IV. De l'âge du porc
Lorsque les dents du porc ont fait leur évolution complète, elles sont à cliaque mâchoire au nombre de 22, dont 6 incisives, 2 crochets et 14 molaires.
Des inci\ii'es et des croche ts. Les incisives de la mâchoire supérieure n'ont ni la même forme ni la même grandeur que celles de la mâchoire inférieure. Quatre d'entre elles, les pinces et les milo3ennes, présentent la même conformation et sont enchâssées les unes contre les autres, tandis que les coins sont écartés des mitoyennes dont ils diffèrent par leur forme et leur grandeur.
La partie libre des pinces et des mitoyennes est courte, épaisse et courbée en arrière. La face externe est siriée et noirâtre dans les premiers temps après l'éruption ; mais, plus tard, elle acquiert de la blancheur et du poli.
La table, disposée sur un plan oblique, présente, comme dans le cheval, une cavité dentaire extérieure dont le fond est noir, et dont le bord externe est plus élevé que l'interne. Le rasement de cette table est constitué par l'usure de ces bords, leur dépression et l'effacement de la cavité qu'ils circonscrivent.
Les considérations pour la racine de ces dents sont les mêmes que pour les autres animaux.
Chaque coin supérieur situé dans l'espace compris entre les mitoyennes et le crochet est court, droit et fleurdelisé.
Les incisives caduques de la mâchoire supérieure diffèrent des remplaçantes, par leur moindre volume et par la position plus en arrière de la dent du coin qui met quelquefois obstacle à la sortie du crochet. L'indication dans ce cas est de l'arracher.
A la mâchoire inférieure les C incisives sont implantées l'une contre l'autre. Les pinces touchent les mitoyennes, mais les débordent un peu, et les coins sont à quelque distance des mitoyennes. Bien différentes des incisives supérieures, les inférieures arrondies et prolongées en avant ne présentent pas de table à proprement parler; leur extrémité irrégulière offre seulement une espèce d'avalé sur laquelle sont creusées deux cannelures longitudinales bien dessinées; mais elle n'est pas circonscrite par un relx)i'd saillant , comme dans les didaciyles et le chien.
Les coins inférieurs ne diffèrent des pinces et des mitoyennes que par leur moindre •volume.
Les crochets ou les crocs sont situés, comme dans le chien, entre les coins et les molaires. Ceux de la mâchoire supérieure, plus gros, mais moins longs que ceux de l'inférieure, sont courbés en arrière et en dehors, et frottent par leur face antérieure contre le crochet inférieur. A mesure qu'ils s'allongent, ils soulèvent la lèvre et se montrent en dehors de la gueule. La face interue de ces crochets est cannelée.
Les deux crocs de la mâchoire inférieure croiseiit les supérieurs en j)assant par devant. Ils sont dirigés aussi en arrière et en dehors, et peuvent, avec l'âge, acquérir un très-grand développement. Les crochets caduques sont en général très-petits relativement à leurs remplaçans.
Eruption et usure des incisives et des crocs.
A la naissance, les coins et les crochets des deux mâchoires sont sortis.
A trois ou quatre mois, le cochonnet est muni de toutes les dents de lait.
A six mois, chute des coins de la mâchoire inférieure ; sortie des coins de remplacement ; les pinces et les mitoyennes caduques sont un peu usées.
A dix mois, chute des coins supérieurs ; sortie des coins de remplacement; chute du crochet inférieur.
cn.vp. 2. DES RORF.S
A onze mois, rcniplaceinenl des crochets
<le lait par ceux d'adulte.
De vingt mois à deux ans , remplacement des pinces caduques dans es deux mâchoires.
De deux ans et demi à trois ans, les mitoyennes d'en haut et d'en bas subissent les mêmes changemens.
A trois ans, le cochon a tout mis, et il a la gueule faite. Les pinces sont noirâtres, chagrinées et un peu usées par le bout.
Après celle époque, les renseignemens sur l'âge du cochon pourraient être fournis par l'étude du rasement de ses incisives, mais jusqu'à présent celle étude n'a pas été faite.
Section iv. — Des robes.
On donne le nom de roi/e à l'ensemble des poils et des crins qui revêtent la peau du cheval; les poils courts et nombreux en recouvrent la plus grande surface; les crins, généralement plus longs et plus gros, n'occupent que les régions de la queue, de l'encolure du fanon, et le pourtour des ouvertures naturelles.
Rien ne serait plus important pour l'exactitude des signalemens des chevaux, que de bien, s'entendre sur les caractères que Ton doit assigner à leurs robes; mais tel esl le nombre des différences qu'elles offrent dans leurs couleurs, telle est la variété infinie que celles du ne même couleur présentent dans leurs nuances, que rien n'est plus obscur, plus vague, plus confus que la désignation de ces caractères ; car en supposant même que l'on parvint à s'accorder sur la définition de toutes ces couleurs et de ces nuances infinies, on rencontrerait encore des causes innombrables d'erreur et de confusion dans les modifications que fait subir à ces couleurs et à ces nuances l'influence des saisons, de l'âge, de l'alimentalion, de l'état de santé et de maladie.
Examinez en effet un cheval dans une saison ou dans une autre, son signalement sera presque complètement différent ; au printemps, par exemple, époque à laquelle il quitte sa robe d'hiver, les poils n'ont pas cette teinte franche et déterminée, cet aspect brillant qu'ils vont fconserver pendant l'été et qu'ils perdront de nouveau en automne pour reprendre la couleur terne et foncée qui caractérise les longs poils de l'hiver; de même, si vous avez observé un cheval dans le jeune âge, vous êtes frappé de la différence que présente, à ime époque plus avancée, la coloration de sa robe. Chez le poulain, la robe n'est pas lisse, unie, d'une couleur franche; elle est floconneuse, elle forme comme un duvet, une bourre qui, dans l'animal adulte, est remplacée par des poils plus courts, moins souples et d'une teinte mieux caractérisée; enfin, au dernier période de la vie, souvent le temps a amené de tels changemens dans la robe, qu'elle esl méconnaissable ; ainsi tel cheval gris foncé, dans l'âge adulte, meurt gris blanc, après avoir passé successivement par les nuances du ^ris sale et du gris clair.
On ne saurait nier, non plus, l'influence de V alimentation et de la santé sur la teinte de la robe. Lorsqu'im cheval est placé dans de bonnes conditions de régime et de sanlé, les poils ont un aspect brillant, la peau une souplesse
qui ne tarde pas à" disparaître lorsque les conditions changent, que le régime devient mauvais et que la santé se délabre ; c'est ce que prouve du reste la pratique de la médecine, et l'o'n sait que les vétérinaires puisent de bons renseignements sur l'état des animaux dans l'aspect que présente leur robf*.
On voit, d'après cet aperçu, que les difficultés qui surgissent dans les signalemens des chevaux naissent de deux sources : ou bien de ce que l'on ne s'entend pas toujours sur les définitions des couleurs, et sur les caractères à assigner à chaque robe, ou bien de ce que les animaux que l'on veut signaler se présentent tantôt sous un aspect et tantôt sous un autre, suivant les différentes influences auxquelles ils sont soumis; le premier de ces inconvéniens est le seul éviiable par la clarté des définitions. Nous allons donner successivement les caractères des différentes robes, sans adopter aucune classification.
§ Y\ — Caractères des robes.
a) Robe blanche. Son nom seul indique sa couleur. Espèces : l" blanc mat, couleur semblable à celle du lait ; 2° blanc argenté, reflet brillant des poils; 3° blanc porcelaine, teinte bleuâtre qui résulte du reflet noir de la peau à h-avers les poils blancs.
b) Robe noire. Espèces : \° noir franc, cou]env terne, mate, sans aucun brillant; 2° oujayct, couleur vernissée, brillante; 3" noir mal teint, teinte roussàtre des poils à leur extrémité libre ; c'est la coloration des chevaux noir franc, au printemps et en automne
c)iJo/;c/7/('-(7/?^.Caractère: couleur roussàtre des poils de toute la surface du corps. Espèces : 1° alezan clair, couleur alezane peu foncée; 2° alezan doré, reflet brillant des poils peu foncés; 3" aleznii cerise, coloration plus rouge, approchantjle celle de la cerise mûre ; 4° alezan châtaigne, teinte de la châtaigne; 5° alezan brûlé, teinte semblable à celle du cale torréfié ; ordinairement,dans cettenuance, les crins etla crinière sont d'une couleur ou plus claire ou plus foncée que celle de la robe. Dans le premier cas, on signale le cheval alezan foncé , poils de vache.
d) Robe cajé au lait. Caractère . couleur semblable à celle qui résulte du mélange du lait et du café; elle est claire ou foncée, suivant que Tune ou l'autre des teintes prédomine.
e ) Robe Isabelle. Caractères : même couleur que la robe café au lait avec teinte noire ou plus ou moins foncée des poils le long de l'épine dorsale, particularité que l'on appelle raie de mulet; crins et extrémités noirs. L'un ou l'autre de ces caractères suffit pour signaler l'isabelle, seulement on doit spécifier dans un signalement celui des deux qui n'existe pas; elle peut être claire , foncée ou dorée.
/■) Robe baie. Caractères : teinte rouge deg poils qui i^vêtent le corps ; teinte noire des extrémités et des Cï*ins. Espèces: \° bai clair, teinte peu foncée; 2° bai cerne, teinte de la cerise ; 3° bai châtain, teinte de la châtaigne ; 4° bai marron, reflet brillant du marron avec sa teinte foncée; b' bai brun, ioinVe brunâtre, c'est le bai le plus foncé; il se confond quelquefois avec le noir mal teint. Ordinairement
228 AxMMAUX DOMESTIQUES
dans celle robe, les ars, le flanc et le ventre sont moins fonces que le reste du corps : on exprime ces particularités en disant {|ue le cheval est lavé à ces régions, ou qu'il y est marqui- de jt-u; quand le boni du nez présente celle teinte lavée, on dit qu'il a le nez de renard.
^) Robe f^rise. Caractère: mélange de poils noirs et de poils blancs. £.s/)èce.', : V gris clair, prédominance dos poils blancs mais; 2» gris arf^enté , prédominance des poiis blancs argentés; 3° gris sale , mélange de poils d'un noir mal teint et des poils d'un blanc mat, avec prédominance des premiers; on dirait que la robe est couverle de ])oussière ; 4°grisJo:iré, prédominance des poils noirs; b° gris ardoisé, mélange du blanc porcelaine avec le noir, dans une telle proportion, qu'il réfléchit la couleur de l'ardoise; 6o g-is de fer, teinte brillante de la cassure du fer: elle semble résulter du mélange du poil noir jais et du blanc argenté; 70 gris élourneau: les poils noirs et les poils blancs sont l'assemblés par paquets, mais les paquets noirs prédominent et sont plus gros que les blancs qui sont rares et semés épars ; cette robe est très-rare; elle devrait être plutôt considérée comme une parlivuilarité de la robe grise ; S» gris de gri\-e ou de tourdille, prédominance en nombre et en volume des paquets blancs sur les paquels noirs; mêmes considérations.
i^) Robe souris. Caractère: couleur cendrée comme celle de la souris, avec la raie de mulet, les crins et les extrémités noirs; espèces claires ou foncées.
i) Robe Aubert. Mélange de poils rouges et
COINFORMATIOK EXTERIEURE. tsv. 11
nom des robes auxquelles le blanc est associé; on général, toutes ces espèces sont faciles à distinguer par les variantes très-remarquables des taches, surtout en spécifiant la couleur des extrémités.
Tels sont, exposés succinctement, les caractères que Ton peut assigner aux différentes robes; souvent, comme on le voit, ils ne sont pas assez tranchés pour établir entre elles des distinctions bien frappantes; souvent même ù^^xw couleurs se rapprochent tellement qu'elles se confondent, et qu'entre deux il est diffjcile d'établir une différence. C'est ainsi, par exemple, qu'il n'est pas rare de voir wn même cheval signalé alezan brûlé par les uns, et noir mal teint par les autres; tel autre sera tantôt considéré commt^ un bai brunoiicomme un noir franc; tel autre encore comme alezan
de
poi
!s blancs. Eu combinant avec la robe
blanche les différentes nuances de la robe baie, on obtient toutes les nuances variées de la l'obe Aubert.
h) Robe de mille fleurs. Caractère: les poils blancs sont rassemblés en bouquets semés sur un fond rouge.
/) R^obe de Jlcur de pécher. Caractère: les poils rouges sont rassemblés en bouquets semés sur un fond blanc.
m ) Robe lomet ou poil de loup. Les poils ont une teinte foncée à leur racine et claire à leur extrémité libre; les crins et les extrémités sont noirs; le louvet peut être clair ou foncé.
n) Robe rouan. Caractère : mélange de poils noirs, rouges et blancs. Espèces : V^ rouan clair, prédominance des poils blancs sur les noirs et les rouges ; 2° rouan Joncé^ prédominance des poils noirs ; 3° rouan vineux, prédominance des poils rouges.
Il est facile de voir quelle infinité de nuances variées il existe dans les robes rouan, puisqu'on combinant une à une, deux à deux, trois à trois les nuances de chacune des robes qui entrent dans sa composition, on obtiendra autant de robes de teintes différentes.
o) Robe pie. Caractères: mélange sans fusion de la robe blanche avec toutes les robes précédemment décrites; les surfaces blanches, plus ou moins irrégulières, plus ou moins étendues, tranchent d'une manière singulière avec la teinte de la robe. Espèces : V pie noir, mélange de plaques blanches et de plaques noires; extrémités noires; 2" pie blanc ^ exirëmilés blanches. Toutes les autres espèces tirent leur
clair ou comme cale au lait. Les caractères généraux de la robe seraient donc tout à fait insuffisans pour signaler un cheval avec exactitude, si l'on n'avait recours aux indications plus précises et moins changeantes fournies par tous les signes particuliers qu'il peut offrir dans sa robe; c'est à ces signes qu'on donne le nom de pai liculantés.
§ II. — Des particularités des robes.
lo Particularités qui peuvent se rencontrer sur toutes les parties du corps.
a) Pommelurcs. Caractères particuliers aux l'obes composées de plusieurs poils, et surtout aux robes grises. Ce sont des taches arrondies plus ou moins grandes, dont le fond est formé par une sorte de poiis, et la circonférence par une autre .sorte. La robe que l'on appelle gris pommelé est une des variétés de la robe grise avec cette particularité.
h) Miroiiures. Caractères particuliers aux robes formées par une seule espèce Cu\ pf>ils, et surtout aux baies. Ce sont des taches ai'rondies comme les pomme! ures, formées par des poils d'une même couleur, mais de nuances diflérentes, au centre et à la circonférence; ces taches se reuiarquent ordinairement sur la croupe, les fesses, les côtes et les parties latérales de l'encolUre.
r) Mouchetures. Petites taches noires semées sur la robe, qui prend le nom de tigrée lorsque les taches sont gi-andes et arrondies comme sur la peau du tigre, et de tisonnée lorsqu'elles sont allongées comme si elles avaient été tracées avec un tison.
cl) Truitures. Petites taches de poils rouges semées sur la robe. Les robes auxquelles quelques hippiatres donnent les noms de gris truiié, tigré, tisoiiné, ne sont autre cliose que des variétés de gris avec ces particnlalités.
e) Marqué de feu. S'entend de la nuance d'un rouge vif et brillant qu'ont les poiis de certaines robes au nez, autour des yeux, an poitrail, aux ars, au coude et au grasset. Ces signes sont particuliers aux robes baies foccées.
f) Lavé. Se dit de la décoloration que présentent dans quelques robes certaines régions à\x corps.
,g) Rubican. Sert à désigner la présence d'un certain nombre de f)oils blancs, qui ne sont {'as en aî-sez grande quantité sur une robe
DLS PROPORTIONS.
pour rcnipccher dêlrc dune seule couleur: mi indique par les mots iXe/ortenicnt ou légcrtnwnt rubican le uombie plus ou moins considérable de ces poils.
h)Zain.SG dit d'un cheval dont la robe n'offre aucun poil blanc. Cette parlicularilé est très-rare. •
0 Epis. Sigpes particuliers, résultant de ia direction irrcgulièrc qu alïectent les poils dans certaines régions du corps. Ces signes ne sont des caractères distinclifs et d'une indication utile cprautanl (ju'ils existent dans des régions où Itur présence est rare. On les nomme cpis concentriques ou comergens lorsque les poils qui les forment se rapprochent par leurs pointes, et excentriques ou ilivergens si les poils s'écartent en laissant à nu la peau du centre.
j) Ladre. Inditiue la décoloration de la peau et sa déumialioa dans certaines régions du corps.
2" Purlicularilés de la tête.
a) Cap de maure. Couleur noire de la têle, avec une coloration différeule (!u reste de la robe. Particularité propre au gris, au rouan et au louvet. Lavecet de maure., qowX^wv Vidw^ ., seulement depuis le milieu du chanfrein jusqu'à l'extrémité inférieure.
h) Nez de renard. Présence de darques de feu au nez et aux lèvres.
c) l]Jarcjue en tête. Tache blanche assez large, sans forme bien déterminée, su*- le milieu du front; elle reçoit le nom de pelote lorsqu'elle est peîite et arrondie; (ïcloile, quand elle est anguleuse. Lorsque cette tache se prolonge sur le chanfrein jusqu'au bout du nez, sans se répandre sur les iaces latérales de la tète, on l'appelle lisse ou liste en tête. Si à ce signe se joint la marque en têle, la pelote ou l'étoile, on dit que le cheval est marqué eu tète avec une liste. Si cette lisse n'est pas continuée dans toute son étendue, on dit qu'elle est interrompue ; si la liste se prolonge des deux côtés sur les Joues, le cheval est appelé àel/e Jace, itX, demi-belle face quand elle se prolonge d'un seul côté. Lorsque la belle face s'étend jusque sur les paupières, l'œil est nommé xmiron.
d) Boiie dans so.i blanc, exprime que le cheval a des taches de ladre sur les lèvres. On indique que ces taches existent sur les deux lèvres ou sur une seule, (;n disant que l'animal est buvant dans son blanc complètement ou incomplètement.
c) Moustaches. Deux touffes de poils qui existent à la lèvre supérieure.
3° Particularités du tronc.
a) Baie de mulet. Raie noire ou de couleur plus foncée que la robe, s'étendant depuis le garrot jusqu'à la queue : particularité des robes isabelie et gris de souris.
b) Ventre de biche, ventre lavé.
4° Particularités des membres.
a) Balzanes. Taches blanches qui existent à l'extrémité intérieure des membres. Elles peuvent exister à un, deux , trois ou quatre membres. On les indique par le nom du membre ou du bipède qu'elles occupent, ou, si elles existent à trois membres, on les fait connaître en disant : trois balzanes, dont une antérieure ou postérieure, gauc/ie ou droite.
Sous le rapport de l'étendue, la balzane est
appelée balzane propn ment dite, ou simj)lement balzane quand elle ne remonte pas au dessus du boulet; grande balzane., lorsqu'elle occupe le canon; balzane haut-chaussée., lorsqu'elle s'étend au genou et au jarret; enfin , balzane très - haut -chaussée, si elle envahit l'avant-bras ou la jambe. On nomme balzane incomplète ou balzane dt mi-circulaire, celle qui ne fait pas le tour entier de la couronne, k\. principe de balzane, une tache blanche peu étendue sur cette région.
Les balzanes peuvent être mouchetées.
Imitées . lachelées et enfin herminèes ; c'est ainsi qu'on les nomme lorsqu'elles présentent des bouquets de poils noirs termmés en pinceau à leur extrémité, comme ie sont les taches de l'hermine.
b) Zébrures. Taches noires allongées, disposées transversalement autour de la jand^e, de l'avant-bras et sur l'épaule.
Si£CTio.\ V. — Des proportions.
Après avoir étudié chacune des régions du corps en particulier, et trouvé pour chacune d'elles quelles sont les conditions de forme les plus favorables au but qu'elle doit remplir, le problème de l'extérieur n'est pas encore résolu. Il reste à rechercher comment toutes ces parties, supposées toutes isolément dans les conditions de forme les plus i'avorai)!es, doivent se combiner et s'associer (our constituer un tout hai'monique ; en d'autres termes, il reste encore à résoudre la question de savoir quelles doivent être les formes relatives de ces parties, et à trouver les règles de leurs proportions. La solution de celle question nouvelle va nous donner la clef de l'énigme de la beauté du cheval, et, coirime le dit Bourgelat , nous faire deviner ce qui plaît si fort dans un animal que, d'un aveu commun, l'on considère comme beau; car la beauté d'apparence réside dans l'exactitude et la justesse des proportions, qui ne sont aijtre chose que les rapports harmoniques de toutes les parties enti'e elles.
BoxjRGELAT cst le premier et le seul des auteurs d'hippiatrique qui ait fait un systèm.e ra'sonné sur les proportions du cheval. Pour comparer entre elles les différentes pai'ties du corps et évaluer leurs dimensions relatives, il a pris comme unité de mesure qui peut être indistinctement propre à tous les chevaux, la longueur de latète mesurée entre deux lignes parallèles, l'une tangente à la nuque, l'autre à l'extrémité de la lèvre supérieure; puis, appuyé sur une longue séiie d'observations confirmées par le raisonnement.il posa ce principe géiiéral dans lequel réside la beauté du cheval , ciue la tète doit être comprisecleux Jois et demie dans la longueur de son corps , mesurée de la pointe de t'épaule à la point:; de la fesse ; et deux Jois et demie dans sa hauteur, mesurée du sommet du garrot à terre.
Ainsi, tout cheval bien conformé doit être inscrit dans un carré parfait ; et pour prouver que ce principe est juste, il suffit de démontrer les inconvéniens de toute autre conformation.
Si nous admettons, par exemple, qu'il y ail excès de la longueur du corps sur la hauteur,
ANIMAUX DOMESTIQUES : COi^FORMAÏIO.^ EXTÉPJEURE.
il devra nécessairement en résulter une perle do vitesse dans 1(!S allures, puisque la foulée des membres postérieurs ne recouvrira pas celle des antérieurs, et qu'à chanue pas il y aura retard datis la progression tle tout l'espace compris entre ces deux foulées ; mais en outre, cette grande longueur de la colonne vertébrale, impliquant sa flexibilité, doit encore avoir pour conséquence tous les inconvéniens que nous avons signalés en parlant du dos ensellé.
L'excès de la hauteur sur la longueur, en d'autres tei'mes, la trop grande brièveté du corps entraîne des conséquences tout à fait inverses. Avec ce défaut de proportions les ctllnres doivent être nécessairement plus rapides, puisque la foulée des membres postérieurs dépasse celle des antérieurs; mais le clieval ainsi conformé est exposée /b/,i,'^(?/- et à s'atteindre le tendon ; à chaque instant, il est menacé de chute, parce qu'; les membres antérieurs ne peuvent se dérober assez tôt sous le poids du corps, pour étayer le centre de gravité trop rapidement déplacé. Enfin, comme nous l'avons indiqué, en parlant du tlos (le mulet, il est peu souple dans les mouvemens, et a les réactions très-dures. Admettons maintenant que l'animal soit trop élevé du derrière et ti'op bas du devant. Par le fait même de cette disposition, les extrémités anrieures surchargées ne pourront que se dérober difficilement sous le poids du corps. Les posléi'ieures, au contraire, se trouveront dans les conditions les plus favorables pour la rapidité de leurs actions. De là, conséquemment. les dangers pour l'animal de forger, de s'atteindre, de butter et de tomber.
Lorsqu'au contraire l'animal est élevé du (levant et bas du derrière, les allures sont raccourcies, car les membres postérieurs surchargés ont moins de force pour imprimer à la masse son impulsion progressive.
La tête, que nous avons prise pour unité de mesure, peut elle-même pécher par un défaut de proportion; elle peut être en effet ou trop courte ou trop longye par comparaison avec le corps de l'animal. Pour s'assurer de ce défaut, il suffit d'apprécier si sa longueur géométrale est comprise plus ou moins que deux fois et demie dans la hauteur et dans la longueur du corps. Si la tête est trop longue, elle surcharge les parties antérieures, et pèse à la main du cavalier. Si elle est trop courte, l'effet du balancier qu'elle représente avec l'encolure est en partie annulé. Dans les chevaux de selle, il résulte de ces défauts de proportions de la tête, des inconvéniens dont ou parlera en traitant de l'embouchure du chev3l.
Le principe fondamental que nous venons d'énoncer est le seul, dans le système des proportions, dont le raisonnement ait démontré la justesse, le seul conséqueminent qui soit admissible. Si l'on veut, en effet, comme BouRGELAT l'a indiqué, diviser l'unité de mesure en primes ei en points, et chercher à évaluer prime par prime et point par point les dimensions relatives que doit avoir chaque partie, on est conduit ainsi à des con 'Insions \r. plus souvent arbitraires, et quelquefois tout à fait erronées. Si l'on admet, par exemple, avec ce célèbre hippiatre, que le
genou bien conformé doit avoir dans sa largeur seulement la moitié du tiers de la longueur entière de la tête, on est amené par là à considérer comme défectueux un genou qui présentera de plus grandes dimensions, et cependant il est bien démontré par les lois physiques que le genou ne saurait être trop large; il en est de même pour le jairet, pour toute autre articulation, et si l'on veut être fidèls aux principes du système, on sera conduit à cette étrange conclusion : que lorsque les rouages d'une machine se trouvent dans les conditions les meilleures pour produire le plus d'effet possible, ils sont cependant mal construits.
Le sy.stème des proportions a encore le défaut d'établir une similitude complète entre tous les chevaux; en sorte que, quels que soient leur volume, leur taille et l'ensemble de leur conformation, néanmoins ils doivent tous avoir leurs différentes parties proportionnelles; car telle est la propriété géométrique des choses semblables. Or, si l'on admet celle assertion, on est encore conduit à cette conclusion faussQ, que l'avanl-bras du clieval de manège doit être à l'avanl-bras du cheval de course, comme le canon du premier est à celui du second. Tandis que nous avons démontré que les rapports entre ces deux régions devaient être, dans l'un el l'aulre cheval, tout à fait inverses.
Nous pourrions citer beaucoup d'autres exemples, pour prouver que le système des proportions est dans ses détails tout à fait inapplicable, et qu'on ne saurait, du moins pour ce qui concerne la vétérinaire et le choix desanimaux, assignerd'une manière fixe et durable des dimensions relatives aux différentes régions du corps.
Section vi. — Des aplombs.
On entend en extérieur, sous le nom ù'aplomb, la répartition régulière du poids du corps sur les quatre extrémités; je dis régulière el non pas égale, parce que le centre de gravité dans les animaux, se trouvant plus l'approché des membres antérieurs, doit les surcharger davantage qiio les postérieurs; nous avons vu du reste, en examinant leur conformation, que les premiers étaient plus favorablement disposés pour représenter des colonnes de soutien, tandis que les seconds pouvaient être plutôt comparés à de véritables ressorts destinés, par leur détente, à communiquer à la masse son impulsion en avant.
On s'assure de la régiilarilé des aplombs dans les membres en comparant leur direction avec celle de certaines lignes verticales appelées lignes d'aplomb, qui, dans l'état le plus parfait de conformation, indiquent quelle doit être sous le corps la position des colonnes de soutien, pour que le poids en soit réparti iVgulièrcment sur elles; et quelle doit être aussi dans chaque membre la disposition des pièces osseuses pour que toutes portent exactement les unes sur les autres, et que le poids dont elles sont chargées se trouve régulièrement distribué sur la face plantaire du pied.
Le tableau suivant indique la direction des lignes d'aplomb, et les inconvéniens (pi'eivtraine l'interversion de celte direction.
UKS APLO:\JBS.