DES PANSEMENS
duit de maoière à la contourner, on sort l'aiguille, on réunit les extrémités du fil par un nœud que l'on serre et dans lequel se trouve ainsi compris, avec le vaisseau, une partie des tissus au milieu duquel il est plougé. C'est pourquoi on appelle ligature médiaie cette ligature qui n'agit pas directement sur les parois du vaisseau. La première, dont j'ai déjà parlé, étant appliquée sur le vaisseau luimême, est dite Ligature immédiate. On conçoit facilement qu'il est nécessaire de serrer davantage une ligature, quand elle ne peut éli'e appliquée que médiatement.
Quelle que soii celle de ces deux ligatures qu'on ait mis en usage, il n'est pas nécessaire de la retirer. Si «Wles ont été bien faites et convenablement serrées, elles tomberont seules par l'effet delà suppuration, au bout d'un teuips variable, et seulement après la cicatrisation du vaisseau.
Je le répète, ce que je viens de dire des moyens d'arrêter l'écoulement du sang, s'ap plique aussi bien aux hémorragies qui sont le résultat d'une ojiératiou qu'à celles qui surviennent à la suite d'un accident.
§ II. — Des pansemens.
La plupart des opérations ont produit sur les parties où elles ont été pratiquées, une plaie plus ou moins étendue et profonde. Ces plaies, aussi bien que celles qui résultent de blessures accidentelles, exigent des soins particuliers jusqu'au momeul de la guérison. Ces soins constituent ce qu'on appelle les pansemens.
Les pansemens , en chirurgie, consistent donc dans l'application qu'on fait aux parties blessées des moyens propres à hâter leur guérison.
Le premier pansement qu'on applique sur une plaie, s'appelle le premier appareil. Poser ou le^'er le premier appareil., c'est procéder à l'application et à l'enlèvement du premier pansement.
Le but isolé ou simultané des pansemens est, da.is les cas les plus simples, d'abriter les plaies du contact de l'air et des corps extérieurs; de les soustraire à l'influence des variations de température; d'absorber le pus, soit pour l'empêcher de salir ou altérer les parties environnantes sur lesquelles il s'écoulerait, soit pour prévenir son absorption. Dans des cas plus complexes, leur importance augmente: alors, ils ont pour effet, tantôt de calmer ou exciter les plaies, suivant les indications; tantôt d'en rapprocher ou écarter les bords; tantôt de les comprimer plus ou moins fortement suivant le besoin, etc.... De telle sorte que, à la suite de certaines opérations, la méthode plus ou moins rationnelle qui préside aux pansemens a, sur la promptitude et la perfection de la guérison, une influence presque aussi grande que l'opération ellemême. Quelques maladies de pied, et bon nombre de fractures, pourraient en fournir des exemples.
Ce simple aperçu de leur utilité suffit, assurément, pour mériter aux pansemens une importance que sont assez généralement loin de leur accorder les propriétaires de bestiaux.
1" Matières de pansemens.
Les objets qui servent aux pansemens sont en général : 1" de Véloupe ; 2" une ou plusieurs ligatures en ruban; 3" des enveloppes de toile; 4" de l'eau tiède.
L'i^/o/z/^e remplace, en chirurgie vétérinaire, la charpie ou les compresses graduées dont se servent les chirurgiens de l'homme. La meilleure est celle qui est fine, douce et bien nettoyée. Quelquefois on s'en sert avant l'application du pansement pour nettoyer les plaies du sang ou du pus qui les recouvrent, alors on l'emploie sans lui donner de forme particulière. Le plus souvent on lui donne la forme de petits coussins plus ou moins grands, épais ou allongés, qu'on nomme plumai. s eaux ; dans ce cas, elle tait partie de l'appareil du pansement, dont elle constitue la partie principale; par la superposition de ces coussins, elle permet détabiir sur la plaie la compression jugée nécessaire. D'autres fois, et dans le même but, mais sur des plaies plus inégales ou plus étroites, on forme avec l'étoupe de petits globes très-légers qu'on nomme boulettes. Dans quelques circonstances, on dispose l'étoupe en pelotes ovoïdes de la grosseur du petit doigt, pour l'introduire dans des plaies étroites dont on veut maintenir ou agrandir l'ouverture ; ces pelotes s'appellent des bourdonnets. Enfin, quand on veut maintenir l'étoupe sur des plaies très-superficielles et suppurant peu, qu'on ne veut ou qu'on ne peut pas recouvrir a un pansement ordinaire, on coupe l'étoupe en petits filainens trèscourts {élouj.'e hachée) qu'on applique sur cette plaie, à la surface de laquelle elle se colle. Sous la forme de plumasseaux ou de boulettes, l'étoupe peut être employée sèche, ou recouverte ou imprégnée de substances médicamenteuses.
Pour les plaies qui consistent en de longs conduits fistuleux à deux ouvertures, on se sert de longues mèches de chanvre ou de lin, qu'on peut aussi employer sèches ou chargées de médicamens.
On appelle bande ou ligature., en chirurgie vétérinaire, le ruban de fil bis ou blanc, large d'un ou 2 pouces, dont on se sert pour entourer, maintenir ou serrer l'étoupade à la surface des plaies.
Les enveloppes sont des pièces de grosse toile, auxquelles on a donné des dimensions et des formes en rapport avec les parties sur lesquelles elles doivent être appliquées. Elles servent ordiiiairemeut à recouvrir un appareil déjà soutenu par la ligature, afin de prévenir son dérangement ou sa pénétration par des corps étrangers. Elles sont maintenues elles-mêmes, soit par des liens cousus à différens points de leurs bords, soit, comme cela se pratique le plus souvent au pied, par des liens qui les entourent.
2° Instrumens de pansemens.
Les instrumens dont il est généralement utile d'être pourvu pour procéder à l'application d'un pansement ordinaire, sont nae paire de ciseaux, droits ou courbes, une sonde à spatule canneli'e et boutonnée., une paire dt
AMMAUX DOMESTIQUF.S : CHIRURGIE.