SCENE VII
MAHOMET, KlIADIDJA, ABOU-BEGKER, GEORGIÛS.
KlIADIDJA.
Ecoute ma prière, Âbou-Becker. 11 faut le sauver; je le veux Et tu le dois, car c'est le dernier de mes vœux.
ABOU-BECKER et MAHOMET.
Le dernier ?
KlIADIDJA.
Oui, je sens que mon heure est venue..
Cette lueur, là-bas, douce, pure, iuconnue, C'est la mort.
Khadidja !
KIIAUIDJA.
Je souffrais tant déjà !
Tout mon cœur est brisé mainlenant.
Khadidja !
KHADHXJA.
Maliomet, Mahomet, ne pleure pas ! Mon âme
Te bénit; tu fus ]:)on pour cette simple femme;
Tu n'as aimé que moi : sois béni! — Seulement,
l'ne angoisse m'étreint en ce dernier moment :
L'un par l'autre, toujours, du mal nous triomphâmes...
Maintenant, mon ami, prends garde -aux autres femmes I
La meilleure qu'à toi le liasard puisse offrir
Te ferait regretter celle qui va mourir.
— ,)e t'aimai i)ien! — 0 Dieu de l'éternel mystère,
i*ardonne si je fus lieureuse sur la terre !
(Elle tombe, soutenue par Mahomet.)
lu'oute, Abou-Iiecker : sois juste, étant le fort; J'ai le droit do parler en face de la mort ; Donne-moi donc ta main et mets-la dans la sienne.
(Elle unit leurs mnins.)
Je veux que vous soyez amis, qu'il t'en souvienne! Aime et sers Maliomet, à toute heure, en tout lieu.