ŒILLETS
On distingue parmi les œillets de nombreuses variétés dont la réunion forme de riches collections. La série la plus recherchée est celle de Y œillet flamand; les autres variétés, autrefois dédaignées des amateurs, sont maintenant, et avec raison, admises dans les collections.
Des traités spéciaux .ont été écrits sur la culture des œillets de collection.
On doit s’en tenir, pour l’ornement d’un parterre , aux espèces qui, sans être aussi difficiles à cultiver, se recommandent cependant par l’abondance et l’odeur agréable de leurs fleurs. Il est bon d’en avoir une partie en pots et l’autre en pleine terre. Les œillets en pots, tenus pendant l’hiver près des. fenêtres des appartements modérément chauffés, donnent souvent quelques fleurs au plus fort de la mauvaise saison. Les jardiniers de Paris tiennent dans la serre froide ou sous l’abri d’une bâche une espèce d’œillet rouge et blanc, d’une belle forme, connu sous le nom d'œillet Joseph; ils dirigent sans peine sa végétation de manière à le faire fleurir pour la fête de saint Joseph.
L œillet ne craint pas un froid assez intense, pourvu que ce froid ne soit point accompagné de neige et qu’il n’ait point été précédé immédiatement d’un dégel. Dans les parterres, sous le climat de Paris, les œillets, après avoir résisté à — 10 ou 12° de froid, sont souvent détruits par de petites gelées de printemps; c’est donc à
Fig. 88.
cette époque surtout qu’ils ont besoin d’être couverts d’une litière longue, qu’on enlève quand le temps le permet.
Les œillets peuvent se multiplier de graine; le plant de semis ne montre qu’à la deuxième année sa fleur, souvent alors simple et sans aucune valeur ; on ne sème donc que dans l’espoir d’obtenir des variétés nouvelles. Pour les espèces qu’on désire multiplier, on a ordinairement recours aux boutures et aux marcottes; ce dernier procédé est le plus usité. Pour marcotter une touffe d’œillets en pleine terre aussitôt après la floraison, en été, on traite comme des provins toutes les pousses de l’année , ordinairement disposées autour de la tige centrale qui a porté fleur. Une légère incision faite avec un
canif à quelques-uns des nœuds de ces pousses favorise l’émission des racines. Les marcottes d’œillets veulent être fortement chargées de terre ; on ne les sèvre qu’au printemps de l’année suivante.
Les œillets cultivés en pots ne pourraient se marcotter de même, faute d’espace ; on les traite par le même procédé dans de petits pots fendus latéralement pour permettre l’introduction des marcottes ( fig . 89).
L’œillet, dans toutes les phases de sa végé- k tation , craint peu la sécheresse , mais il est souvent détruit par un excès d’humidité.
OEillet de bois. — Il fleurit presque toute i l’année , mais il faut le rentrer pendant l’hiver. Il est panaché blancet puce, ou unicolore.
On peut l’étaler sur un treillage.
OEillet éclatant. — Il donne tout l’été des fleurs épaisses, moyennes, d’un rouge pourpre très-vif, doubles, à pétales dentés. Cette variété est très-rustique.
OEillet de la Chine. — Fleurs en bouquets, doubles ou simples, de 1 couleur violet clair, rouge vif, pourpre, tachetées, panachées, du plus charmant effet. Plante bisannuelle, mais qui doit être renouvelée tous les ans de semence au printemps, et préservée de la gelée, à laquelle elle ne résiste pas,