‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 105 sur 304 · DAHLIA · texte numérisé non relu

DAHLIA

Le dahlia, dans son pays natal (Mexique) , est resté une plante commune, à fleurs simples et sans aucun mérite ; ce n’est qu’entre les mains des horticulteurs d’Europe qu’elle est devenue , depuis son introduction au commencement de ce siècle , ce que nous la voyons aujourd’hui ; ses variétés , très-nombreuses , se multiplient chaque année, mais on n’admet, plus aujourd’hui dans les parterres que les dahlias à fleurs parfaites (fig. 76), dont les ligules, soit en cornets , soit aplatis , disposés dans un ordre régulier, présentent une fleur bombée au centre, à peu près sphérique, portée sur un pédoncule de moyenne longueur, et dont l’inclinaison permet à la fleur de se montrer tout entière au regard. Cette dernière condition II. 11

est essentielle, et on élimine souvent des collections de très-beaux dahlias par le seul motif que leurs tiges trop recourbées ne laissent

voir que l’envers de la Heur ; ce défaut i est surtout sensible dans les dahlias de petite taille. Tous ceux dont les tiges ne dépassent pas la hauteur d’un mètre peuvent être admis, quoique les pédoncules des fleurs soient un peu trop redressés, parce que ce défaut, qui ne serait pas supportable dans les plantes très-hautes, ■ n’empêche pas d’admirer les fleurs des plantes de cette taille.

Toutes les nuances de dahlias sont acceptées, pourvu que la forme et les autres conditions de la fleur soientsatisfaisantes. ! Parmi les innombrables variétés de nuan- i ces nouvelles qui paraissent, chaque an- j née, on attend avec impatience le dahlia bleu , qui n’a point encore été conquis et que certaines probabilités font regarder comme introuvable.

On multiplie les dahlias par semis et par la division des tubercules; le premier procédé a surtout pour but d’obtenir des variétés ' nouvelles ou de perfectionner les anciennes'; il exige des soins assidus, qui sont rarement à la portée du possesseur d’un modeste parterre, .tel que celui qu’une dame peut diriger elle-même.

Le procédé de multiplication le plus usité consiste à partager les i touffes de dahlias, en conservant à chaque division au moins un bon « œil au collet de la racine. La production annuelle des tubercules est i toujours assez abondante pour suffire aux besoins de la multiplication. On sait que, dans son pays natal, ce tubercule, au rapport des | voyageurs, est utilisé par les Indiens pour leur nourriture; en. Europe, peut-être à cause de la différence du climat, ceux qui ont essayé d’en manger se sont crus empoisonnés; ils en ont été quittes i ,pour une indigestion.

On conserve les tubercules dans un lieu sec et à l’abri de la gelée, : sans les entasser, parce qu’ alors ils s'échauffent et pourrissent. Pour reconnaître les couleurs, on attache à chaque pied de dahlia une , étiquette dont le numéro correspond à celui d’un catalogue.

Au mois d’avril j après avoir divisé les tubercules , on les place debout, près les uns des autres, dans une petite fosse égale en profondeur à la longueur des tubercules, dont on peut retrancher la base en partie ; on introduit dans les interstices du- terreau mêlé de fumier; on recouvre le tout d’une petite couche de fumier chaud.

On peut même , pour communiquer de la chaleur à cette espèce de pépinière , amonceler tout autour un peu de bon fumier en fermentation. Bientôt chaque tubercule émet un ou plusieurs jets ; lorsqu’ils ont donné leur seconde feuille , on enlève le fumier avec le plus grand soin , pour ne pas altérer les jeunes tiges , puis on déterre tous les tubercules avec les mêmes précautions. On ne doit conserver que la pousse la plus vigoureuse aux tubercules qui en ont donné plusieurs. Cette opération se fait ordinairement en mai. A la même époque, on plante en pleine terre les tubercules, à leur place définitive. Par ce procédé , chaque plante n’aura qu’une seule et belle tige, formant un beau pied, pouvant supporter la taille à mesure qu’il se développera, pour lui conserver une forme agréable; on obtiendra ainsi des fleurs bien plus précoces et plus belles que si l’on avait mis tout simplement les tubercules en pleine terre sans préparation. Dirigé comme je viens de l'indiquer, le dahlia forme une espèce de buisson bien garni de fleurs et de feuillage. Si l’on joint à ces soins celui d’enlever les fleurs à mesure qu’elles se flétrissent, en rabattant la tige sur un bon bouton, on maintient jusqu’aux gelées la floraison dans toute sa beauté ; mais la plus petite gelée détruit toute cette riche végétation. Pour prolonger la floraison des dahlias au delà de ce temps , on peut mettre quelques tubercules de dahlias nains dans de grands pots, qu’on rentre dès les premiers froids d’automne; ils fleurissent pendant une grande partie de l’hiver. Le dahlia a besoin de beaucoup d’eau pendant la floraison , si l’on veut obtenir des fleurs toujours belles.

Pour le multiplier de semis , on réserve les plus belles d’entre les premières fleurs comme porte-graines; la graine se conserve dans ses capsules jusqu’en mars ou avril, pour être semée à cette époque, sur un ados ou côtière, à une exposition favorable, en bonne terre garnie de terreau. Lorsque les plantes ont 15 à 20 centim. de hauteur, on les transplante en pépinière, à 60 ou 80 centimètres de distance . les unes des autres ; elles y reçoivent les soins indiqués pour les vieux plants. Ces jeunes plantes fleurissent en septembre , mais il est rare

quelles donnent à cette première floraison des fleurs bien doubles; il faut donc conserver les tubercules dont, les fleurs, par leur couleur et leur forme, donnent des espérances. La seconde année, on soigne les tubercules comme je l’ai dit plus haut; alors seulement on peut apprécier les résultats des semis.

Le plus beau dahlia abandonné à lui-même , surtout lorsqu’on laisse les. tubercules en pleine terre, perd, dès la première année, une grande partie de ses qualités; à la seconde floraison c’est presque une plante à l’état sauvage.

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