‹ Maison rustique des dames (volume 2)Chapitre 227 sur 304 · Nourriture · texte numérisé non relu

Nourriture

La nourriture du lapin influe sur le goût de sa chair; il en est de même de la malpropreté, de la petitesse et de l’obscurité de la cabane. On est toujours disposé à trouver un goût de choux aux lapins domestiques; c’est plutôt un goût de fumier qu’ils contractent : le chou, lorsqu’il est alterné avec d’autres aliments, ne leur donne point un fumet désagréable. Durant l’été, on peut les nourrir avec une infinité d’herbes des jardins et des champs; de la chicorée sauvage, cultivée pour eux, leur est très-salutaire, ainsi que le persil et la pimprenelle; la salade, la chicorée exceptée, est trop aqueuse et ne leur convient pas. Toutes les prairies artificielles donnent des produits qui leur sont appropriés, ainsi que les branches d’arbres, dont ils mangent jusqu’à l’écorce; ils sont fort avides de feuilles de maïs. Il ne faut pas leur donner d’herbe mouillée, elle leur est funeste. Leurs repas du matin et du soir doivent être faits à des heures réglées; il faut aussi leur donner à boire dans une petite augette.

En hiver, on les nourrit avec des regains, des racines de toutes les espèces et du son ; on coupe les racines et on les mêle avec le son ; on peut à la rigueur supprimer ce dernier. C est surtout dans cçtte saison qu’il est indispensable de leur donner à boire. Il convient aussi de varier leur nourriture; on peut exciter l’appétit de ceux qui sont à l’engrais en ajoutant un peu de sel à leur provende.

On place sous la partie de l’appentis destinée à abriter les lapins qui habitent la cour un petit râtelier double et suspendu à hauteur convenable ; c’est dans ce râtelier qu’on dépose leur nourriture, soit fourrages, soit racines et son. Pendant l’hiver, on peut établir une petite meule de fourrage, en ayant soin de mettre dessous quelques fagots de bois sec pour la préserver de l’humidité; les lapins en mangent successivement les parties extérieures.

Lorsqu’on a besoin d’un lapin, on choisit celui qui paraît le plus gras, et on jette sur lui un filet ou une toile au moment où il mange.

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