LES MEMES, VEI^SAC
VERSAC
Eh bien ! cet écrit favorable, Que sans doute vous avez lu, Est un témoignage honorable De mes talents, de ma vertu?
m""' DORVAL, USE & DERMONT.
Ah ! le juli témoignage
De talents et de vertu!
m""' DORVAL, ironiquement.
(Elle lit ) :
i> Vous empruntez toujours et ne rendez jamais, )i Et vous faites des vers que l'on dit très-mal fait. «
*VERSAC
C'est de mou oncle !
( Il se met il rire).
Ah! la bonne aventure!
Ah ! j'en ris de bon cœur !
• DERMONT
11 rit, et moi je jure^ Je jure de bon cœur!
m"" DORVAL.
Voyez! de l'aventure, Comme il rit de bon cœur!
LISE
Hélas! cette aventure Fera noire malheur!
VERSAC. Eh bien, madame, comment trouvez-vous le style de mon oncle ?
M"!" DORVAL. Assez clnir , pour savoir 1« cas que je dois faire de vous.
VERSAC. Il n'est pas très-complimenteur.
M™» DORVAL. Je vous rcmots sa lettre.
DEBMONT , à Vertac. Imbécile !
VERSAC. Que veux-tu? je me suis trompé c'est
que j'ai de tout un peu dans mon portefeuille ; mais je vais vous montrer
M""" DORVAL Non, c'est assez — Ayez seulement la complaisance de me rendre l'écrit inutile qui constate votre acquisition.
VERSAC. Impossible, madame !
Mme DORVAL. Et comment me payerez -vous, monsieur l'auteur ?
VERSAC. Eh bien , voilà ce que c'est ! parce que je voyage à pied , et que je n'ai pas un grand train à ma
suite , on croit que je suis un pauvre diable 11 ne
faut pas toujours juger les gens sur l'apparence
MBi" DORVAL, Ainsi, vous me payerez ?
VERSAC. Oui, madame, et très-bien encore. . . . Mais
d'abord , parlons de mon ami — Par la lettre de
mon oncle , vous connaissez Dermont. — Il aime votre nièce , vous le savez. Son peu de bien vous empêcha de consentira cette union; eh bien ! moi, je répare les torts de la fortune , en le dotant d'une somme de vingt mille francs.
DERMONT. Madame, pardonnez-lui, il a perdu tout-àfait la tête.
M""^ DOBVAL , à part. Moquons-nous de lui
(Haui). Je consens bien volontiers à ce mariage, si vous pouvez lui compter tout de suite la somme que vous lui proposez.
VERSAC. Tout de suite, cela va sans dire.
DEi-.MOiNT. De grâce, Versac !
vïRSAC, à ilj/°" Dorval. Votre parole !
m""' dobval. Je la donne de bon cœur
DERMONT. Tu me perds, malheureux !
VERSAC, en se tournant vers Dermont. Ingrat ! . . . CJ M°" Dorval j. Voulez-vous des c.'ipèces. ou de bons billets au porteur ?
M"»" EORVAL. Ah ! des espèces ! on n'en porte pas en voyage.
vERs.\c. 11 est vrai que nous en étions peu chargés... Ainsi, des billets
Mn>« DORVAL. Suffisent.
VERSAC. Votre voisin vous paraît-il solide ?
M°>« DORVAL. Comment ! monsieur Ferville !
VERSAC. Oui, monsieur Ferville.
M^e DORVAL. C'est le plus riche et le plus fripon de l'endroit.
VERSAC Eh bien , voilà pour vingt mille francs de billets sur le plus fripon de l'endioit. (D'un ton grave). Et vous mes chers enfants, (il leur prend les mainsj je vous unis: soyez heuieux, et n'oubliez pas que c'est
moi qui fais votre bonheur. Hein ! (GaiementJ,
Dermont, comment trouves-tu le dénouement ?
M"»» DORVAL Je n'en reviens pas, c'est bien sa signature. Comment avez-vous pu ?
VER.SAC. C'est un cadeau qu'il m'a voulu faire , en se chargeant de vous payer votre maison. On appelle cela, je crois, un pot-de-vin.
M""* DORVAL. Oh! quelle joie ! qu'il mérite bien cette leçon ! Je suis si contente do ca qu'il est dupe de son avarice , que j'ai pre.squ'envie de vous pardonner à tous le tour que vous m'avez joué.
vEiisAc. Kii ! voici le cher voisin qui vient prendre part à la commune joie !