‹ Maïmonide (volume 2)Chapitre 9 sur 94 · I. I,ch. 33, p. ii5; ch. 34, p. i3o: ch. :i, p · texte numérisé non relu

I. I,ch. 33, p. ii5; ch. 34, p. i3o: ch. :i, p

a. Haghigah, 11 b. Déjà le Siracide avait dit : « N'étudie pas ce qui est trop merveilleux pour toi et ne scrute pas ce qui est trop enveloppé; applique tes facultés à ce qui t'est ouvert, ne foccupe pas des mystères » (Ecclésiastique, III, 21); cf. Haghigah i3 a; Beréschith rabba, S. Combien dangereuse est l'étude de la métaphj'sique, c'est ce que marque le passage suivant : « Quatre entrèrent dans le pardès (= le paradis = le domaine métaphysique) : Ben Azai, Ben Zoraa, A'her et R. Aqiba. Ben Azaî regarda et mourut. Ben Zoma regarda et perdit la raison, Aher trancha dans les plantations (= tomba dans la négation), seul R. Aqiba entra et sortit sain et sauf » (Haghigah, 14 b). Voir encore Schabbath. i3>: Mena- 'hoth, 39' et 45* ; Pesa'him, 5o" ; 119*; Qiddouschin, -v, Guide. I, ch. 32, p. 112 et suiv. ; ch. 33, p. iij ; II, ch. 29, p. 227.

rement aux recherches spéculatives et donner le moins de temps possible aux besoins matériels (').

Donc on n'initiera à la métaphysique que celui qui réunira les conditions suivantes : i° être particulièrement doué en sorte qu'il saisisse un sujet à la plus légère indication ; 1" posséder un bagage suffisant de connaissances scientifiques et philosophiques (') ; 3'' avoir discipliné les mouvements de l'instinct et s'être élevé à un haut degré de moralité (').

Encore n*enseigne-t-on que les premiers éléments et sous le voile de l'allégorie ou sous forme d'allusion (*). Encore faut-il se résigner à ignorer toujours le mot de certaines énigmes, car il y a des êtres et des objets qui

1. I, ch. 34, p. 118 et sq. ; cf. I, Introduction, p. i3: III. ch. 5, p. 33. D"apres Avicenne (Métaphysique, liv. IV, ch. i), la philosophie spéculative a trois parties : la science inférieure ou physique, la science moyenne ou mathématique, la science supérieure ou métaphysique.

2. I, ch. 33, p. 117 et 118: ch. 55, p. 226; II, ch. 29, p. 22;; III, ch. 28, p. 214 Cf. I, 34, p. 120 et sq. : « Tu sais que les sujets en question se tiennent. En effet, il n'y a pas dans l'être autre chose que Dieu et ses œuvres ; ces dernières sont tout ce que l'être renferme en dehors de Dieu II n'y a aucun moyen de percevoir Dieu autrement que par ses oeuvres ; ce sont elles qui indiquent son existence et ce qu'il faut croire à son égard, je veux dire ce qu'il faut affirmer ou nier de lui. Il faut donc nécessairement examiner tous les êtres dans leur réalité, afin que de chaque branche de la science nous puissions tirer des principes vrais et certains pour nous servir dans nos recherches métaphysiques. Combien de principes ne puise-t-on pas, en etTet, dans la nature des nombres et dans les propriétés des tigures géométriques, principes par lesquels nous sommes amenés à écarter certains caractères de la divinité et dont la négation nous conduit a ditlérents sujets métaphysiques. Quant à l'astronomie et à la physique, il n'y aura, je pense, aucun doute pour toi que ces sciences ne soient nécessaires pour comprendre la relation de l'univers au gouvernement de Dieu, telle quelle est en réalité et non pas suivant les imaginations, Il y a aussi beaucoup de matières spéculatives, qui, sans fournir précisément des données à la métaphysique, exercent l'esprit, lui font acquérir l'art de la démonstration et lui apprennent à discerner l'essentiel de l'accidentel, ce qui empêche bien des confusions et des erreurs ».

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