‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 160 sur 304 · ROSIER · texte numérisé non relu

ROSIER

L’arbuste qui produit la reine des fleurs compte aujourd’hui un nombre si considérable de variétés qu’il faudrait un livre à part pour les décrire. 11 me suffira de signaler sommairement les diverses espèces et la manière de les multiplier.

Le rosier vient à peu près dans tous les terrains , bien qu’il préfère à toute autre une terre franche et légère. Quelques espèces , propres à former des touffes peu élevées, se multiplient par éclat; ce sont les espèces primitives. Ces rosiers conviennent très-bien dans un jardin sans luxe , et l’on ne peut trop en recommander la multiplication, surtout celle des cent-feuilles, des mousseuses, des quatre-saisons, des pompons et des blancs’ nuancés (rose d’York). Les bengales se multiplient de la même manière. Les autres variétés, obtenues la plupart de graine, se multiplient par la greffe sur églantier. Cette manière de les propager est très-facile, et chacun peut se créer une petite pépinière de sauvageons destinés à recevoir la greffe des belles variétés. Pour la multiplication par éclat, il suffit que la tige porte au pied une portion de racines, lors même qu’elle ne serait pas garnie de chevelu ; elle reprendra très-bien si on la plante au moment même de la séparation. Il en est de même des églantiers arrachés dans les bois pour recevoir des greffes de rosiers ; mais il faut les prendre dans les lieux exposés au soleil eti choisir des tiges de deux ans. Ces arbustes, arrachés en octobre,, sont mis en place aussitôt, et greffés à œil dormant en juillet et août suivant. On peut aussi greffer à œil poussant en juin, quinze mois après la plantation; mais, en général, cette greffe ne fournit pas des sujets aussi vigoureux que la greffe à œil dormant. Les églantiers à fruit long sont propres à recevoir la greffe des grandes et vigou-

reuscs espèces de rosiers; les églantiers au feuillage odorant et aux baies arrondies conviennent mieux pour la greffe des espèces délicates.

On ne peut trop multiplier les rosiers du Bengale aux alentours de la maison ; peu d’arbustes d’ornement sont plus agréables par suite de leur végétation essentiellement remontante. Mis en pot, le rosier du Bengale change pour ainsi dire de nature ; ses tiges diminuent de grosseur et prennent une délicatesse tout opposée à la rusticité des mêmes espèces cultivées en pleine terre ; conservés en serre ou dans une chambre peu habitée, ils végètent et fleurissent tout l’hiver.

Le rosier multiflore [fig. 96) est aussi très-répandu. Plusieurs va-

Fig. 96.

riétés sont rampantes et plus ou moins sensibles à la gelée. Disposés en palissade , ces rosiers produisent un effet charmant , surtout ceux d espèces remontantes; mais il est prudent de recouvrir les tiges fie paillassons pendant les grands froids ou de les empailler lorsqu’ils .>ont conduits sur une seule tige. Le parterre et toutes les parties d un jardin peuvent donc être ornés de rosiers en touffes, à haute tige , greffés sur églantier et cultivés en pot. Aucun ornement ne

contribue davantage à la beauté d’un jardin que la profusion des rosiers. Le Bengale est devenu si commun, si rustique et si facile à reproduire , qu’on peut le conduire en haie comme dans son pays natal. Aucun autre genre de clôture ne convient mieux que le rosier du Bengale dans le voisinage d’une habitation; les haies .formées de ces rosiers sont très-vivaces et se tondent sans plus de cérémonie que les haies d’aubépine.

Lorsque les rosiers languissent, rien n’est plus propre aies ranimer que d’enfouir à leur pied quelques décombres, ou, à défaut de cet amendement , un peu de bon terreau qui ne soit pas trop passé. Lorsqu’on néglige de les tailler, ils s’encombrent de bois mort; les tiges deviennent grêles et les fleurs sont moins belles. On applique cette taille dans les premiers jours de mars. On commence par retrancher toutes les branches .mortes ou malades, ainsi que celles qui feraient confusion ; on raccourcit les pousses de l’année sur un ou

deux yeux. Les rosiers des quatre saisons peuvent se tailler après la première fleur ; cette taille les force à donner une floraison d’automne plus belle et plus abondante. Il en est de même des Bengales.

Il vaut mieux greffer les églantiers en pépinière qu’en place. Quand on les greffe en place, ils sont d’abord une année sans porter fleurs; puis, si la greffe manque, il en résulte un vide désagréable.

Les églantiers greffés en pépinière se mettent en place en automne.

La plus belle de toutes les roses est toujours la rose des

Fig. 97.

peintres {ftg. 97); mais elle ne doit pas faire négliger la culture du rosier des quatre saisons [fig. 98), ou de tous les mois, qui se multiplie par éclats ou de drageons, et qui fournit , dans le Midi, l’essence do rose. Sa culture n’offre aucune difficulté. Sa fleur,

sans être aussi belle que la rose des point! es,

a le mérite de déve-

Fig- 98.

lopper un parfum des plus agréables, et forme la base d’une in

dustrie dont nous ne pouvons nous occuper ici, mais qui ne laisse pas que d’être lucrative.

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