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CONCLUSION

INFLUENCE DK MAÏMONIDK.

Késumons rapidement les idées caractéristiques de la doctrine de Maïmonidc.

L'existence de Dieu s'établit par la preuve du premier moteur etcellede l'être nécessaire. Nous ne saisissons Dieu qu'à travers ses œuvres, et non par une intuition directe. Dieu est l'unité immatérielle pure et l'absolue perfection. En lui, la volonté est soumise à l'entendement, ou plutôt, volonté et entendement ne font qu'un. Dieu est l'auteur de tout ce qui est, aussi bien des Intelligences que de la matière1.

Les anges sont des intelligences pures. Alors que les êtres du monde supérieur ne périssent point, dans le monde sublunaire seules les espèces demeurent, les individus disparaissent. L'homme est la créature la plus noble de ce bas monde, mais il n'est rien par rapport à l'immuable Tout. Le monde a été créé ex nihilo, il durera perpétuellement.

Par l'épanchement qui découle de Dieu tout existe et se maintient. Dans ce bas monde, la Providence ne s'attache, en fait d'individus, qu'à ceux de la seule espèce humaine, et elle est proportionnelle à la perfection individuelle.

Toutes les actions de Dieu sont purement bonnes, attendu qu'il ne produit que l'être et qu'être et bien, c'est

1. La philosophie grecque jusqu'à Plotin représente Dieu à la manière d'un artiste qui façonne une matière préexistante et s'efforce d'y réaliser la parfaite beauté.

tout un. Le mal est privation, il est inhérent à la nature de la matière. Le monde est l'œuvre d'un plan, Dieu est la fin des fins.

L'homme est libre, il dépend de lui de fortifier le lien qui le rattache à Dieu en sollicitant la fécondation de l'intellect agent. Notre destinée est de nous élever à la perfection. Pour y arriver, il faut remplir toutes les conditions physiques, morales et intellectuelles : être maitre de ses instincts, dépasser le juste-milieu dans le sens de la générosité, posséder la science qui a pour objet la réalité essentielle.

L'intellect devenu en acte, c'est l'intellect acquis qui s'identifie à l'intellect agent universel. Seule l'àme des hommes d'élite obtient l'immortalité, les autres hommes sont voués à la destruction. Les âmes, après la mort, forment un tout unique.

Maïmonide voit tout en métaphysicien. Sa doctrine peut se définir: un système théocentrique avec, pour fin dernière assignée à l'homme, Yamor Dei intellectualis.

La philosophie, en même temps que clé de l'interprétation vraie, est le but de l'activité, attendu qu'elle mène à la conjonction intelligible, c'est-à-dire à la béatitude'.

Toute la vie aussi bien théorique que pratique s'ordonne à l'idée divine. La morale, la psychologie, la médecine sont plus et mieux que des sciences naturelles. Aucune discipline, si elle veut être profonde et intégrale, ne peut se constituer sans vue métaphysique : l'homme doit être considéré en fonction de son origine etde sa destinée, dans son rapport avec le fond de Fêtre. Aussi bien, tout en étant une chose de la nature, du temps et de l'espace, J'homme est infiniment plus, il participe à l'intelligible et à l'éternel. En rattachant ainsi toutes les pensées et tous les actes de l'homme à la connaissance suprême, Maïmonide met dans toute la vie une dignité éminente.

1. Le stoïcisme fournit une théologie complètement constituée qui ptfM aux plotinienset de ceux-ci à la philosophie médiévale.

songe et reçoit en même temps l'explication de la parabole.

4e degré. On entend dans un songe prophétique des paroles claires et distinctes, sans voir celui qui les prononce.

5e degré. Un personnage parle dans un songe.

6e degré. Un ange fait une communication dans un songe.

7e degré. Il semble au prophète plongé daus le songe que Dieu lui parle.

8e degré. La révélation a lieu par une vision, le prophète voit des paraboles.

9e degré. Il entend des paroles dans une vision.

10e degré. Dans une vision, il voit un personnage qui lui parle.

11e degré. Il voit un ange qui lui parle.

A proprement parler, la prophétie, dans la pleine acception du terme, ne se réalise qu'au huitième degré, lorsque au songe succède la vision, c'est-à-dire l'union de l'intelligence individuelle avec l'intellect agent universel, qui donne une connaissance scientifique semblable à celle qu'on obtient par voie spéculative1.

Le onzième degré est le plus élevé qu'aient atteint les prophètes. A l'exception toutefois de Moïse qui, à lui seul, forme une classe à part. Son aperception a été unique. Aucun autre prophète ne peut lui être comparé-.

Quatre différences séparent Moïse des autres prophètes : 1° Dieu ne parlait à ceux-ci que par un intermédiaire, tandis qu'à Moïse il parlait directement. 2° Les autres prophètes ne recevaient les révélations que dans des songes ou des visions, l'exercice des sens étant suspendu; Moïse, lui, recevait la communication divine à l'état de veille et sans que l'imagination y eût aucune part. 3° Les autres, pendant la vision, éprouvaient un tremblement convulsif et une agitation violente, au lieu que Moïse restait dans

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