IV. ni
plates-longes, qui, accolées aux traits, passent dans leurs fourreaux, et vont se fixer aux crochets qui les terminent.
Cet appareil de reculer est très -important dans le harnachement du cheval de cheville, parce qu'il permet de l'utiliser dans les descentes, pour aider le limonier à arrêter par sa résistance la rapidité du mouvement que l'inclinaison du terrain fait acquérir à la voiture.
Pour produire ces effets, le cheval de cheville doit être att<iché par ses plates-longes a. des cordes ou à des chaînes disposées en arrière du charriot. On met son avaloire en rapport avec les guides, en les unissant ensemble au moyen d'une courroie que l'on boucle avec elles et qui passe dans un anneau placé en avant de la selle. En faisant par cette disposition éprouver au cheval la sensation de son mors, on le détermine à s'acculer sur son avaloire et à opposer ainsi au mouvement de la voiture une résistance qui lui est transmise par les plates-longes du reculement.
Lorsque la voiture doit parcourir des pays montueux dont les pentes sont très-rapides, l'appareil de reculement est indispensable dans le harnachement de tous les autres chesaux de volée, afin qu'il soit possible au conducteur de l'ccourir à leur aide dans les descentes à pic, pour soulager le cheval de limon, qui sans leur seeours pourrait être entraîné par la rapidité de la voiture et écrasé sous son poids.
L'emploi des chevaux de retraite est plus efficace dans les descentes que tous les autres moyens d'enrayement que l'on met en usage : et, en effet, outre qu'ils produisent le même résuliat que l'enrayement, ils contrebalancent, en agissant en arrière de l'essieu, à l'extrémité de la voilure comme sur un bras de levier, une grande partie du poids qui exerce sur la dossière dulimonier une action dont l'intensité se trouve en raison directe même de l'inclinaison du terrain. Enfin, en dernier lieu, ils ont pour utile effet de s'opposer à la violence des cahots.
Le harnachement des autres chevaux de volée ne diffère de celui du cheval de cheville que par l'absence de l'avaloire lorsque les accidens du terrain ne rendent pas cet appareil nécessaire dans la localité que parcourt la voiture.
§ VII. — Du harnaclieinent des chevaux dans les attelages par accouple.
Les chevaux sont dits attelés par accouple, lorsqu'ils sont attelés deux à deux pour traîner une voilure à deux ou à quatre roues.
Le harnachement des chevaux placés de chaque côté du timon de la voiture dans cette sorte d'attelage, diffère du harnachement ordinaire par son collier, par son avaloire principalement et par l'addition d'un nouvel appareil désigné sous le nom de col' leron ou cravate. Le collier ne présente d'antre différence que la fixité d'attache des traits à ses bracelets et l'addition à ses deux attelles d'un atuieau nommé houcleteau, dans Itîquel passent de chaque côté les plates-longes de l'avaloire.
Quant à la différence de ce dernier appa
CHAP. 9. DE Ll CONFECTION DES HARNAIS
reil, elle consiste en ce que les plaies-longes, api'ès avoir passé clans le boucleleau, vont se réunir toutes deux à une chaîne, qui, atlachée à rextréniilé dutiii.on, transmet à la voiture, soit les mouvemens en arrière que les chevaux lui impriment, soit la résistance qu'ils lui opposent.
Lecolleron n'est autre chose qu'une bande de cuir qui entoure le cou de l'animal et se termine par une anse, au moyen de laquelle elle emb/asse l'exlrémilé d'une barre transversale suspendue par une chaîne de fer à l'exlrémité et au-dessous du timon. Cet appareil est utile tout à la fois pour soutenir les chevaux dans les descentes et pour les aider à retenir la voiture : il ajoute avantageusement à l'effet de l'avaloire.
Les chevaux de volée, placés en avant de la flèche, ne diffèrent dans leur harnachement que par l'absence de l'avaloire.
§ Vin. — Du harnachement des chevaux de bateaux.
Le harnachement du cheval de hala8;e diffère du harnachement ordinaire principalement par l'absence d'avaloire etparTaddiiion, à son ensemble, de plusieurs parties nécessaires au service que remplit cet animal.
Les attelles du collier donnent attache, audessus des bracelets, à deux cordes qui se croisent sur les reins et se terminent derrière les fesses à un palonnier qu'elles supportent. Cet appareil reçoit le nom de porte-harnais .
Les traits de ce harnachement ne diffèrent des traits ordinaires que par leur brièveté; ils ne dépassent pas la longueur de l'animal et s'attachent au palonnier supporté sur les fesses par le porte-harnais. Ils ont tous les accessoires ordinaires.
La sellette est remplacée par un harnais 'd\)^ki\é panneau, espèce de petite selle dont les bords, relevés en avant et en arrière, impriment à sa face supérieure une courbure qui forme le siège du conducteur des chevaux.
Enfin, un accessoire indispensable du harnachement de halage est la dague, couteau à deux tranchans suspendu dans un étui en arrière de l'épaule gauche du cheval qui occupe la gauche de l'attelage, c'est-à-dire qui est le plus éloigné du bord du fleuve, car c'est ordinairement sur !a rive droite que marchent les chevaux attelés aux bateaux.
Cette dague sert à couper les cordes d'attelage lorsque les chevaux entraînés en arrière par la force du courant sont menacés d'être précipités dans le fleuve.
Section ii. — De la confection des harnais et de Leur adaptation sur les animaux.
C'est de la confection des harnais et de leur adaptation sur le corps des animaux que dépend en grande partie l'emploi le plus efficace possible de leurs forces motrices contre les résistances qu'ils doivent déplacer. Que si, en effet, l'appareil du harnachement mel obstacle, par ses formes vicieuses, ses dimensions trop grandes ou trop exiguës et son poids trop considérable, aux mouvemens de l'animal et à l'entier déploiement de ses forces, si une nartie de la quantité de mouve-
mens qu'il produit se trouve perdue pour la résistance, par suite de la direction mal raisonnée de l'appareil qui doit la lui transmettre, il est évident que l'effet utile du moteur animé sera de beaucoup inférieur à l'effet maximum qu'il peut produire.
Les règles qui président à la confection des harnais sont donc dune haute portée, puisqu'elles conduisent directement à la solution de cette importante question de mécanique, que nous avons énoncée plus haut :£ tant donné un moteur animé, lui faire produire son effet maximum.
§ ^^ — Du collier, de sa position, de sa direction, de ses dimeiisions et de son poids.
La première condition à laquelle doit satisfaire un bon collier {fg. 252 et 25 ■) est de s'adapter parfaitement sur toutes les régions du corps avec lesquelles il est en contact ; et comme toutes ces régions présentent des saillies et des dépressions alternatives, il est nécessaire, pour que cette adaptation soit parfaite, que ses coussins soient rembourrés d'une substance molle au toucher et facilement dépressible qui leur permettent de se mouler sur le corps. Sans cette condition, l'appui du collier ne se ferait que sur les parties saillantes, son impression douloureuse rebuterait les animaux, et ses frotlemens occasionneraient des plaies qui les empêcheraient de se livrer avec franchise au tirage, de là xine perte de force et de mouvement.
Indiquer cette condition, c'est assez dire que le collier ne doit être ni trop large, ni trop étroit.
Si les dimensions trop grandes de ce harnais empêchent sa coaptation parfaite avec le corps, à chaque pas du cheval il doit être rejeté d'un côté ou d'autre, [)arles mouvemens alternatifs des membres en avant ; d'où il résulte pour le cheval un point d'appui moins étendu, et un choc moins énergique sur le collier, et pour la résistance une perte de mouvement.
Ajoutons que dans les vacillations d'une épaule à l'autre et de haut en bas, ce harnais éprouve des froUemens qui peuvent avoir de graves conséquences, comme nous l'indiquerons plus loin.
Trop étroit, le collier nuit à la liberté des mouvemens des régions qu'il recouvre, et peut, en comprimant les tubes aériens et vasculaires, gêner la respiration et la circulation, et conséquemment dimit)uer l'intensité d'action du moteur animé. Ajoutons encore que sa compression peut devenir douloureuse sur les parties saillantes du corps et occasionner des accidens graves.
La direction du collier (EF/f^. 251) doit être, quelle que soit celle des traits, parallèle à la direction de l'épaule; si le tirage s'effectue de bas en haut, les coussins seront rembourrés supérieurement, et inférieurement, s'il s'effectue de haut en bas, pour empêcher le collier de varier dans sa position; cette règle, du reste, n'est eo quelque sorte que le corollaire de la précédente.
Engénéral, les points de tangence descoussins avec le corps doivent être d'autant plus nombreux que la résistance à vaincre est