‹ Maison à vendreChapitre 24 sur 25 · LES MEMES, VEI^SAC · texte numérisé non relu

LES MEMES, VEI^SAC

VERSAC

Eh bien ! cet écrit favorable, Que sans doute vous avez lu, Est un témoignage honorable De mes talents, de ma vertu?

m""' DORVAL, USE & DERMONT.

Ah ! le juli témoignage

De talents et de vertu!

m""' DORVAL, ironiquement.

(Elle lit ) :

i> Vous empruntez toujours et ne rendez jamais, )i Et vous faites des vers que l'on dit très-mal fait. «

*VERSAC

C'est de mou oncle !

( Il se met il rire).

Ah! la bonne aventure!

Ah ! j'en ris de bon cœur !

• DERMONT

11 rit, et moi je jure^ Je jure de bon cœur!

m"" DORVAL.

Voyez! de l'aventure, Comme il rit de bon cœur!

LISE

Hélas! cette aventure Fera noire malheur!

VERSAC. Eh bien, madame, comment trouvez-vous le style de mon oncle ?

M"!" DORVAL. Assez clnir , pour savoir 1« cas que je dois faire de vous.

VERSAC. Il n'est pas très-complimenteur.

M™» DORVAL. Je vous rcmots sa lettre.

DEBMONT , à Vertac. Imbécile !

VERSAC. Que veux-tu? je me suis trompé c'est

que j'ai de tout un peu dans mon portefeuille ; mais je vais vous montrer

M""" DORVAL Non, c'est assez — Ayez seulement la complaisance de me rendre l'écrit inutile qui constate votre acquisition.

VERSAC. Impossible, madame !

Mme DORVAL. Et comment me payerez -vous, monsieur l'auteur ?

VERSAC. Eh bien , voilà ce que c'est ! parce que je voyage à pied , et que je n'ai pas un grand train à ma

suite , on croit que je suis un pauvre diable 11 ne

faut pas toujours juger les gens sur l'apparence

MBi" DORVAL, Ainsi, vous me payerez ?

VERSAC. Oui, madame, et très-bien encore. . . . Mais

d'abord , parlons de mon ami — Par la lettre de

mon oncle , vous connaissez Dermont. — Il aime votre nièce , vous le savez. Son peu de bien vous empêcha de consentira cette union; eh bien ! moi, je répare les torts de la fortune , en le dotant d'une somme de vingt mille francs.

DERMONT. Madame, pardonnez-lui, il a perdu tout-àfait la tête.

M""^ DOBVAL , à part. Moquons-nous de lui

(Haui). Je consens bien volontiers à ce mariage, si vous pouvez lui compter tout de suite la somme que vous lui proposez.

VERSAC. Tout de suite, cela va sans dire.

DEi-.MOiNT. De grâce, Versac !

vïRSAC, à ilj/°" Dorval. Votre parole !

m""' dobval. Je la donne de bon cœur

DERMONT. Tu me perds, malheureux !

VERSAC, en se tournant vers Dermont. Ingrat ! . . . CJ M°" Dorval j. Voulez-vous des c.'ipèces. ou de bons billets au porteur ?

M"»" EORVAL. Ah ! des espèces ! on n'en porte pas en voyage.

vERs.\c. 11 est vrai que nous en étions peu chargés... Ainsi, des billets

Mn>« DORVAL. Suffisent.

VERSAC. Votre voisin vous paraît-il solide ?

M°>« DORVAL. Comment ! monsieur Ferville !

VERSAC. Oui, monsieur Ferville.

M^e DORVAL. C'est le plus riche et le plus fripon de l'endroit.

VERSAC Eh bien , voilà pour vingt mille francs de billets sur le plus fripon de l'endioit. (D'un ton grave). Et vous mes chers enfants, (il leur prend les mainsj je vous unis: soyez heuieux, et n'oubliez pas que c'est

moi qui fais votre bonheur. Hein ! (GaiementJ,

Dermont, comment trouves-tu le dénouement ?

M"»» DORVAL Je n'en reviens pas, c'est bien sa signature. Comment avez-vous pu ?

VER.SAC. C'est un cadeau qu'il m'a voulu faire , en se chargeant de vous payer votre maison. On appelle cela, je crois, un pot-de-vin.

M""* DORVAL. Oh! quelle joie ! qu'il mérite bien cette leçon ! Je suis si contente do ca qu'il est dupe de son avarice , que j'ai pre.squ'envie de vous pardonner à tous le tour que vous m'avez joué.

vEiisAc. Kii ! voici le cher voisin qui vient prendre part à la commune joie !

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