‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 1 sur 135 · BOULEVARD SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

BOULEVARD SAINT-GERMAIN

TTPOGRAPHI£ FIRMIM-DIDOT ET C'*. — MESNIL (ECRE).

PRÉFACE

L'auteur de ce livre est mort il y a quelques mois, à rage de quarante-huit ans, au moment où son esprit, d'une force et d'une culture exceptionnelles, était en pleine activité.

Le public le connaît déjà par sa thèse sur La liberté et la conservation de V énergie, qui fiit soutenue devant la Sorbonne en 1897. On sait avec quel bonheur il a traité ce problème épineux. Il est juste de dire que, grâce à la vigueur de sa dialectique et à sa finesse d'analyse, il en a donné une approximation nouvelle; on peut ajouter que, au cours de son étude, il a poussé plus loin qu'on ne Tavait fait jusqu'à lui l'analyse des notions de quantité, de qualité et de cause, ces muscles invisibles de toute pensée.

• Cet autre ouvrage, le second qu'il ait composé, est aussi son testament philosophique; et la suprême visi-

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PRÉFACE

teuse s'est tellement hâtée qu'il n'a pas eu le loisir d'y mettre la dernière main.

Pour ne pas priver les lecteurs d'une œuvre patiemment méditée et que je crois utile, j'ai dû m'imposer la charge d'y faire quelques légères retouches, d'en achever la conclusion et de corriger les épreuves. La tâche était délicate. Mais je me trouvais dans des conditions spéciales pour la remplir. D'intimes et fréquentes conversations m'avaient fait pénétrer la pensée de l'auteur; et, quelque temps avant sa mort, je m'étais entendu avec lui sur les modifications désirables.

La méthode adoptée par Marins Couailhac n'est pas statique; elle est évolutive. Il esquisse d'abord le milieu intellectuel et social qui a préparé Maine de Biran soit par voie d'action soit par voie de réaction. Puis, il prend son philosophe en lui-même et suit pas à pas les diverses étapes qu'a parcourues sa pensée, toujours soucieux de montrer comment il passe de l'une à l'autre. On voit ainsi sous quelle poussée et à quelle époque naissent les éléments successifs de sa théorie, de quelle manière ils se développent, s'agencent et finissent par former un

tout organique.

Ainsi conçu, ce travail vient à son heure. Ni l'introduction de M. Ernest Naville aux Œuvres inédites', si belle et si pénétrante qu'elle soit, ni le livre de M. J.

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