Cf. I, ch. i:;lll, ch. 8 et
former d'une matière quelconque se forme de la manière la plus parfaite possible que comporte cette matière spécifique, et l'imperfection dont sont entachés les individus de l'espèce est en raison de l'imperfection de la matière particulière de l'individu. Et pourtant les causes de mort accidentelle sont relativement peu fréquentes. Des milliers d'hommes naissent parfaitement valides, un homme né infirme est une exception très rare, et il ne forme pas la centième ni même la millième partie de ceux qui naissent bien constitués.
2" Les maux de la deuxième classe sont ceux que les hommes s'inflig'ent mutuellement. Ces maux sont plus nombreux que ceux de la première catégorie. Cependant dans aucune ville ces maux ne sont généraux parmi les individus. Ce n'est que dans les grandes guerres que les maux de cette espèce enveloppent une foule de gens ; et ce lléau même n'est pas fréquent par rapport à la terre dans sa totalité.
3° Les maux de la troisième classe sont ceux qui nous arrivent par notre propre faute. Ce sont de beaucoup les plus nombreux. Ils sont amenés par les excès de toute nature, les ambitions et les désirs insatiables. Quand, à la suite de ses intempérances et de ses désordres, l'homme est frappé de malheurs, il se plaint du décret divin et de la destinée.
Voilà où en est arrivée Terreur des hommes! Ils accusent d'impuissance le Créateur pour avoir créé l'univers avec cette nature qui, ils se l'imaginent, produit nécessairement ces maux, parce qu'elle n'aide pas les pervers à contenter leurs passions et à atteindre le terme de désirs illimités. Cependant ceux qui considèrent la nature de l'être et les préceptes de la Doctrine, ceux qui en connaissent le but, se rendent compte de la bonté et de la justice qui président à l'économie du monde.
Mais encore, n'assistons-nous pas souvent à une sorte de renversement des conditions humaines? Tandis que des gens vertueux sont accablés de revers et de souffran-
lOi RAPPORTS DE DIEU AVEC LE MONDE
ces. il y a des méchants qui mènent une vie paisible et heureuse (') ! D'aucuns croient que Dieu souvent envoie des calamités à un homme, sans que celui-ci ait commis aucun péché : et si Dieu agit ainsi. c"est en vue de lui accorder une récompense d'autant plus grande. On a appelé cett& sorte de souffrances les « souflrances d'amour » (-). C'est là une conception qui n"est mentionnée expressément dans aucun texte de l'Ecriture. Suivant certains docteurs. « il n'y a pas de mort sans péché, pas de châtiment sans crime » {'). C'est cette opinion que doit admettre tout homme religieux et intelligent. Il faut se garder d'attribuer à Dieu l'injustice, il récompense l'homme pieux pour tous ses actes de piété et de droitui-e, comme, d'autre part, il pimit toute mauvaise action (*).
Quant aux épreuves que le Pentateuque mentionne dans six passages ('), elles ont pour objet, en apparence, d'expérimenter le degré de piété de tel homme ou de telle collectivité. Pourtant, il est diflicile d'interpréter les passages clans ce sens ; ce serait supposer que Dieu a besoin d'une enquête pour connaître la vérité et que sa science peut subir un changement. En réalité, chaque fois qu'il est question d'une épreuve dans le Pentateuque, celle-ci n'a d'autre but que d'apprendre aux hommes ce qu'ils doivent faire ou croire.
Enfin, il convient de rappeler ce que nous disions des rapports de la Providence avec l'homme ("). La Providence, exposions-nous, veille sur tout èti^e doué d'intelligence à proportion de son intelligence Quand donc des prophètes ou des hommes de bien ont été frappés, ce n'est que lorsqu'ils oubliaient Dieu, et la grandeur du malheur