VI PREFACE
teuse s'est tellement hâtée qu'il n'a pas eu le loisir d'y mettre la dernière main.
Pour ne pas priver les lecteurs d'une œuvre patiemment méditée et que je crois utile, j'ai dû m'imposer la charge d'y faire quelques légères retouches, d'en achever la conclusion et de corriger les épreuves. La tâche était délicate. Mais je me trouvais dans des conditions spéciales pour la remplir. D'intimes et fréquentes conversations m'avaient fait pénétrer la pensée de l'auteur; et, quelque temps avant sa mort, je m'étais entendu avec lui sur les modifications désirables.
La méthode adoptée par IMarius Couailhac n'est pas statique; elle est évolutive. Il esquisse d'abord le milieu intellectuel et social qui a préparé Maine de Biran soit par voie d'action soit par voie de réaction. Puis, il prend son philosophe en lui-même et suit pas à pas les diverses étapes qu'a parcourues sa pensée, toujours soucieux de montrer comment il passe de l'une à l'autre. On voit ainsi sous quelle poussée et à quelle époque naissent les éléments successifs de sa théorie, de quelle manière ils se développent, s'agencent et finissent par former un tout organique.
Ainsi conçu, ce travail vient à son heure. Ni l'introduction de M. Ernest Naville aux Œuvres inédites', si belle et si pénétrante qu'elle soit, ni le livre de M. J.