‹ Maine de Biran [microform]Chapitre 74 sur 135 · Al. Bertrand, Loc. cit., p · texte numérisé non relu

Al. Bertrand, Loc. cit., p

L'action de ces deux causes est immense, et leur répercussion sur la vie tout entière incalculable. Par le contact, nous arrivent des sollicitations incessantes. Le milieu dans lequel nous sommes plongés, exerce sur nos organes, sur notre corps tout entier, une pression continue qui se transmet à l'intérieur par les pores toujours ouverts. Or, en suspension dans ce miUeu, que de causes ignorées! Si nous parvenions à connaître et leur nombre et leur nature, c'est laque nous pourrions lire notre avenir. Elles agissent toutes, en effet, d'une manière fatale. Ne sentons-nous pas que nous sommes unis par des liens inconnus à la nature entière? Notre humeur varie avec l'atmosphère; notre ;,me s'illumine ou se voile avec le ciel. C'est delàque, pendant une partie très longue de sa vie, Maine de Biran a attendu la paix et la joie de vivre. Elle lui arrive avec le printemps, elle part avec les beaux jours. Comment la soustraire à cette influence et comment la maintenir? C'est le problème qui l'occupe avant qu'il ait découvert la volonté ; et il fait appel à la médecine future, qui saura peutêtre, par une médication appropriée, réveiller l'énergie vitale assoupie et lui garder sa tonicité '. Plus forte, elle serait moins à la merci des causes extérieures ; elle leur est entièrement soumise : elle n'est pas seulement solidaire du présent, mais encore héritière du passé. La joie ou la douleur, déposée en elle, ne disparaît pas entièrement avec les causes qui l'ont produite : l'impression s'affaiblit, elle nest pas anéantie. D'elle, il reste un résidu qui se transmet; et c'est ainsi que la sensation, qui est la dominante

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