UNE LAME DU TAROT : LA FORCE
phiques orientales, ce sont eux qui ont porté jusqu’à nous la Rota d’As-Tharotte (ou Tarot) devenue dans la suite un vulgaire jeu de cartes, mais dont le but primitif était de permettre à l’initié de pénétrer dans le mystère des lois universelles et de prédire 1 avenir.
Parmi les vingt-et-une arcanes majeures du Tarot, il en est une représentant une jeune fille debout, très calme, coiffée du signe cyclique de la vie éternelle et domptant un lion en fureur, dont elle a ouvert la gueule de ses mains frêles.
A-t-on voulu dépeindre ainsi la douceur plus forte que la colère ? l’amour dominant le courage ? Non. Cette jeune fille, ou plutôt cette déesse, signifie la volonté active, vivante, libre, dont la vertu dompte sans effort la rébellion des forces passionnelles.
Cette lame du tarot symbolise la Volonté.
Le lion, qui synthétise toutes les puissances du royaume astral, est vaincu par le double prestige de la fermeté et de la douceur.
N’oublions pas que trois puissances agissent simultanément ou successivement sur nous et concourent à préparer notre avenir : la Providence, la Volonté et le Destin.
Le destin est le résultat de notre hérédité, de notre tempérament, de notre éducation, de nos bonnes et
mauvaises qualités naturelles, des circonstances qui pèsent sur nous, favorables ou défavorables, et dont, d’ailleurs, nous portons l’empreinte aux mains, au visage et dans tous nos gestes,, ces empreintes facilement compréhensibles pour l’initié, constituent ce que les occultistes appellent : la signature astrale. Nous y reviendrons à la fin de ce chapitre.
Quant à la volonté, elle est. comme nous l’avons dit, l’expression de la liberté humaine ; elle a une initiative personnelle d’une puissance inouïe malgré les obstacles fatidiques qu’elle est obligée de combattre.
Les partisans de la Providence célèbrent, eux, l’infaillible empire exercé sur toutes choses par cette prévoyance maternelle, qui est l’Inlelligence même de la nature et qui agit sur l’homme par inspiration, illumination ou persuasion.
En définitive, les trois principes que nous venons d’énumérer nous gouvernent véritablement... Et Fabre d’Olivet avait donc bien raison lorsqu’il déclarait : . . .« la plupart des écrivains qui m’ont précédé dans la carrière n’ont vu qu’un principe là où il y en avait trois. Les uns, comme Bossuet, ont tout attribué à la Providence ; les autres, comme Hobbes, ont tout fait découler du Destin ; et les troisièmes, comme Rousseau, n’ont voulu reconnaître partout que la volonté de l’homme. . . »
Bref, sans la volonté, — cette manifestation de la liberté humaine — et sans le secours de la Providence — cette manifestation de la sagesse divine — nous serions le jouet de forces aveugles.
En vérité, les occultistes anciens avaient raison quand ils disaient : astra. inclinant non volent. Les astres (autrement dit le destin), nous inclinent vers tel ou toi acte, nous incitent même à l’accomplir ; mais iis ne nous obligent pas fatalement.
Quoi qu’il en soit, le dernier mot appartient toujours à la Providence. S'il lui répugne de contraindre la volonté humaine comme à violenter le destin, rien ne prévaut contre l’événement providentiel. La Bonté divine parvient toujours à son but par quelque chemin quei ce soit.
Les mystiques de toutes les religions implorent Dieu directement ou par l’intermédiaire des Saints.
Les spirites se confient aux esprits de leurs amis ou
parents décédés et demandent qu’ils les protegent. Ils ont raison d’agir ainsi, mais ils ont souvent tort dm terroger les tables.
Il v a sûrement, au cours de l’existence, des secour inattendus, « providentiels », qui modifient favorablement le cours du destin, soit en éloignant un malheur qui paraissait inévitable, soit en faisant naître une joie ine^Dérée.
La Providence, seule, est indépendante. La Aolonté se trouve toujours plus ou moins liée à l’engrenage du Destin, ce qui revient à dire qu’entre ces deux puissances, il existe des rapports aussi étroits que ceux qui interviennent entre l’âme et le corps. Mais de même que l’âme doit dominer le corps, la volonté peut et doit être plus forte que le Destin.
Si la Providence, comme nous l’avons dit, est seule indépendante, ajoutons que des trois puissances dont dépend l’avenir, il n’y a que la Providence d’infaillible.