ACTE PREMIER
RIBOUIS
En effet ! Je suis plutôt attaché à la personne de madame I Pour cette place, il fallait un homme du monde.
GARRIGUE
Et vous avez accepté ! Eh ! bien, mon cher secrétaire, vous direz à Simon que j'avais des choses importantes à lui confier.
RIBOUIS
Entrez donc, il sera ravi de vous revoir. Il n'y a que trois personnes à déjeuner.
GARRIGUSi
Qui ça ?
RIBOUIS
M. et madame Bridier.
GARRIGUE, remontant.
Je me sauve I Le mari est un brave homme, mais la femme ! quelle peste !
Fausse sortie.
RIBOUIS
Attendez ! Il y a aussi madame Féverolles...
GARRIGUE, redescendant.
Hé I hé I une petite blonde I Pas farouche f
RIBOUIS
Elle VOUS mange dans la main.
GARRIGUE
Je l'ai déjà rencontrée. C'est un gentil numéro I
RIBOUIS
Ah I Monsieur Garrigue ! Vous ne vous corrigereï donc pas ?
GARRIGUE
Impossible I que voulez-vous ? Je ne peux pas voir une femme sans lui faire la cour, et dés qu'elle est ma maîtresse, je ne peux plus la lâcher I
RIBOUIS
Ça vous donne beaucoup de travail.
GARRIGUE
Tenez, il est deux heures : j'ai un rendez- vous à deux heures un quart près d'ici, au thé de l'avenue de l'Aima, un autre à quatre heures, au thé de la rue Royale, un autre à cinq heures, au thé du Boulevard Haussmann, sans compter...
RIBOUIS
...Les thés à domicile !
GARRIGUE
Parfaitement ! Je n'ai plus de place pour madame Féverolles.
RIBOUIS
Bon ! Elle repassera !
GARRIGUE
Saperlotte, je suis en retard. Adieu. (Pauase sortie.) Ah I vous direz à Simon que je reviendrai tantôt, après mon rendez-vous I
n tort.