CHAP. 10'. DU HOUBLON
conseille de choisir une ancienne prairie rompue ou un terrain qui ait été pendant longtemps un jardin ou un verger. Dans ces terrains les plants seront vigoureux et donneront d'abondantes récoltes, les cônes seront abondans en matière jaune; enfin la plantation se maintiendra bien plus longtemps eu plein rapport.
Une exposition convenable est un point essentiel dans la formation d'une houblonnière; elle doit êlre sud ou sud-est et garantie des vents du nord el de l'ouest ; les euiplacemens situés près des rivières el des étangs desquels il s'élève habituellement des brouillards et où les gelées sont plus fréquentes, doivent êlre rejetés; on doit encore éviter le voisinage des grandes roules, à Ciiuse de la poussièi-e, — En Angleterre, on lecherche les Localités qui pei mettent L'irrigation, el l'abondance des récolles qu'on obtient alors dans les années sèches porte même beaucoup de cullivateurs à arroser à l'aide de tonneaux conduits sur des charrettes, et à verser de l'eau au pied de chaque monticule. — Les houblonnières doivent être bien entourées de haies vives, et il est bon, du côté où la fréquence et la violence des vents obligent à avoir des abris, de planter des palissades propres à fournir les perches nécessaires.
Yidi préparation du terrain destiné à la plantation consiste d'abord à le défoncer, s'il n'a point été profondément travaillé, et à le purger des pierres, racines, etc. Si ce terrain était en herbages, il faudrait le labourer au printemps, donner un second labour en été, extirper les racines et les brûler : dans ce cas une culture de navets ou de betteraves est une excellente préparation. Si la terre est profonde et déjà eu bon état, on laboure en octobre, on herse en lévrier, puis on laboure et herse de nouveau pour aplanir le sol. — Le terrain est rarement assez fertile pour ne pas exiger de l'engrais, car le houblon est une plante très-épuisanle; on en mot dans la proportion d'un boisseau par monticule, il doit êlre bien consommé ou à l'élat de terreau. — Lorsque le terrain n'est pas travaillé, engraissé et rendu productif à une grande profondeur, le chevelu des pieds de lioublon ne trouve pas la uourritui'e nécessaire ; moins il peut s'enloncer en terre, plus il souffre d'une longue sécheresse, el il arrive alors que les fleurs tombent avant d'être parvenues à maturité.
La plantation a lieu à deux époques différentes : au printemps, depuis le commencement de mars jusqu'au milieu d'avril, ce qui est la méthode générale; à l'automne, au mois d'octobre, lorsqu'on a des pieds enracinés qu'on tire d'une ancienne houblonnière, ou si l'on plantait du houblon sauvage; dans ce cas on obtient une récolle dès la 1" année, taudis que le houblon planté au printemps ne produit guère que la 2" année. Ce premier pr^oduil se nomme houblon vierge. En général, la récolte n'est abondante qu'à la 3^ récolle.
Le choix du plant est une considération importante : on doit s'en procurer à raison de 5 plants par trou; en Alsace et dans le Palalinat, ils coûtent ordinairement 75 centimes le cent. Le point essentiel est d'avoir,
pour la houblonnière qu'on forme, des plants dont les produits ne mûrissent pas à des époques différenles, ce qui rendrait la récolle difficile. Ceux des variétés dont la malurilé est précoce, comme celui de Spalt, méritent la préférence. Le plant se compose des branches qui poussent de Ja souche; on se le procure en découvrant , au printemps, les anciens pieds les plus vigoureux et éclatant ses branches. Le bon plant doit avoir la grosseur du doigt, ne pas être creux, avoir de 7 à 8 pouces de longueur et 3 ou 4 yeux ; il doit être séparé de la souche peu avant la plantation el être, jusqu'à ce moment, tenu au irais. Lorsqu'on remarque des pieds qui méritent la préférence, on doit, lorsqu'on lie la houblonnière, laisser les branches superflues et, au moment de la taille, les couper et piquer en terre pour en faire des boutures; on obtient de Ja s orte de bons plants qui produiront dès l'année suivante.
Lorsque le moment de laplantation est arrivé, ou fait faire dans le terrain des trous de 2 pieds en carré sur un pied 1/2 de prolondeur, el à 5 ou 6 pieds et même plus de distance les uns des autres, en ligue droite ou en quinconce , les ruelles faisant face au sud plein. M. De.ms soutient qu'il est préférable de ne mettre que 2 plants pour chaque monticule, et même plus tard de ne réserver que le plus fort. Si le sol n'est pas très convenable pour la culture du houblon , on remplit en partie les trous de la meilleure terre qu'on peut se procurer; s'il n'a point été suffisamment engraissé, on fait conduire l'engrais consommé ou le terreau au bord de la pièce, et, eu le transportant à bras d homme et le mélangeant avec de la terre, on en remplit les trous qui sont alors disposés à recevoir le plant.
Four procéder à La plantation, on tasse de quelques pouces, avec les pieds, la terre légère ou l'engrais qui remplissent les trous ; un place les plants dans ces fosses en éloiguant leur partie inférieure et tenant à la main les bouts du haut plus rapprochés les uns des autres; ou répand doucement de la terre entre les plants, et on la presse contre eux en les arrangeant convenablement. — Une autre méthode consiste à faire avec un plantoir cinq trous dans chaque monticule, un au milieu et les autres autour du premier; on place le plant dans les trous faits au planloir, en ne lui laissant pas dépasser la surface du sol, à moins qu'il n'ait déjà commencé à pousser; on rapproche ensuile la terre de chaque brin eu la tassant, puis on répand une couche de terre douce et légère, épaisse de 2 à 3 pouces. — Après la plantation, on façonne en cuvette la place occupée par le plant, c'est-à-dire qu'on rend le milieu plus creux que les bords, afin de retenir les eaux des pluies ou des arrosemens.
§ III.— Culture, pose des perches, façons d'entretien.
L'entretien de la houblonnière durant la 1" année commence à la mi-mai lorsque les plants ont poussé une tige; on met un échalas à chaque trou et on y attache les jeunes pousses avec des brins de paille. — Ensuite
ri6 t^ULTURES INDl'STRIKI.LES : DU
on /'///(■ le terrain pour clélriiire les maii\aises herbes, et, en t'aisanl celle opéralion, on a soin damener avec la l)iiielte de la terre, pour combler les trous et les mettre de niveau avec le sol. — Pins tard, il faut encore cittac/icr plusieurs foi.y les pousses nommées vignes aux échalas, en avant soin de les tourner autour de p,auche ;i droite, c'est-à-dire selon le cours du soleil, direction qui leui' est naturelle. Sans cette attention, les tiges se détourneraient et seraient gênées dans leur croissance. — On bine de nouveau la terre et on en recharge encore les plantes. On peut, sans inconvénient, principalement celte V année, ruitn-er deux langs de lèves, des ognons ou autres légumes, entre les lignes de houblons, auxtpiels cet ombrage parait inèaie favorable. Celle culture est trèsavantageuse et fournit, en outre de ses produits, des fanes qui, macérées en tns, forment vin engrais très-convenable pour la lioublonnière. M. Dkms pense qu'on peut la répéleisans inconvénient les années suivantes. A l'automne ou au commencement de n)ars.
on taille les vignes de houblon a 18 pouces de terre avec une serpette bien tranchante; dansions les cas, dès la f^^de ces époques, on airache les échalasqui ontsei'vi de tuteurs, et l'on ramène sur les plantes assez de terre pour en former un monticule d'un pied d<' haut; en faisant ce travail, on réunit les ceps coupés qui dépassent alors le monticule de quelques |)ouces. Cet amoncellement de la terre sur les plantes a pour but de les garantir des grands froids et de faciliter l'écoulement des eaux qui, en se portant en trop grande abondance sur les racines, leur seraient nuisibles.
La deuxième année de la plantation, au mois de mars, on donne un labour avec la pioche à deux dents, et on relève les mouticu4es.
Lorsque les tiges sont parvenues à un pied et demi de hauteur environ, c'est le moment de s'occuper du placement des perches qui doivent être droiies, fortes et avoir de 10 à \2 pieds de longueur. Avant de les mettre en place, un ouvrier leur donne une bonne pointe au gros bout^et un autre les brûle exlérieurement ou les goudronne à chaud, à la hauteur de 3 pieds, afin qu'elles se conservent plus long-temps en terre sans pourrir. — Pour les implanter, on a une barre de fer 1 ig. 58. ronde, de 4 pieds de long, ayant à l'une de ses extrémités une I grosse tête, ou mieux la forme d'un T (y/^'. 08), et s'elfilani en pointe de l'autre; elle sert à faire des trous de 2 à 3 pieds de profondeur, dans lesquels on fait entrer les perches. Le fer ayant fait le trou a la profondeur nécessaire, un ouvrier prend une perche, et, se plaçant les jambes écartées, il la tient perpendiculairement au-dessus du trou et l'y chasse de toute sa force; il sent par le contre -coup s'il a réussi et si la pointe a pris terre, sans quoi il faut recommencer; car, si la perche ne porte pas à fond, elle cède an moindre xenX.
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lorsqu'elle est chargée. Il est donc très-essentiel que ce travail soit fait avec soin pour que les perches, une fois chargées de vignes, puissent résister aux ouragans. La terre est ensuite labourée comme de coutume, et on la relève à l'entour des perches pour les consolider.
Le nombre des perches généralement emplo\é pour chaque monticule est de trois; lorsqu'ils sont très-éloignés les uns des autres, on en place quatre. M. Kolij dit que si le terrain est bon, bien fumé et travaillé, et si les planls prospèrent, il suffit cependant de 3 perches pour deux trous de plants; on les tient alors éloignées de 1 pied et demi, distance à laquelle les ceps se prêtent volontiers, ce (|ui fait qu'on ne risque pas de blesser les racines. Dans les 'N'^osges, on ne met (|u'une perche par monticule lorsqu'ils sont rapprochés à 4 ou 5 pieds. En les supposant espacés de 6 pieds et mettant 3 perches à chaque, on voit que cela nécessite 15,000 perches par hectare; d'après M. Koi.b et M. Dems, il n'en faudrait que la moitié. — Les perches employées pour éciialasser les houblons ont quelquefois 15 à 18 pieds de longueur; elles ne doivent pas dépasser celle élevai ion, parce que les plaiiles, pour gagner leur sommet, s'alongeraietit trop, la lige serait moins lorte, moins garnie de branches, et la récolle uioins abondante. Ces perches se font en bouleau, en frêne, en peu[)lier, en châtaignier, etc. Le châtaignier mérite la préférence.
Quelques personnes ont conseillé de lier diugonaiement 1rs pcrdies^ par leur extrémité su|iérieure, les unes aux antres, afin qu'elles se soutiennent niuluellement et résistent mieux aux vents. On a aussi proposé de remplacer les perches par des tiges de fil de fer.
M. Denis, du départeuienl des Vosges, a beaucoup perfectionné ce procédé en proposant en 1828 de substituer l'emploi du fil de fer aux perches, el il a fait connaître dans une brochure les avantages obtenus par lui en cullivanl cette inéthode. Voici en quoi elle consiste : Il espace les plantes de 8 pieds, leur laisse quatre brins et remplace les perches par de petites baguettes qu'il attache aux fils de fer et qui servent à conduire ces liges à ces fils. Ceux-ci s'établissent de la manière suivante: àchaque extrémité du champ, sur chaque ligne de houblon qu'on se propose de mettre, on enfonce à coup de masse, en terre, un piquet de chêne de 24 ou 30 pouces de longueur, époiuté par un bout, et du diamètre de 4 à 5 pouces à l'autre. On enfonce sur ces piquets un piton en fer assez fort pour qu'il ne plie pas en le chassant dans le piquet, et qui a un œillet à son extrémité libre. La chaîne de fils de fer est composée dune quantité suffisante de bouts de tilsde fer n° 18, coupés par bouts de 3 pieds de longueur, et maillés à chaque extrémité. Tous ces bouts seront réunis les uns aux autres par un double crochet en fils de fer n° 22. Celle chaîne est assez semblable à une chaîne d'arpenteur, et on la tend à 5 pieds de hauteur, au moyen de chevalets en bois, en nombre proportionné à la longueur des lignes de houblon, à raison d'un par 30 pieds, sans compter les deux des extrémités. Les fils de
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Ter ont du être placés cxftcfement dans l'aliguernentdes lignes de houblon dont les tiges, une fois parvannes sur ces fils, ont la moitié de leurs brins dirigée d'un côté et la moitié de l'autre. L'auteur termine par le calcul des frais de celle métliode, comparés à ceux de l'ancienne; il en résulte qu'elle offre au cultivateur une économie du cinquième sur la mise de fonds, et d** plus de 50 francs par an et par chaque jour de Lorraine, c'est-àdire par 500 mètres carrés environ.
Lorsque les liges de houblon ont la longueur suffisante pour être attachées aux perches, c'est-à-dire de 1 à 2 pieds, on choisit les plus vigoureuses au nombre de 4 ou 5 pour chaque perche; on peut encore pour quelque temps en garder une de plus [)Our remplacer celle qu'un accident pourrait faire manquer, et on coupe tous les autres rejetons en terre, ce qu'il faut continuer de faire tant qu'il s'en montre. On attache les tiges après les perches avec des liens très-lâches, afin de ne pas nuire à leur développement par la moindre compression. Les Anglais et M. FoDÉRÉ prescrivent de ne jamais faire ce travail le malin, parce qu'à cette époque de la journée les tiges sont plus remplies de sève, et par conséquent plus cassantes. Il faut avoir grand soin de tourner les tiges à l'enlour de la perche, en suivant le cours du soleil; si on les tournait en sens inverse, elles ne tiendraient pas et tâcheraient toujours de revenir à leur direction naturelle. On continue exaclement de les lier à mesure qu'elles grandissent, et on a soin de raffermir les perches ébranlées et d'enlever les rejetons superOus.
Lorsque les tiges ont pris la plus grande partie de leur développement, c'est à-dire sont parvenues à une certaine force et grosseur, et à une élévation de 10 à 12 pieds, on leur enlés'c les feuilles jusqu'à une hauteur de 5 à 6 pieds, ce qui permet à la chaleur de pénétrer plus facilement, et fait porter la sève au haut de la plante où sont les fleurs. — Quelques cultivateurs 7;>/«cé'rt? alors l'extrémité des tiges, à l'exemple de ce qu'on pratique avec avantage pour certains légumes ; l'influence de celte dernière opération sur la fructification du houblon n'est pas encore suffisamment déterminée. — Durant tout l'été, on doit, à l'aide d'une échelle double, continuer d'attacher les tiges aux perches ou aux fils de fer, et rattacher celles que le vent aurait détachées.
Les façons qu'exige la houblonnière pendant l'été se bornent, lorsque le 1^'' labour a été fait à la mi-mars et qu'il ne pousse pas trop d'herbes, à un 2' labour qu'on donne au commencement de juin, par un beau temps, afin que les mauvaises herbes soient plus sûrement détruites. Après les pluies de cette époque, on relève les monticules, ce qui s'opère en rassemblant la terre des allées et l'accumulant sur les pieds de. houblons.
Les travaux de la Z" année et des suivantes diffèrent peu de la 2"; il faut seulement au commencement de mars, par un temps sec, procéder à la taille des racines, ce qui s'appelle, dans plusieurs pays, châtrer le houblon. On écarte avec précaution, et sans
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blesser le chevelu, toute la terre des monticules jusqu'à ce que les pieds en soient débarrassés et les racines mises à découvert; celles des liges qui ont |)orlé fruit sont taillées de manière à ce qu'il ne leur reste que 2 ou 3 yeux qui fourniront les nouveaux rejetons. Les jeunes racines, beaucoup moins fortes que les anciennes, sont coupées à 5 ou 6 pouces de longueur pour servir de replants; elles servent à remplacer les anciennes qui paraîtraient disposées à la pourriture, ou à faire de nouvelles plantations. — Après cette opération, on rapporte du fumier, et on l'enterre en égalisant le terrain ; un mois après, on fait, comme il a été prescrit, la plantation des perches et le labour en monticule ainsi que les autres travaux.
Une houblonnière maintenue en bonne culture peut durer 10 ou 12 ans , et on conçoit qu'après sa destruction, le terrain a acquis m\ haut degré de fertililé. On la conservera surtout en bon état, si l'on a soin, à chaque taille, de remplacer les racines trop vieilles ou qui ont des taches de pourriture ; on pourrait même prolonger bien davantage la durée d'une houblonnière en commençant à la renouveler par 5" à la 8" année, ce qui est facile, puisqu'on peut, à la taille, choisir les replants les plus forts pour cette nouvelle plantation partielle.
Une houblonnière doit être copieusement fumée tous les deux ans, avec un engrais consommé et court ; sans cela, on ne fera jamais d'abondantes récoltes. Le fumier des bêtes à cornes convient mieux que celui de cheval, le premier étant plus nourrissant et maintenant le terrain humide, tandis que l'autre est échauffant et sèche plus vite. En Belgique, d'après Aelbroock, on considère comme le meilleur engrais pour le houblon, un arrosage d'urine de vache et de tourteaux d'huile délayés dans de l'eau ; on répand cet engrais dans la proportion <ie 100 à 150 hectolitres par hectare. — Le fumier ordinaire est déposé en certaine quantité sur chaque monticule, ce qui doit être fait aussitôt après la récolte ; on défait les monticules, on place le fumier autour des plantes, et on le recouvre de quelques pouces de terre seulement; pendant Ihiver, les principes féconda ns se déposent sur les racines du houblon, et lorsqu'on le châtre au printemps, on éparpille le fumier qu'on retrouve, et on n'en laisse point en masse.
Le houblon est exposé à diverses maladies, dont les principales sont désignées par les noms de miellat et de cancer. Cette dernière maladie est produite par un champignon qui vient à la racine; les houblonnièles plantées dans les lieux bas et humides, où des amas d'eau et de matières végétales sont en fermentation, y sont plus sujettes. Il faut donc chercher à assainir le sol, encreusant des rigoles; quant aux pieds attaqués, on doit les renouveler. — Ce sont encore les plants situés trop près d'une haie ou dans un sol trop humide qui sont plus souvent attaqués du miellat ou. de la miellure. La plante s'eoduit alors, à commencer par les feuilles du bas, dune matière douce et gluante qui attire des milliers d'insectes, lesquels, en se multipliant de plus en plus, détruVert k%
1 18 CULTURES INDUSTRIELLES : DU houblons. Une pluie abondante fait quelquefois cesser celte maladie que des injections d'eau salée peuvent aussi faire disparaître. M. Denis conseille de faire d'abord couper les feuilles tachées depuis terre jusqu'à 4 ou 5 pieds, et de les faire brûler à l'iiistanl, ce qui détruit des myriades de pucerons, puis ensuite de placer au bout d'une perche une bande de linge enduite de soufre, qu'on enveloppe d'éloupes, de vieilles étoffes, etc., à laquelle on met le feu et qu'on promène dans la houbloimière; cette poupée produit une fumée épaisse qui, par un temps calme, demeure longtemps, et parait faire périr les insectes. — On remédie encore par des arrosemens artificiels à quelques maladies causées par les grandes sécheresses. — Un autre danger auquel le houblon est exposé, surtout près des rivières et des étangs, c'est la rosée de ta nuit, qui cause de grands dommages à l'époqueoù cette plante est en fleurs. — Un des ennemis les plus redoutables pour le houblon, c'est la puce des champs qui attaque les feuilles par milliers, et les perce d'outre en outre : 3L Kolb indique pour les chasser de jeter au pied des perches du houblon cuit sortant de la brasserie. — La larve d'un autre insecte s'introduit dans les cônes du houblon lorsqu'ils commencent à se former, et ne tarde pas à le faire périr : on s'en aperçoit parce que le fruit se couvre de moisissure. — Aelbroock regarde comme le remède le plus eflicace contre les pucerons blanchâtres et les mouches vertes, ainsi que contre la rosée farineuse ou moisissure, un bon arrosage d'urine de vache qui rend les plants moins sensibles aux intempéries des saisons, et leur donne la force d'attendre une pluie douce qui diminue ordinairement le mal lorsqu'elle ne le guérit pas.
§ IV. — Récolte, dessiccation et conservation du houblon.
L'époque de la récolte et de la maturité des fleurs du houblon est indiquée par un léger changement de couleur des feuilles; les cônes, qui étaient d'un vert jaunâtre, prennent une teinte d'un vert jaune doré, et répandent une odeur forte , les écailles sont serrées, ont les pointes rosées et offrent à leur base la sécrétion jaune aromatique formant une pâle molle qui s'attache aux doigts; les graines sont dures, brunes, et leur amande blanche et bien formée. — Il est très-essentiel de bien saisir le moment convenable pour la récolte : le houblon de couleur jaune pâle, un peu blanchâtre ou verdàlre, a été récolté trop tôt; il n'aura pas les propriétés actives en fortes proportions, il donnera un goût âpre à la bière, et perdra au poids ; car s'il faut 4 livres cueillies en pleine maturité pour en donner une séchée, il en faudra 5 de celui-ci; cependant il pourra encore acquérir la plupart de ses propriétés pendant la dessiccation. Ce qu'il faut surtout éviter, c'est que les cônes n'entr"ouvrent leurs écailles, parce qu'ils laissent alors échapper en partie la poussière jaune odorante. Les houblons bruns ont été cueillis trop tard et ont i^ordu une partie de leur activité, ce sont
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les plus mauvais. Les meilleurs sont ceux d'une couleur jaune dorée, ayant une bonne odeur et qui donnent beaucoup de poussière jaune.
La récolte du houblon a lieu ordinairement de la fin d'août au commencement d'octobre, selon les variétés et les vicissitudes de la saison; on doit choisir un temps sec et attendre, pour commencer, que la rosée soit séchée; les cônes recueillis par l'humidité se moisissent souvent, ils prennent une couleur qui annonce leur altération, et ont une odeur moins forte que le houblon cueilli à propos, ce qui nuit à leur vente.
Pour opérer la récolte , on apporte dans la houhlonnière de gi-ands paniers d'osier; on établit des chevalets à 10 pieds de distance, on coupe les ceps à un pied de hauteur de terre; avec un levier en fer ayant au boni une forte pince en pied de biche {fig. 59), ou
Fig. 59.
ayant la forme d'une sorte de tenaille comme dans V arrache - houblon de M. Kxowles [Jif^. 60), en enlève les perches de terre, on
Fig. 60.
les couche soigneusement sur les chevalets avec tous les houblons dont elles sont chargées; alors, avec des serpettes bien tranchantes, on coupe toutes les branches auxquelles il y a des fleurs, et on les pose dans les paniers pour les trans[)orler dans les lieux où doit avoir lieu la cueillette. — Lorsque les ceps de différens pieds se sont entrelacés au haut des perches, ce qui arrive souvent, il ne faut pas les détacher par force, mais les couper avec \\n croi>sant à long manche. — Si l'on a parmi les pieds de houblons quelques-uns qui soient plus hâtifs ou plus tardifs, ou dont les produits passent déjà à la couleur brune, il faut en opérer la cueillette à des époques différentes , ou, s'ils sont en petite quantité, les mettre à part, afin qu'ils ne nuisent pas à la vente des produits bien préparés.