‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 212 sur 325 · III · texte numérisé non relu

III

Quantité et qualité de la nourriture à donner aux bestiaux.

A.Les animaux dont on tire parti doivent recevoir pins d'alimens qu'il ne leur on faudrait ^ pour s entretenir dans le même état, c'est-àdire plus que la simple ration ordinaire d'entretien; car tous les produits qu'ils donnent, soil en travail, soit en lait, en laine, en vian le, ne peuvent être créés que par la quantité d'a- Jimens qui est en sus de la ration d'entretien; de la aussi ce principe, qu'un petit nombre d animaux bien nourris rapporte davantage qu'un grand nombre mal nourris, la ration d entretien n'étant d'aucun produit pour le cultivateur. Un simple calcul le |)rouvera suflisamment : en donnant à une vache de moyenne taille 12 livres de loin par jour, on la conservera dans le même état; elle ne maigrira ni n engraissera, maiselle ne donnera aucun produit, saul le fumier, par conséquent les 12 livres de foin seront à peu près perdues. Si, au contraire, on lui en donne 20 livres, on en obt.endra 6 à 7 litres de lait qui paieront la nourriture eu tout ou en majeure partie. Le même calcul s'applique aux autres bestiaux, soit de rente, soit de travail. Aussi dit-on avec raison : Bien nourrir coûte, mais mal nourrir coûte bien davantage.

La quantité de 3 livres de foin pour chaque quintal du poids vivant de l'animal, quantité qu indique Burger, paraît être une moyenne assez généralement applicable à tous les animaux dont on tire parti, excepté pour ceux quon engraisse. M. de Dombasle a trouvé, il est vrai, que la ration d'entretien pour un lot de moutons pesant 438 livies était de t.', livres de foin, ce (jui fait à peu près 3 livres 5/12" par quintal ; mais ii faut observer ici que la ration d'enlrelien était en même temps une ration de production pour la laine.

Du reste, lorsque les produits ne sont pas de la graisse, ou ne doit j)as dépasser une certaine limite dans la ration de production, sans çiuoi une partie de cette ration est employée a produire de la viande au lieu de travail," de lait ou de laine cpie l'on a en vue.

B.II doiiy avoir un rapport convenable entre le volume et la faculté nutritive des alimens.

Tous les animaux, surtout les ruininans, demandent à avoir l'estomacrempli jusqu'à un certain point; et une nourriture qui, avec une grande valeur nutritive, aurait un trop petit volume, leur conviendrait tout aussi peu, seule, que celle qui pécherait par l'excès contraire. Ainsi, on réussirait tout aussi mal en ne donnant que du grain qu'en ne donnant que de la paille. M. Block a trouvé que, pour une vache de taille moyenne, le volume normal était de 2,7 pieds cubes en hiver (avec du loin ) et 3,3 pieds cubes en été (avec du fourrage vert ).

Cil doit également exister un rapport convenable dans la nourriture entre les substances solides et l'eau.

La proportion convenable varie selon l'espèce de bétail; mais la quantité d'eau ne doit jamais être assez forte dans la nourriture pour H-iie les animaux soient d'orilinaire dispensés

ÉCONOMIE DU BÉTAIL. i.iv. ni.

de boire, parce que dans certains cas (par wuG température humide, par exemple) les bêtes se trouveraient forcées, pour se nourrir» <le prendre plus de liquide qu'il ne leur convient. Si une trop forte proportion de substances sècbes peut les disposer à des obstructions et à des maladies inflammatoires, l'excès, contraire leur est encore plus nuisible en relâchant et en affail)lissant leurs organes digestifs. Les bêtes qui donnent du lait exigent en général des alimens plus aqueux que les autres.

D.Le bon effi-tet >a valeur nutritive des alimens se trouvent augmentés par un emploi convenable, par des mélanges appropriés, par la variété et par une bonne préparation.

Tel fourrage qui a beaucoup de valeur pour l'engraissement en a peu pour des vaches laitières; tel autre qui, seul ou sans préparation, nourrit peu, devient fort bon lorsqu'il est bien prépaie ou mélangé avec un autre aliment dune nature différente. C'est par des mélanges semblables que l'on peut faire consommer avec avantage des alimens trop ou trop peu substantiels, trop aqueux ou trop secs et ligneux.

E. lie passage d'une nourriture usitée depuis longtem|)s à une autre à laquelle le bétail n'est pas habitué, ne doit avoir lieu que progressivement et avec j)i'écaulion.

Les heiiies de repas doivent être autant que possible réglées, et, lorsqu'on le peut, on. lâche de donnei- pendant toute l'année une ration uni forme, eu égard aux besoins de l'animal et aux services qu'il rend.

Ainsi, pendant l'hiver, il n'est pas nécessaire de nourrir les chevaux aussi fortement que pendant l'époque des travaux; dans cette même saison, on trouveia souvent de l'avantage à peu nourrir les vaches laitières, sauf à ne pas les traire. Mais dans aucun cas on ne doit réduire la nourriture au-dessous de la ration d'un bon entretien, de même qu'il faut éviter de tomber dans l'excès contraire pour toutes autres bêles que celles à l'engrais. En général, les variations trop grandes et surtout brusques, dans la (luantilé comme dans la qualité de la nourriture, sont toujours nuisibles.

Pour ce qui est de la distribution de la nourriture, il est dilticile de donner à cet égard des principes applicables à tout bétail. On peut dire cependant qu'en général, il faut éviter de faire manger et surtout boire les animaux immédiatement après une course ou autres mouvemens violens et continus et lorsqu'ils sont en sueur; cpi'il est bon de donner, lorsque cela se peut, [)lusieurs espèces d'alimens dans chaque repas, et commencer par les alimens de moindres qualités pour donner vers la fin ceux dont le bétail est le plus avide ; qu'il faut faire consommer avant de boire les substances afjueuses, et donner après tout ou portion des meilleurs alimens composant le repas, |)our le terminer par de la paille entière ou du foin; qu'enfin, on ne doit présenter à l'animal qu'une petite quantité de nourriture à la fois.

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