvenir. L'impulsion morbide est en général réveillée par la vue
(1) Billod, Annales méd.-psych., t. X, p. 172.
(2) Ribot, Maladies de la volonté, Paris, 1883.