‹ Main gauche; comédie en trois actesChapitre 44 sur 73 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

COLETTE

Il n'a rien avoué.

MADAME BRIDIBR.

Il n'a pu cacher son trouble !

COLETTE

Ah I vous, vous ! Tout vous paraît louche 1 Votw vovez le mal partout.

MADAME BRIDIER.

Ah bien I S'il vous reste le moindre doute après toutes ces preuves. . .

COLETTE, furieuse.

Quelles preuves? Mon mari est nerveux ? C'est apparemment qu'il a des soucis I II sort l'après-midi sans moi? Ses intérêts l'appellent au dehorsl II reçoit des journaux? Rien de plus simple! Et pour y voir di) l'extraordinaire, il faudrait avoir l'esprit mal fait!

MADAME DRIDIER, amôre.

Merci, tout de même!

COLETTE

Il écrit un bleu? à qui? à une femme? C'est pour louer ! Justement il cherchait des appartements dans votre quartier. Enfin je suis bien sotte de m'émouvoir. Simon me donnera de tout une explication naturelle.

MADAME BRIDIER, ironique.

Ça 1 je n'en doute pas.

COLETTE

Mais si vous l'aviez vu tout à l'heure encore comme il était gentil et tendre, et tout à fait redevenu le mari des premiers temps ! Nous devons nous prome-

der ensemble au Bois dans les allées où nous nous sommes avoué pour la première fois que nous nous aimions. Là j'oublierai les mauvais soupçons que vous m'avez inspirés et je lui demanderai pardon d'avoir douté de lui.

MADAME BRIDIER.

J'ai vu des confiances robustes, mais la vôtre I...

COLETTE

Taisez-vous I Je vous en prie ! J'entends mon mari.

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