VIT
NICOLAS GICQUEL, écuyer, seigneur de Kerrel et de Kergars, revendiqua, le 26 juin 1537, à litre d'héritier de son frère Jean, la succession de Jean le Moulnier et d'Olivier de Kerbervet. Il rendit hommage au duc de Rohan,les 27 et 28 novembre 1549, à raison des châtellenies de Bault, de Kerrel et de Kergars. Le roi lui accorda, le 7 juin 1550, des lettres spéciales qui lui permettaient d'ajouter et au besoin de substituer à son nom patronymique celui de sa terre de Kerrel. Le texte des lettres patentes résumées par d'Hozier démontre que Henri II concéda une addition et non point un changement de nom : a Lettres patentes du roy, données à « Rennes le septiesme juin mil cinq cents cinquante, « signées sur le reply : Par le Roy à la relation du con- « seiller du BouaiSj, et scellées du grand sceau de cire « jaulne, octroyées à son bien amé Nicollas Giquel, « escuier, sieur de Kerrel, par lesquelles entre autres « choses ledict Giquel ayant faict remontrer audict sei- « gneur roy qu'il es toit noble personne de toute anti- « qui té, issu et extrait luy et ses prédécesseurs de « noble extraction et génération et qu'il estoit
« seigneur possesseur dudit lieu maison et manoir
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« et ses appartenances et autres maisons nobles , « laquelle maison de Kerrel estoit noble de tout « temps et d'ancienneté décorée, embellie et appar- « tenante de plusieurs belles décorations, tant de « bois, maisons, bois anciens et de revenu, mestay- « ries, domaines, prairies, fieffs, jurisdiction, hommes « et subjects et autrement et queluy, ses ayeul, bysaïeul « et autres ses prédécesseurs, sieurs dudict lieu de « Kerrel, avoient au temps passé porté et s'estoient « escriptz nommés et appelez du nom Giquel tant « en leurs contrats adveux et enseignements de leur « rentes, biens, héritaiges et revenus que aux monstres « et assemblées des nobles du païs et duché de Brea tagne que en autres lieux, et que ledit Gicquel vou- « lait muer et changer ledict nom de Gicquel pour lui « ses enfants et successeurs, en celluy du tiltre de « ladicte maison de Kerrell, moienant le plaisir dudict « seigneur roy. A ces causes et autres, sadicte magesté « auroit de son austhorité, grâce specialle et authorité « souveraine, donné, octroyé et permis audict Gicquel « de soy intituller, escripre, nommer et appeler luy et « ses successeurs, en leur surnom, du nom et tiltre « de Kerrel ; lesdictes lettres adressantes au sénéchal, « alloué et lieutenant de Ploërmel et à tous autres offi- « ciers et justiciers, sentence de vérification d'icelles « lettres faictes en ladicte juridiction de Ploërmel, le « septiesme juillet mil cinq cents cinquante, signées
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«et garanties sur le reply desdictes lettres1. » C'est ainsi que le nom de Gicquel fut converti en celui de Kerrel, pratiqué, très-peu de temps, par les générations postérieures. Nicolas Gicquel ou Kerrel est qualifié « gentilhomme » dans une procédure engagée en l'an mil cinq cent cinquante-trois contre Jean de Gleguenec, écuyer, dans un accord fait avec noble homme Vincent de Kerveno, seigneur du lieu de son nom et du Mesguen. On le retrouve, en 1553, dans le groupe des nobles Bretons, chargés de la garde du château de Vannes, et, en 1555, dans une transaction conclue avec Abel de Bézic et Françoise de Larlan, sa femme, sieur et dame de Kerabraham et de Kernabo, en 1552 et 1555, dans des montres de la paroisse de Crédin,dont il était le capitaine. Nicolas Gicquel fit un arrangement avec les héritiers de sa sœur Marie Gicquel, le 9 août 1559, et un autre, le 25 juillet 1 566, avec les ayants droit de sa tante Jeanne, issue de Guillaume, premier du nom, et de Marie de Madio. A la fin de ces deux conventions, qui nécessitèrent la preuve testimoniale, il est constaté que « ledict de Kerrel et ses prédécesseurs estoient
1 . Extrait des registres de la chambre, établie par le roy pour la réformation de la noblesse du païs et duché de Bretagne par lettres patentes de Sa Majesté du mois de janvier mil six cents soixante et huit, vérifiées en parlement. Cahier en papier grand in-4° de vingt cinq rôles, dossier Gicquel, fonds bleu, Bibliothèque de Richelieu, cabinet des titres. — Réformation de la noblesse de Bretagne. — Armoriai de Bretagne, p. A. -P. Guérin de la Grasserie, t.T, p. 280. — Du Perré, Abrégé du Nobiliaire de Bretagne, p. 27. — M. Potier du Cour.CY mentionne aussi la conversion du nom de Gicquel en celui de Kerrel,
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« nobles personnes et de noble extraction vivant de o tout temps immémorial noblement, soy estant régis a et gouvernés, en leurs partages noblement et advan- « tageusement selon l'assise du comte Geoffroi, et « leurs dicts biens heritetz estre de tout temps a nobles et avoir esté noblement et advantageusement « départis selon ladicte assise, et que Guyon Gicquel, « père dudict de Kerrel, et dont il estoit fils héritier « principal et noble, desdicts Guillaume et sadicte « femme, et ladicte, Marie, fille juveigneure; ledict « acte en date du neufïîesme aoust mil cinq cents « cinquante neuf deubment signé et garanti ! » . Les aînés profitèrent seuls de la concession royale de 1550 relative à l'addition du nom de Kerrel. Ils renoncèrent à ce droit après deux générations et reprirent le nom unique de Gicquel. Nicolas Gicquel, dit Kerrel, contracta alliance avec ANNE DU HOULLE8; leurs enfants furent :
— 1' Jean Gicquel ou Kerrel est dit fils aîné et héritier de Nicolas Gicquel et de Anne du Houlle, dans un acte de tutelle de 1569 et dans le partage fait le 25 mars 1575
i. Extrait des registres de la chambre, établie par le roy pour la réformation de la noblesse du pais et duché de Bretagne par lettres patentes de Sa Majesté du mois de janvier mil six cents soixante et huit, vérifiées en parlement. Cahier en papier grand in-4° de vingt cinq rôles, dossier Gicquel, fonds bleu, Bibliothèque de Richelieu, cabinet des titres.
2. Réformation de la noblesse de Bretagne, vol. III, catalogué H, 1875 A, article Kerrel, Bibliothèque Mazarine. Mss. — Armoriai de Bretagne,^ A.-P. Guérin de la Grasserie, t. I, p. 280.
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entre lui et son frère Robert. Tous deux s'accommodèrent le 22 janvier 1589 au sujet des successions paternelle et maternelle. Il est question dans ce contrat d'une action intentée à Jean de Kerrel par le sieur de Brossay de Renac qui réclamait les arrérages d'une rente, due à sa femme Françoise Gicquel * ;
— 2° Robert Gicquel que nous allons reprendre 2 ;
— 3° Jeanne Gicquel, femme de Raoul de Laulan, sieur de Kerbourhis 3 ;
— 4° Madeleine de Gicquel ou de Kerrel, mariée à Jean Marigo, sieur de Kerguivio 4.
ROBERT GICQUEL écuyer, sieur de Kerrel et de Kergars, son frère Jean et sa sœur Madeleine furent placés, le 12 octobre 1569, sous la tutelle de leur mère Anne du Houlle. Jean Gicquel mourut sans postérité et transmit tous ses biens, titres et armes à son frère puîné ainsi qu'il appert d'une sentence prononcée par le juge de Pontivy, le 30 juin 1575 5. Robert Gicquel
1. Extraits des registres de la chambre établie pour la Ré format ion de Bretagne.