ACTE PREMIER
C'est le simoun, le vent qui porte les tonnerres Et courbe comme un jonc les cèdres centenaires. S'il passe là, vos dieux arrachés et broyés ToQiljeront à jamais...
(Levant la main comme pour appeler la tempête.)
11 a passé . . . Voyez !
(La foudre tombe .sur l.i Cauba et renverse plusieurs statues. Le peiijile jette des cris d'épouvante.)
HASSAN, après un moment de stupeur.
Peuple, reviens à toi ! Plus de crainte vulgaire ! Mahomet n'est pas fou, comme on l'a cru naguère; C'est un mapicien, un sorcier de l'enfer. Frères, levez sur lui le bâton et le fer ; Qu'il demande pardon à nos dieux, ou qu'il tombe Mort à leurs pieds !
MAHOMET, avec calme, puis avec une animation croissante.
Hassan, fais donc creuser ma tombe ; Mais je meurs en criant comme j'ai commencé : Un seul peuple, un seul Dieu ! C'est la loi !
L'insensé !
HASSAN
Le criminel plutôt, le révolté, l'impie !
Pour lui, plus de pitié ! Que son crime s'expie!
Vengeons nos dieux, vengeons nos ancêtres ! A mort !
LA FOULE
Oui, oui ! la mort, la mort !
(Les Arabes s'av.nncent sur Muhomet, levant leurs sabres, leurs lances et leur biîtiins. Khadidjn, qui depuis quelque ten)|is écoutait du haut de l'escalier descend rapidement, et se jette entre Mahomet et la foule.)