‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 108 sur 304 · G. GIROFLÉES · texte numérisé non relu

G. GIROFLÉES

On désigne vulgairement sous ce nom deux plantes fort différen-

tes : la giroflée proprement dite , dont le feuillage est lisse, et la mathiole , dont la feuille est cotonneuse et veloutée.

La giroflée , aussi nommée quarantaine ( fig . 79), croît à l’état sauvage dans les lieux incultes, particulièrement sur les murailles des ruines ; la mathiole , originaire de l’Orient, est devenue tout aussi rustique, et a produit sous notre climat plusieurs variétés précieuses par la richesse de leurs nuances et leur odeur agréable.

Quatre variétés de giroflées sont cultivées dans le parterre : le bâton d’or, la giroflée brune, la pourpre et la jaune semi-double. Toutes sont vivaces et se multiplient de boutures faites en mai, à l’ombre, soit en pleine terre de bonne qualité, soit en pots, en bonne terre mêlée de terreau ; il leur faut des arrosages fréquents. Ces boutures commencent à fleurir à l’automne; l’hiver interrompt leur floraison , qui se renouvelle au printemps suivant. Après la floraison on casse les tiges florales. Toutes les giroflées sont vivaces.

Pour obtenir en pot de plus beaux fleurons, on ne laisse à chaque plante qu’une seule tige. En ayant soin de rentrer ces pots en serre ou dans jun appartement, et en donnant quelque attention aux boutures, on obtient des tiges de 60 à 70 centimètres, et des épis

de 30 à 40 centimètres , garnis de fleurs

de 4 à 5 centimètres de diamètre. Elles sont moins belles en pleine terre, mais on peut leur laisser plusieurs rameaux, qui produisent un charmant effet.

Giroflée des jardins ou mathiole {fig . 80). — Bisannuelle, à odeur de girofle. Fleurs de mai en octobre. Variétés blanche, rose, couleur de chair, rouge, violette, panachée, double ou simple. Semer à la fin d’avril ou au commencement de mai; repiquer sur ados, à bonne exposition , vers la fin de juillet, ou mettre en pot. L’hiver on les rentre, ou bien l’on ouvre à bonne exposition une tranchée dans laquelle on place les pots les uns à côté des autres, ©ton les couvre de châssis.

Fig. 80.

On peut aussi placer de la litière directement sur les pots , et couvrir ia tête des plantes avec des paillassons soutenus par des piquets. Tes plantes peuvent encore passer l’hiver sur les ados et être abritées comme je viens de l’indiquer, pour être levées en motte et mises en pots ou en place au printemps suivant. On ne traite ainsi que celles dont les boutons annoncent devoir donner des fleurs doubles. On récolte la graine sur les sujets simples placés a côté de doubles ou de semi-doubles.

Cocardeau. — Tige simple ou peu rameuse. Fleurs beaucoup plus

grandes. Rentrer ou couvrir l’ hiver.

Giroflée grecque. — Elle diffère des deux précédentes pai ses feuilles vertes et lisses , comme celles de la giroflée jaune annuelle. Sa culture est celle de la quarantaine. Sa fleur est rouge, rouge clair, à grands rameaux, violette, blanche.

La giroflée violier, ou herbe de sainlç Barbe , est indigène, trèsrustique et vivace; elle vient partout. Fleurs simples ou doubles, jaunes et lisses. Multiplication de graines et de boutures, ou d’éclats en automne. Très-odorante.

Je me suis beaucoup étendue sur les giroflées, parce que cette | belle plante, assez facile à obtenir, est un des principaux ornements

de nos jardins, surtout lorsqu’elle est cultivée en pots.

Giroflée de Mahon ( fig . 81). — Cette jolie petite plante a l’avantage de fleurir pendant -tout l’été et une partie de l’automne, lorsqu’on la sème de mois en mois, depuis le printemps jusqu’à la fin de juin. On peut, pour avoir une floraison hâtive au printemps, risquer en automne des semis qui résistent à l’hiver lorsqu’il n’est pas trop rigoureux. La giroflée de Mahon se sème soit en massif, soit en bordure, et produit un effet charmant par la multiplicité de ses fleurs de couleurs brillantes, d’un lilas rosé. On peut la tondre pour la faire ramifier et rendre sa floraison plus abondante.

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