I.aine très-inférieure
Pesant iû à 50 liv.
Nourries dans
Pourrait devenir un bon
de marais.
des pâturages humides et abondants.
type de moutons de boucherie.
ijer. y .
â|.ie.i.9 po à 3
'loison fine, tassée, fri-
Pesant 25 à 30 liv.
Prenant facile-
On soignait asseï bien l'é-
pi.; cou alon-
sée, approchant beau-
ment bonne
ducation de ces mou-
gé ; tele s'ans
coup plus que les pré-
chair.
tons, qui du reste étaient
cornes, lainde
cédentes des laines du
habitués à une vie très-
sur le sumiuel
Roussiilon.
frugale.
jusqu'aux
yeux ; museau
el pieds bruns.
Sologne.
30 à 33 pouces, télé fine, menue, effiiëe, quelquefois courle , souvent sans cornes.
Toibon plus courte, plus fine, mais moins tassée que la précédente; mèche tortillée au sommet.
Pesant 22 à 25 liv Chair plus fine dans le Berry.
Très-sobre.
Ardennes.
Se rapprochait des deux races précédentes.
i'icaidie.
iOpouc. Taille
Laine gros.';ière, peu fri-
Pe--anl60 à 80 liv.
fixige une nour-
Arriverait probablement
basse, têle
sée, se rapprochant
riture abon-
à la taille de la race
grosse; oreille
plutôt deslaines à car-
dante el suc-
suivante en la soumet-
large el cour-
de que des laines à pei-
culente.
tant au même régime.
te.
gne.
Flandre.
4 1/2 à 5 pieds de long.
Toison à mèches longues, pendantes, poin-
Pes
ant 45à6Skil.
Exigeant une nourriture a-
La plus grande des variétés françaises : son édu-
tues.
bondante et subslanlielle, telle qu'on la
cation serait impossible dans les pays où l'agriculture ne pourrait lui
trouve dans
fournir une nourriture
les riches pays
aussi abondante l'hiver
de plaine.
que l'été.
CHAP. 13. DE L'EDL'CATIOIS
I/étiult» de ces diverses variétés que possédait la France aurait, un jour ou l'autre, coudait queK|ii'homme de géuie à recoiiuaîlre qu'il élail possible d'amener progressivement le mouton à tel degré de perfectionnement que Ton eût jugé nécessaire. Les deux variélés extrêmes de Roussillou et de Flandre, con- Acnablemeiit dii'igées, auraient pu, pur ellesnièmes, produire chez nous des types parfaits de moutons à longue hiine lisse et de moutons à laine frisée superflue; mais ce but élail atteint depuis des siècles en Espagne (quant à la laine frisée) ; et l'on pensa qu'il était plus simple d'introduire une race toute faite que d'en créer une à force de temps. On acheta donc des mérinos que l'on nfiultiplia, négligeant dès lors de pousser les variétés françaises dans une voie progressive, ce qui eùtélé cependant fort utile pour obtenir des laines lisses. Le succès des mérinos nous fit perdre de vue ce but important vei'S lequel l'Angleterre dirigea tous ses efforts et qu'elle atieignil bientôt. A.ujourd'hui il ne nous reste plus qu'à suivre pour les races de plaines la voie suivie pour les races de montagnes, c'est-à-dire à nous approprier les moutons anglais comme nous nous sommes approprié les moutons espagnols.
C'est en partant de cette idée que nous allons étudier l'éducation des bêtes à laine, l'art de les élever, de les propager, d'eu tirer le plus grand produit.
Élizée Lefévr£.
§ II. — Du mérinos.
Pendant plusieurs siècles l'Espagne posséda seule cette belle race de moutons fins connus sous le nom de mérinos, elle en prohiba toujours sévèrement l'exjiortation ; cependant, en 1723, la Suède; en 176.J, la Saxe, en obtinrent un troupeau; la France n'obtint la même faveurque vingt ans plus tard.
Des systèmes divers furent suivis pour la nnilliplication ou plutôt pour l'éducation de ces animaux précieux. Les éleveurs saxons s'altachèrent uniquement à la production d'une laine sans égale pour la finesse, et atteignirent ce but en négligeant toutes les autres qualités des mérinos; ils sacrifièrent à la finesse, la force, l'élasticité, l'abondance de la laine; ils comptèrent pour rien la taille des animaux, leur bonne construction et leur produit comme béte de boucherie; néanmoins ils s'acquirent une juste célébrité, puisque nulle laine ne pouvait entrer en concin-rence avec la leur pour la confection de certaines étoffes.
Ailleurs, en France par exemple, des éleveurs tombèrent dans l'extrême opposé, en cherchant à éleverlataille sans prescjuesonger à la toison ; ce systèmeétait déplorable ;c'étail l'abâtardissement des mérinos, la destruction sans aucun but utile d'un perfectionnement qu'il avait fallu des siècles pour atteindre.
D'autres, se méprenant un peu moins sur l'usage des mérinos, crurent obtenir assez d'avantages en produisant des toisons beaucoup plus pesantes q<.i'aucune toison indigène, et ne firent aucun effort pour maintenir la finesse des bêtes espagnoies ; c'était encore
DES MOUTOIS'S. 511
une grande erreur : l'agriculture française, en suivant cette voie, eût perdu tous les fruits que l'on devait espérer de l'importation obtenue à si grjinde peine.
Heureusement la direction du troupeau primitif que le gouvernemenl entretenait comme troupeau modèle, fut confiée à des hommes assez habiles pour évitei" soigneusement tous les extrêmes. Ils s'attachèrent à maintenir la finesse des toisons et même à l'accroître; mais en même temps ils firent tous leurs efforts pour conserver à cette race un tempérament rustique, une santé robuste, afin de rendre sa propagation plus facile et plus prompte. Il est probable que, sans cette direction rationnelle, le gouvernement n'eût jamais pu faire adopter la race espagnole par les cultivateurs français. Si le troupeau national de Rambouillet n'eût présenté que des bêtes petites, faibles, cliélives, la finesse de leur toison n'eût pas suffi pour déterminer la généralité des fermiers à les acheter; ils auraient craint de s'enj^ager dans une expérience trop délicate où ils pouvaient compromettre leur argent et leur tem[>s : mais en trouvant un troupeau aussi vigoureux que les races indigènes, d'un produit égal en viande, et d'un produit incomparablement plus grand en laine, nul ne pouvait hésiter.
Nous ne sortirons point de notre sujet en étudiant un peu ce troupeau de Rambouillet,où les cultivateurs vont, encore aujourd'hui, chercher des béliers de race [)lus parfaite que les béliers mêmes d'Espagne.
Au commencement de 1786, lorsque les constructions de la ferme s'achevaient, M. Dangivilier, ayant eu connaissance des lon;;ues et savantes expériences de Daubenlon sur les bétes à laine fine, se concerta avec M. Trudaine, intendant du commerce, qui avait fait uaiîre et encouragé l'établissement de Montbard, où Daubenlon entretenait depuis 1766 un ti'oupeau de race pure espagnole. On fil g ûlerà Louis XVI le projet de faire venir, pour sa ferme de Rambouillet, un troupeau de mérinos.
Le roi fit demander en son nom au roi d'Espagne, son beau-frère, la liberté d'importer un troupeau de bêtes à laine supeifine; cette demande fut accueillie, et toutes facilités furent accordées à M. de La Vauguyon, noire ambassadeur à Madrid, pour l'achat et la sortie des bêtes; le troupeau fut acheté et choisi par deux Espagnols instruits dans cette partie, don Raniira et André Gilles Hernau^ ; ils prirent des animaux dan^ les principales bergeries ou cM'cigne.s ; savoir :
Perales 58 Aleola 87
Perella 50 Saint-Juan. ... 37
Paular 48 Portago 33
Negretté 42 Zranda i>0
L'Escurial 41 Salazar 10
Le tout formait un troupeau de 383 bêles, dont 42 béliers, 334 b- ebis et 7 moutons convliicleurs. Réuni dans les enviions de Ségo\ie, il en partit le 15 juin 1786 sous la conduiie de Gilles Hernans, comme maître beri;er, et de quatre autres Espagnols ; ils V(n'a- -èrent lentement; rhi^er les surpiit dans les landes de Bordeaux, beaucoup de bêles pt-rirent; mais elles furent, en pnrtie. renq)la- L'ées par des agneaux nés eu roule. Enfin, le
AiMWAUX DOiMliSTIQllES : DU MOUTOIN.
troupeau airiva h Hanibouiik't le 12 octobre 1786, au nouibre de 3G6 individus dont 41 béliers, 318 brebis et les 7 moulons conducteurs : comme il n'y avait point de bergerie à la ferme, il fut placé j)rovisoirement à Mocsouris, dans les bàlimeus de la blanchisserie, où il resta jusqu'à la révolution, époque à laquelle on le transféra à la faisanderie; et ce ne fui que lorsqu'on rétablit les chasses à Rambouillet que l'on fit bâtir le corps de bergvM'ie existant aujourd'hui.
Le tioupeau se réduisit l'hiver suivant à 331 bêles, parce qu'il en mourut 35 de la clavelée qu'il avait gagnée dans le voyage : lors de l'invasion de la maladie, les bergers espagnols regardèrent ce troupeau comme perdu et ils l'abandonnèrent aux soins du directeur de l'établissement, M. Bourgeois père, qui dès ce moment le fit gouverner par des bergers du pays. Le maître berger Hernans et ses compagnons repartirent pour l'Espagne le 4 avril 1787. C'est de cette époque que date l'arrivée de Clément Delorme, premier berger français de l'établissement, dont le zèle et les connaissances pratiques ont constamment maintenu le troupeau en bon état.
A. Daubenton appartient le mérite d'avoir conçu le premier l'idée d'améliorer les laines françaises, et d'en avoir donné les moyens en croisant des brebis indigènes avec des béliers mérinos; mais ce n'est qu'à Rambouillet que l'on est parvenu à identifier tout à fait les mérinos avec le sol : ils y réussirent si bien, qu'après quelques années de soins mieux entendus qu'en Espagne, on put remar- «luer que les productions étaient supérieures aux bêtes nées eu Espagne même.
Ce que l'on avait en vue à Rambouillet, était surtout de naturaliser les mérinos dans les fermes, et de déterminer les cultivateurs à améliorer leurs races du pays par le croisement avec le pur sang espagnol : aussi s'empressa-t on de faire participer la culture au bienfait de la riche importation que l'on venait d'obtenir, et dès les premières années on donna des béliers et même des brebis aux propriétaires et fermiers qui voulurent bien les recevoir; car très-peu en demandèrent; quelques-uns même les refusèrent : on en distribua aussi aux administrations provinciales: il en fut particulièrement envoyé dans la Beauce, la Brie, la Picardie, la Normandie, le Poitou, le Dauphiné, la Champagne, etc. Généralement ceux qui les reçurent n'en prirent aucun soin ; presque tous négligèrent de les employer à la reproduction; quelques-uns les laissèrent périr de faim ou de maladies : lant les cultivateurs sont habitués à priser peu ce qui leur a peu coûté.
La révolution vint suspendre l'amélioration commencée; le troupeau n'échappa à la destruction que par suite des courageux efforts de M. Bourgeois père, qui resta seul pour le défendre. Dès que l'orage fut calmé, M. Tessier, qui avait suivi avec intérêt le troupeau de Rambouillet depuis sa création, de-
vint un de ses plus chauds prolecteurs près de la connnission d'agriculture dont il était membre : il y fut fortement secondé par plusieurs de ses collègues, hommes éclairés et amis de leur pays, parmi lesquels il faut surtout citer Mi\I. Gilbert et Huzard ; ils s'attachèrent à la conservation du troupeau de Rambouillet, et bientôt ils furent chargés de sa surveillance. A partir de cette époque, les suffrages des agriculteurs furent acquis à Rambouillel, et son nom fut porté dans toute l'Europe.
Or, le troupeau prospérant de plus en plus, et les agneaux qui naissaient chaque année en augmentant le nombre, il fallait |>enser à en tirer parti en le propageant par tous les moyens possibles : on n'avait pas réussi en donnant les animaux, on eut le bon esprit de tenter de les vendre. Les succès de l'administration, et le bon étal dans lequel les curieux, qui visitaient l'établissement, trouvaient le troupeau, parlèrent aux yeux et suscilèrent quelques imitateurs qui firent leur fortune en s'adonnanl les premiers à l'éducation des mérinos.
Eu même temps que les agronomes démontraient dans leurs écrits les avantages qu'il y avait à propager les mérinos pour améliorer nos laines, M. Bourgeois père, cultivateur dès sa naissance, agissait sur l'esprit des habitans de la campagne et déterminait les fermiers, aulant par la persuasion que par les faits qu'il leur faisait toucher au doigt, à introduire la race espagnole dans leurs bergeries : il leur faisait voir que les mérinos produisaient des toisons moitié plus pesantes, et beaucoup plus fines que les bêtes indigènes; enfin ces cultivateurs pouvaient se convaincre par leurs yeux que ces animaux exigeaient une nourriture plutôt de bonne qualité que très-abondante, et seulement un peu plus de soins.
Les propriétaires, d'abord, et quelques-uns des fermiers les plus inlelligens, ensuite, se décidèient à aciieter des béliers en petit nombre ; comme ils avaient été payés beaucoup plus cher que les moulons du pays, on leur prodigua les soins nécessaires dans la crainte de perdre les fruits des sacrifices qu'ils avaient coulé. Ces béliers transmirent une partie de leurs qualités à leurs premiers descendans, les bénéfices ne se firent pas longtemps attendre, et le goût de cette amélioration agricole gagna de proche en proche. Bientôt l'enthousiasme succéda à l'indifférence; le prix des mérinos s'éleva dans ime proportion rapide jusqu'en 1821, au point que, aux ventes publiques de Rambouillet, des brebis furent payées plus de 700 fr., et qu'un bélier atteignit 3,870 francs.
Voici le tableau du prix moyen des ventes publiques faites à Rambouillet depuis 1793 jusqu'en 1834; l'étude peut en être utile pour montrer de quelle importance est le choix d'une race d'animaux domestiques, et combien les cultivateurs doivent réfléchir avant de repousser une amélioration qu'on leur propose, quelque contraire qu'elle soit à leurs habitudes.
CnAP. 13.