ANÉMONES
Il y a un grand nombre d’espèces d’anémones ; elles se distinguent
par la beauté et la variété de leurs couleurs. Pour être belle, la fleur doit avoir au moins 6 à 8 centimètres de diamètre, une forme bien régulière, être parfaitement [double, de couleur tranchante et bombée en bouton. La fig. 68 représente une anémone à fleur régulière. Elle se multiplie de semis ou par séparation des griffes aussitôt après l’arrachage, qui a lieu quand les tiges sont jaunes ; plus tard la division serait impossible. On sème les graines, récoltées sur des fleurs semi-doubles de belle forme et de belle couleur, au printemps, sur un ados bien exposé et garni d’excellent terreau passé au tamis. Les graines d’anémone ne doivent pas être enterrées, mais seulement cou-
il U
vertes, de mousse hachée. On arrose, on sarcle et on éclaircit; la première année, le plant de semis ne fleurit pas. Lorsque la tige est desséchée, on arrache les jeunes griffes, qui dans cet état se nomment pois; on les met dans un panier ou dans un crible que l’on plonge à plusieurs reprises dans l’eau pour bien détacher toute la terre, les insectes et les portions de feuilles mortes ■ qui se trouveraient entre les doigts ou divisions des griffes. On les I fait sécher ensuite et on les conserve dans un endroit aéré ; on les I replante en octobre, dans une plate-bande abritée du nord; on les couvre pendant les grands froids , en ayant soin de' donner de l’air lorsque le temps le permet.
On peut aussi planter les jeunes griffes au printemps ; dans ce cas elles fleurissent plus tard. Le terrain qui les reçoit doit être parfaite- I ment ameubli et fumé avec un engrais très-consommé. Pour les plan- il ter, on trace, à 1 5 centimètres de distance, des rayons assez profonds dans lesquels on dispose les griffes de manière que l’œil placé en haut soit à fleur de terre ; on recouvre les racines avec la terre du rayon, et l’on répand sur le tout 4 à 5 centimètres de terreau. Quand on ne plante qu’au printemps, il faut conserver les griffes dans un lieu sain et à l’abri des fortes gelées, et les séparer par couleurs. À cet effet on aura soin de les numéroter comme je l’ai indiqué pour les semis, afin de varier les couleurs au moment de la plantation.
Les semis donnent toujours un grand nombre d’anémones simples ; on ne conserve que les griffes de celles qui réunissent les qualités l exigées des anémones de collection. On continue à les reproduire par le même moyen.
Dans un jardin purement fleuriste, il faut apporter à la classification des anémones et des renoncules, qui se cultivent exactement de la même manière , un ordre parfait, afin de les assortir par couleurs et par grandeurs lorsqu’on les met en place. Dans un jardin sans luxe, il suffira d’avoir quelques-unes des variétés les plus belles.
Les anémones font un charmant effet lorsqu’on réunit, dans un petit compartiment circulaire, plusieurs griffes à fleurs de différentes couleurs.
Anémone à œil de paon. — Fleur cramoisi clair, verte au centre. Floraison très-précoce. Indigène du midi de la France.
Anémone à fleurs bleues. — Terre franche. Fleurs en mars et avril.
Anémone à fleurs en ombelle. —Racines vivaces. En mai , fleurs blanches à disque jaune. Analogue aux narcisses.
Anémone pulsatille (fig. 69). — Fleur assez grande, d’un bleu violacé, produisant un bel effet. Cette anémone peut réussir dans une terre sèche et aride.
Anémone hépatique. — Plante vivace, peu élevée, charmante; elle donne en février et mars une multitude de jolies fleurs blanches, roses ou bleues , simples ou doubles , selon la variété, d’un effet très-agréable en bordure; la bleue double est très-recherchée. Multiplication d’éclats en automne ou pendant la floraison. Il faut ies couvrir d’un peu de litière en hiver.
Toutes les anémones peuvent être cultivées en pots, mais alors il leur faut de la terre de bruyère ou au moins une terre très-légère et mêlée d’excellent terreau ; les pots se mettent en terre à bonne exposition. On les tire de cette espèce de pépinière au moment de la floraison.