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TULIPE

Cette fleur occupe toujours le premier rang parmi les plantes bulbeuses de collection. Bien que quelques oignons se soient vendus récemment à des prix extravagants en Flollande et en Angleterre, on peut aujourd’hui se procurer à bas prix un joli assortiment de tulipes, qu’on multiplie très-facilement par la séparation des caïeux, qu’on élève pendant quelques années en pépinière, et dont il est facile d’assortir les nuances de manière à produire à chaque printemps un riche mélange de fleurs éclatantes.

La tulipe se plaît dans une terre franche , légère et substantielle , dans laquelle on n’emploie comme engrais que du terreau de feuilles très-consommé; le fumier récent d’étable ou d’écurie est mortel aux oignons; les plâtras concassés et mêlés à la terre leur sont favorables. Au mois d’octobre ou de novembre , après avoir bien ameubli la terre destinée à recevoir une planche de tulipes, on trace des rayons espacés de 15 centimètres en tous sens, et profonds de 5 centimètres; on plante un oignon à chaque point d’intersection. Après avoir recouvert les bulbes, on recharge la planche de quelques centimètres de terreau. La plantation ne demande d’autres soins que des

sarclages et des binages. Lorsque les Heurs sont passées, on coupe les tiges à 1 5 centimètres de terre : la production de la graine éner verait l’oignon. Lorsque les feuilles sont entièrement desséchées, on déterre les oignons avec précaution pour ne pas les blesser; on ne doit pas les laisser exposés au soleil , dont la chaleur trop vive au sortir de la terre les disposerait à pourrir; on les fait sécher à l’ombre ; puis on les nettoie en enlevant les tiges, les vieilles tuniques de l’oignon et les racines ; enfin, on sépare les caïeux. On conserve ensuite ces oignons et ces caïeux dans un lieu sec, pour les remettre en terre en octobre ou novembre, de la manière qui vient d’être décrite. Les tulipes disséminées par touffes dans les plates-bandes du jardin exigent les mêmes soins que les tulipes plantées en planches. Il ne faut pas attendre que les tiges des fleurs ou les feuilles des caïeux aient disparu pour lever les oignons : on risquerait de les perdre ; d’ailleurs les bulbes qui restent en terre ne tardent pas à dégénérer.

Quelques variétés de tulipes indigènes sont odorantes et doubles ;

elles n’ont jamais la valeur des tulipes de collection. Elles sont faciles à multiplier, ornent très-bien le parterre dès les premiers beaux jours et se traitent comme la tulipe de collection {pg. 94), dont le véritable nom est tulipe de Gesner (Tulipa Gesneria). Parmi ces variétés peu coûteuses je signalerai spécialement les suivantes :

Tulipe sauvage. — Fleurs jaunes et très-doubles.

Tulipe œil de soleil. — D’un rouge éclatant et velouté , bordé de jaune.

Tulipe odorante. — D’un rouge éclatant, bordé de jaune. Très-odorante. Autres variétés à fleurs blanches sur les bords et diversement panachées. Les mulots sont très-friands des oignons de cette espèce.

Tulipe turque ( ou dragonno flamboyante ). — D’un beau rougepanaché de jaune; pétales très-longs, dentés et en forme de flamme.

Fig. 9ft.

Tulipe des fleuristes. — De différentes nuances.

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