ACTE DEUXIÈME
Ouil
MADAME BRIDIER.
Comme M. Bridier ! Avez- vous remarqué qu'il fût moins prévenant, moins soucieux de satisfaire vos moindres caprices ?
COLETTE
Je n'ai pas de caprices I
MADAME BRIDIER.
Pour une jeune mariée, c'est un tort I M. Lavarède sort toutes les après-midi, à une heure fixe?
COLETTE
Ouil
MADAME BRIDIER.
Et lorsqu'il rentre, il est absorbé, sombre et comme dégoûté ?
COLETTE, pou à peu inquiète.
Oui!
MADAME BRIDIER.
Comme M. Bridier I Mais ça se dessine ! Vous lisez ses lettres. N'avez-vous rien remarqué de louche?
COLETTE
Rien. Tenez voilà le courrier d'uujourd'liui... des lettres quelconques... (Lisant.) Un bail d'usine. Le notaire n'est pas libre tantôt... Rendez-vous remis... etc., etc.. Des imprimés, des prospectus... Et puis... Simon reçoit le « Journal des Entrepreneurs ».
Elle lo montre.
MADAME UUIDIEU.
Oh! Oli ! Ce serait trop drôle! Vous recevez aussi « Le l'AlUiid ».
COLETTE
MADAME BRIDIER, au comble de la joie.
Comme M. Bridier. I
COLETTE, vivement, nerveuse.
Gomme M. Bridier ! Gomme M. Bridier I Je vous avertis que ce petit jeu de comparaison ne me plaît q 10 médiocrement.
MADA.ME BRIDIER.
Pour M. Bridier, le « Journal des Entrepreneurs » signifiait : Venez! et le « Billard » : Ne venez pas I
COLETTE, frappée.
Ah ! par exemple I (se reprenant.) Je suis stupide de vous écouter.
MADAME BRIDIER, pincée.
Voyez-vous ça?
COLETTE
Que l'on vous ait trahie, vous, c'est tout naturel!
MADAME BRIDIER.
Ah! Permettez!
Tandis que moi !
MADAME BRIDIER.
Rôi'le générale. — Tous les maris trompent leurs femmes, c'est comme ça, et c'a toujours été comme ça... depuis que le monde est immonde
COLETTE, émue.
Madame Bridier... Ce n'est pas bien, ce que voua
faites.
MADAME BRIDIER.
Co:iii:u!nl! on se moijuera de vous, à votre insu, ù