‹ Maine de BiranChapitre 21 sur 140 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

renonce à continuer la route et sur le bord du chemin se couche pour mourir, mais d'une résignation active. Il se sent plier sous le fardeau qui s'alourdit sur ses épaules, il ne le rejette pas. Tout lui manque à la fois : le monde s'éloigne de lui ; il n'a plus foi dans la science qui lui fut si longtemps une compagne austère mais fidèle ; il sent ses facultés baisser et tout son être intérieur se dissoudre.

Dans cet abandon et au milieu de ces ruines, ce qu'il y a de plus profond et comme de divin à la racine de la volonté se redresse. Au lieu de s'affaisser, son âme, d'un vol hardi, va s'élever jusqu'à Dieu. Désormais, ni la loi morale qui en même temps qu'une force est un soutien, ni l'idéal ne lui suffisent; il lui faut quelque chose déplus réel : Dieu lui-même. Ce n'est pas assez de croire à son action ; il veut la sentir, et il la sent : « La présence de Dieu s'annonce par un état interne de calme et d'élévation qu'il ne dépend pas de moi de me donner i. » Mais elle se manifeste habituellement dans la solitude, et cette solitude peut nous accompagner partout : « Il y a toujours moyen de se faire cette solitude profonde au dedans de soi et d'avoir, même au milieu des affaires et de tout le tumulte du monde, comme un lieu secret où aucun bruit ne pénètre, où la voix de la conscience, celle de Dieu même prédomine sur toutes celles du dehors -. » Dieu lui est un repos, un appui et une force; et c'est entre ses mains qu'il remet son àme lassée, de lui qu'il reçoit une nouvelle vie.

Le chemin qu'il a parcouru, beaucoup d'âmes simples

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