‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 131 sur 135 · Id., La morale, p. 470-4C7, Paris · texte numérisé non relu

Id., La morale, p. 470-4C7, Paris

CONCLUSION

CONCLUSION

la contrainte, mais cfui a grandi malgré elle, et en bonne partie par elle. Les tendances philosophiques se brisent et se multiplient : on voit apparaître une foule de systèmes où dominent et domineront de plus en plus le kantisme et le comtisme. Maine de Biran est d'abord combattu ^, puis oublié.

Mais sa philosophie, si profonde et si profondément vécue, ne peut avoir disparu tout entière et pour jamais.

Il en restera d'abord sa théorie de reffort libre. Grâce à cette découverte, on sera toujours en mesure de juger et de condamner, au nom de l'expérience : le sensualisme qui n'admet d'autre instrument de connaissance que les sens ; les philosophies à priori qui ont la prétention de pénétrer la substance d'une vue immédiate; le criticisme qui élimine de la science tout ce qui dépasse les phénomènes, et tous les systèmes ambitieux qui reconnaissent le moi comme le fondement de la réalité, mais qui en font un être impersonnel.

Maine de Biran a fourni à la métaphysique un fondement nouveau.

Autour de cette découverte de lond, rayonne tout un ensemble d'autres trouvailles qui s'imposent à l'attention des psychologues : une analyse de la mémoire, qui est d'une étonnante pénétration ; la nécessité de voir et d'étudier la pensée telle qu'elle nous est donnée, c'est-à-dire dans son union avec le corps ; la sensation restituée à l'organisme, diffuse dans les centres nerveux ; une théorie de l'inconscient, de son influence immense sur la vie consciente et

l'explication qu'il nous fournit des phénomènes de suggestion et d'hypnotisme; enfin, la distinction très nette de la métaphysique et de la science.

Maine de Biran est le père de la psychologie future, celle vers laquelle on semble déjà s'acheminer et de plus en plus.

1. H. Taine, Les philosophes classiques, p. 49-78, 8" éd., Paris, 1901.

TABLE DES MATIÈRES

Page 1