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EMPOISONNEMENT

En cas d’empoisonnement, après avoir sur-le-champ envoyé chercher un médecin, en le prévenant qu’il s’agit d’un empoisonnement, afin qu’il se munisse de tout ce qu’il jugera nécessaire en pareil cas, si l’on ignore la nature du poison, on gorge le malade d’eau tiède, afin d’obtenir des vomissements. Pour les provoquer on peut introduire dans la gorge les doigts ou les barbes d’une plume. Si tout cela est infructueux, de quatre à six blancs d’œufs crus, délayés dans un demi-litre d’eau et avalés en deux ou trois fois, à des intervalles très-rapprochés, sont rarement sans effet. Lorsque les vomissements ont été assez abondants, on peut faire prendre du lait sucré, coupé avec de l’eau à laquelle on ajoute de l’eau de fleurs d’oranger, do l’eau de gomme, une légère infusion ou décoction de

guimauve ou de graine de lin sucrée. Tout cela doit être bu en grande quantité. On fait prendre un lavement émollient et un bain tiède. Dès que le médecin sera arrivé, on lui expliquera dans les plus grands détails ce qui s’est passé; on lui fera voir les vases qui ont servi à préparer les aliments, et ce qui reste de ces aliments et des matières vomies.

Si avant l’arrivée du médecin on peut reconnaître par des signes positifs la nature du poison ingéré, on aura recours aux moyens qui vont être indiqués.

Les travaux de MM. Cadet-Gassicourt (1) et Orfila ont diminué le nombre des substances que l’on considérait comme contre-poisons. On ne donne plus ce nom qu’aux substances qui ont la propriété de neutraliser l’effet des poisons en se combinant avec eux dans l’estomac, en les décomposant et en donnant naissance à de nouveaux produits non vénéneux.

Dans tout empoisonnement on distingue deux périodes : dans la première, le poison vient d’être avalé et n’a agi encore que sur les organes avec lesquels il s’est trouvé en contact immédiat; dans la seconde, le poison est entré dans la circulation et a déterminé une maladie générale qu’il faut traiter par les moyens ordinaires. Le contre-poison n’a réellement d’efficacité que dans le premier cas.

Après avoir, à l’aide des vomissements, fait rejeter une partie du poison, on a recours, selon la nature de celui que l’on a à combattre, à l’un des antidotes suivants :

1. — Poisons irritants, déterminant l’inflammation des parties

qu’ils touchent.

Poisons.

Contre-poisons.

1 Acides concentrés Eau de chaux, de savon, magnésie cal-

caire.

2 Alcalis concentrés , Vinaigre, jus de citron*

3 Préparations mercurielles. . . . Blanc d’œuf, lait.

(1) Premiers secours avant l’arrivée du médecin, par le docteur , Cadet-Gassicourt ; in-18, avec figures coloriées, Prix ; 3 fr. — Nous avons souvent eu recours à cet excellent ouvrage.

fi Arsenic et préparations arsenicales.

5 Cuivre et ses préparations. . . .

6 Antimoine et ses préparations. . .

7 Étain, bismuth, or, zinc

8 Argent et ses préparations. . . .

9 JN'itre

10 Foie de soufre

11 Baryte et ses préparations. . . .

12 Phosphore

13 Cantharides

10 Plomb et ses préparations. . ; .

Proto ou persulfure (1e fer hydraté (30 grammes).

Blanc (l’œuf.

Décoction de noix (le galle, de quinquina. Lait.

Sel de cuisine.

Eau sucrée en abondance, les émollients* Les mucilagineux, les antiphlogistiques.

Sulfate de soude, sulfate de magnésie.

Les mucilagineux, la magnésie, etc.

L’huile d’olives, les mucilagineux.

Sel de Glaubcr ou sulfate de soude.

L’hydrate de magnésie peut généralement être employé dans les cas d’empoisonnement par les préparations métalliques, et particulièrement par l’arsenic.

Dans tous les cas d’empoisonnement par les irritants il faut :

4° Provoquer le vomissement en gorgeant le malade d’eau tiède, ou d’eau ordinaire à défaut d’eau tiède; se garder avec soin de recourir aux substances émétiques, qui augmenteraient l’inflammation;

2° Administrer le plus tôt possible le contre-poison indiqué;

3° Après l’expulsion du poison contenu dans l’estomac, faire boire une décoction mucilagineuse (racine de guimauve ou graine de lin) ;

4° Appliquer sur le ventre des linges trempés dans le même liquide tiède et continuellement renouvelés;

5° Ce qui vaut mieux encore, mettre le malado dans un bai tiède.

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