Ibid., t. I, p
tent toujours dans une position mal définie. Nous nous faisons de la sorte une représentation de notre corps vu de l'intérieur, un atlas où l'on distingue deux zones inégalement éclairées K
Par notre corps, nous entrons en relation avec les corps étrangers. Comme l'effort se heurte à l'inertie des organes et des membres, les membres qui ont cédé à l'impulsion de la volonté se heurtent à l'inertie des corps étrangers : du conflit de l'effort et de l'inertie des membres résulte la connaissance du moi et de l'organisme ; de la lutte de nos membres et des corps étrangers naît la distinction de ces mêmes corps.
Cette dernière démarche de la pensée est-elle aussi assurée que la première ? Le mui nous est intérieurement connu; tout cequis'oppose à son action est le non-moi: nul doute ne peut atteindre ni entamer la certitude de ce fait de conscience. Mais, quand le mouvement de nos membres est arrêté dans son trajet, ne peut-il pas y avoir à cet arrêt d'autre cause que la rencontre d'un corps étranger? Pourquoi ne tiendrait-il pas tout simplement à ce que notre énergie physique se trouve épuisée ?
L'expérience suffit à lever ce doute.
Dans les arrêts que subissent nos membres en mouvement et que nous attribuons à des corps étrangers, nous éprouvons simultanément deux sensations : l'une de pression, l'autre de résistance. Si ces deux sensations étaient en raison directe do l'eflort. nous pourrions les attribuer, avec quelque vraisemblance, à une inertie organique nor-