‹ MaïmonideChapitre 57 sur 195 · Voir plus haut le chap. IV · texte numérisé non relu

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accident. La matière première est privée de toutes les formes et les reçoit toutes successivement.

Toute corruption ou imperfection n'a pour cause que la matière. C'est à elle qu'il faut imputer la mort, la maladie, les fautes, les péchés, tandis que toutes les vertus viennent de la forme.

Toute chose nouvelle qui nait après n'avoir pas existé — bien que sa matière existât et que celle-ci ne fasse que dépouiller une forme pour en revêtir une autre — possède , après être née et arrivée à son état définitif, une nature autre que celle qu'elle avait au moment où elle naissait et commençait à passer de la puissance à l'acte, et différente aussi de celle qu'elle avait avant de se mouvoir pour passer à l'acte1.

D'où vient que, toutes les choses sublunaires ayant une seule et même matière, les espèces et les individus soient divers? Gela s'explique par la différence de mélange. Par ces mélanges divers, la matière acquiert des dispositions variées pour recevoir des formes variées, et ces formes, à leur tour, la disposent pour la réception d'autres formes, et ainsi de suite. La matière d'une seule forme spécifique possède une grande étendue de quantité et de qualité, et c'est en raison de cette étendue qu'il y a une variété d'individus de la même espèce2.

Il y a une hiérarchie de perfection entre les êtres. L'homme est la créature la plus parfaite et la plus noble d'entre les créatures soumises à la contingence, c'est-àdire d'entre les êtres de ce bas monde. Mais si l'on compare l'homme au monde supérieur, aux sphères et, à plus forte raison, aux intelligences pures, il est bien peu de chose. En vérité, il n'est rien par rapport à l'immuable totalité de l'univers. Il ne doit donc pas s'imaginer que l'univers n'existe que pour sa personne3.

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