‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 2)Chapitre 291 sur 325 · LIV. III · texte numérisé non relu

LIV. III

Fis 296.

Total st^ncral 4,713 08

Ce devis est basé sur les prix des environs de Paris; dans la plupart des départeiiiens il serait inférieur et diminuerait souvent de la moitié; il faut avouer qu'il n'est guère possible de loger des moutons à aussi bon compte.

Les eourans établis dans le bas de cette bergerie A A {fi;: 2!}7) doivent entraîner tous les gaz méphiliques : tout l'espace vide de la loilure et les œiis de-bœuf des pignons assurent le renouvellement de l'air supérieur, Fig. 297.

et en même temps la fermeture du pourtour permet de procurer aux agneaux, pendant l'hiver, une tempéiature douce qui leur est nécessaire quand ils sont faibles et quand leurs mères mal nourries neleiu' fournissent })oint as'icz de lait pour les fortifier. Les râteliers de M. deVindé {fif^. 298) font Fig. 298.

corps avec la mangeoire; ils sont suspendus au mur assez haut pour que les bêtes puissent se coucher dessous sans courir le risque d'y rester prises; le fourrage y «lescend au fond sans tomber sur les toisons ; et enfin le bord des mangeoires est construit en prisme, de façon que la saill'e supérieure empêche les aj;neaux de mettre les pattes dedans. Deux râteliers accouplés dos à dos, et suspendus à des pieux au milieu de la bergerie, forment un râtelier double qui prend très-peu de place, puisque sa construction ne s'oppose point à ce que les animaux se couchent audessous. Les bati-es et les assemblages sont en chêne; les trois planches delà mangeoire sont en bois blanc : le tout a élé établi à 6 fr. le mètre courant.

Quoique nous approuvions sincèrement les princii)es qui ont dirigé la construction de celle bergerie, nous ne sommes point de l'avis

de l'auteur, quand il dit qu'en aucun cas il ne doit exister de grenier au-dessus de Tétable : nous penson^!, au contiaire, quil peut être avttntageux d'utiliser les combles d'une bergerie^ c< mme on le fait pour tous les autres bàtimens de la ferme; ce que nous conseillons estconformeà l'économieet ne présente aucun inconvénient, pourvu que l'on donne issue aux vapeurs par une ventilation bien établie, ou qu'on les fasse absorber par une couche épaisse de litière sur laquelle reposerait le fourrage.

Après toutes les précautions que nous exigeons pour le reiu>uvellemenl du bon air dans les bergeries, il est facile de comprendre que nous ne saurions approuver les éleveurs qui laissent accumuler pendant plusieurs mois le fumier sous leurs bêtes blanches. Que dirait-on d'un cullivaleur qui ne curerait que tous les six mois l'écurie de ses chevaux .-* sans doute il n'y aurait qu'une voix pour le désapprouver! Eh bien! ce que l'on fait pour les chevaux, on ne doit point hésiter à le faire pour les montons; car eux aussi peuvent être attaqués de maladies de pieds dangereuses en séjournant trop longteinps sur un fumier chaud et humide, et de plus leur toison précieuse s'y salit et s'y détériore. Nous engagerons donc fortement à faire monder le plus souvent possible la bergerie et à l'entretenir toujours garnie d'une bonne litière fraîche et abondante : celui qui suivra cet avis y gagnera de plus d'une façon; ses animaux s'en trouveront mieux, et son fumier frais sera plus profitable à ses tei-res. Voir V&vIicAg Fumiers frais, t. l*'"', page 104.

11 ne nous reste plus qu'à indiquer par quels procédés on peut purifier une bergerie (|ui a longtemps été soumise à un étal d'iiife<>tion que l'on veut faire cesser. 11 faut d'abord

enlever tous les immotuHces qui la souillent; laver tout rameublenient à grande eau, blanchir les murailles intérieures à la chaux, et enfin détruire les gaz méphitiques par l'action des chlorures. Les chlorures, surtout le chlorure de chaux, sont d'un emploi très-facile, le prix d'achat est peu de chose, on en tn uve chez tous les pharmaciens ; voici comme on l'emploie : les moutons étant aux champs, et le fumier étant enlevé, on fait fondre une livre ou deux de chlorure de chaux dans un baquet rempli d'eau ; quand la dissolution est coiDplète, on trempe un balai ou un bouch' n de paille dans le liquide, et l'on badigeonne le bas des murailles, portes, poteaux, etc., à un mètre de hauteur; on en répand légèrement partout où le besoin s'en fait sentir : et si une maladie contagieuse a attaqué le troupeau, on purifie également les crèches et râteliers avec le chlore; puis on répand de nouvelle litière, et quelques heures après, quand l'odeur du chlorure s'est un peu dissipée, on fait rentrer les moutons. Mais cette purification n'est que momentanée, elle détruit le mal que l'on a longtemps laissé croître et ne l'empêcherait point de renaître après peu de temps : bientôt la bergerie deviendrait infecte de nouveau si l'on négligeait les moyens que nous avons développés et sur lesquels nous ne nous reprocherons point d'avoir insisté longuement, pourvu que nos lecteurs adoptent cette idée que la bergerie est un lieu de refuge où les bêtes ovines doivent retrouver l'air pur, sec et doux, nécessaire à leur tempérament délicat.

Quoique nous soyons convaincus de la nécessité dabriter les bêtes ;> laine et de les protéger par un toil contre l'intempérie des saisons si variables sur la majeure partie du territoire français, nous devons cependant dire quelques mots de la méthode de les loger en plem air toute l'année. Celte méthode est fort ordinaire en Angleterre, quoique l'atmosphère y soit constammei.t imprégnée d'humidité; à la vérité, la température est moins variable dans les îles Britanniques que dans notre pays; ies excès de chaleur et du froid y sont moins grands ; les vents piquans y sont fort rares, et enfin les races ont été façonnées de longue main à cette manière de vivre. Ces avantages naturels pouvant se rencontrer dans quelques parties de la France, nous engagerons ceux qui sout en position d'en profiter, à ne point négliger l'économie importante qui résulte d'un mode aussi simple.

En admettant donc ces conditions de température, on peut sans inconvénient loger les moutons dans tout enclos assez bien fermé pourqu'aucunanimaldangereuxnepuissey pénétrer; les cours des fermes seraient, surtout, très-propres à former ce pnrc permanent ou parc domestique, comme l'appelait Daubenton, pourvu toutefois qu'elles lussent bien nivelées et que les eaux de fumier n'y formassent point des mares pestilentielles, comme cela a lieu trop souvent. Car la première nécessité du parc domestique est d'être assis sur un terrain ferme, s'égoultaiit facilement et promptement quand la pluie l'a mouillé. Là, bien plus encore que dans les bergeries, la litière doit être abondante et ti ès-souvent renouvelée. Des râteliers y sont indispensables

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