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CHAP. 10'. THÉORIE DES ASSOLEMENS

fatigueut les homnios elles animaux de trait — qu'ils ajoutent aux frais d'entretien de ces derniers; et, d'un autre côté, paice (jii ils lorcent à en élever le nombre et à diminuer d'autant celui des vaches laitières ou nourrices, des élèves ou des bœufs à l'engrais , de tous les animaux enfin qui donnent à la ferme d'autres produits (|ue leur travail, cl dont la quantité est nécessairement proportionnée à celle des fourrages.

Ce que j'ai dit prématurément ci-dessus, du prix effectil d'une joiM-née de charrue sur quelques points de la France, prouve l'importance que les paysans attachent au travail de leurs bœufs. A 12 fr. par jour, un f' labour de jachère coûterait, selon la nature du sol, de 40 à 50 fr. par hectare; — qu'on juge d'après cela des frais d'une jachère complèle; — à la vérité les dernières façons sont moins pénibles et plus rapides que les premières el les labours, ne sont pas partout exécutés aussi chèrement que dans l'ouest; mais, de cet exemple on peut conclure que M.Pic- TET de Genève ne s'écarte pas des bornes du vrai, au moins pour beaucoup de nos dépaitemens , lorsqu'après avoir calculé sur un nombre moyen de 3 animaux de trait à 2 fr. chaque, et de 2 hommes à 1 f. 50 c, en tout 9 fr. pour la journée, il ajoute : « J'estime que l'étendue moyenne de terrain labouré dans une journée de charrue, répond à l'espace nécessaire pour semer 5 myriagrammes (1 quintal de froment) : or, comme ce terrain (environ 26 ares) est labouré six fois dans le cours de la jachère, il faut multiplier 9 fr. par 6, ce qui donne 54 fr. pour le prix du travail de la charrue. Je suppose quatre hersages seulement, y compris celui desemaille, dans tout le cours de la jachère; un cheval et un homme suffisent à herser ce que quatre charrues peuvent labourer; la journée de i'homme et du cheval peut s'estimer 3 fr. 50 c. Le nombre des journées de hersagel se trouve égal au nombre de quintaux de blé que l'on a à semer, c'est 3 fr. 5o cent, à ajouter à 54 fr., soit 57 fr. 50 cent. — Si l'on suppose que, dans le cours de la jachère, on ait fait ramasser les racines d" chiendent, si l'on a fait casser les mottes après la semaille, si l'on ajoute les frais du semeur et ceux des rigoles d écoulement, on verra que les frais de la jachère complète montent au moins à 60 fr. pour un espace de terrain qui reçoit 5 myriagrammes de blé.Jene fais entrer dans ce calcul iii le prix du fumier, ni son charroi sur les terres, parce que ces deux objets de dépense sont les mêmes lorsqu'on ne suit pas le système des jachères. »

En continuant ce calcul, on trouverait que les frais de culture seulement d'un hectare 4 ares s'élèveraient à 240 fr.

Que l'on ajoute à cette somme le prix de deux années de ferme, puisc^ue celle de jachère coûte beaucoup sans rien produire; — celui des engrais, toujours moins abondans d'api'ès ce système que d'après celui des cultures alternes ; — celui de la semence ; — enfin, celui des travaux de récolte, d'emmagasineiuenl et de transport, et que l'on juge, en comparant les produits, de combien le cultivateur sera en déficit s'il veut estimer à leur plus basse valeur, je ne dirai pas même

son industrie, mais le travail de ses bras, celui de ses domestiques et de ses animaux de cliarriK.'.

Du reste, il est fort rare que l'on donne jusqu'à six labours de jachère, ou du moins que l'on empicjie ce |)rocéde autiement que de loin eu loin sur des terres que l'on veut à tout prix débarrasser des mauvaises herbes qui lesontenvahies.IiC plus ordinairement on se contente de trois labours et de quelques hersages. Les frais se trouvent ainsi considérablement diminués; mais tels qu'ils sont, on peut encore les considérer comme exorbitans.

L'évaluation desjrais dans les circonstances les plus favorables de l'assolement triennal doit donc reposer sur les bases suivantes : — Prix de location d'un hectare pendant 3 ans ; — 3 labours au moins de jachère; — un labour au moins pour la seconde céréale;

— une tumure.

Celle des bénéfices ne peut porter que sur

deux récoltes ordinairement assez cnetives de céréales.

Dans l'assolement quadriennal on aura :

— prix de location pendant 4 ans ; — 4 labouis,2 pour la culture sarclée, 1 pour la céréale qui lui succède, el 1 pour le blé qui remplace la prairie arlilicieile ; — façuns d'entretien et d'arrachage des racines iourragères ; — fauchage de la récolte verte; — une fumure; — et pour les bénéfices quatre récoltes.

De quelque manière qu'on envisage les résultats comparatifs, il résulte incontestablement de ce qui précède que, tandis qu'avec le premier assolement on donne deux lumures en 6 ans, on n'en donne pas plus en 8 ans avec le second ; et que, toutes choses égales d'ailleurs, grâce à la propriété reposante et fécondante d'un trètle rompu et eu partie enfoui, au renouvellement de la rotation, on peut être certain que la terre sera cependant moins épuisée qu'après les deux céréales de l'assolement avec jachère; — que le nombre des labours doit être considéré comme à peu près le même dans les deux exemples , puisque, en suivant l'assolement triennal on en compte au inoins quatre pour 3 ans : ce nombre est même souvent insuffisant, tandis qu'avec l'assolement quadriennal on peut également n'en donner que quatre : de sorte que les façons indispensables aux racines ou autres plantes sarclées et binées de la première année comptent pour la différence de la quatrième ; — qu'en suivant la 1"^' méthode on paie 3 ans de fermage pour ne récolter que deux fois, au lieu qu'en suivant la seconde, chaque année amène sa récolte: — que, dans le premier cas, il faut être particulièrement favorisé par la localité pour posséder, en dehors de l'assolement , les herbages naturels nécessaires à l'entretien, àl'éducaliou et à l'engraissement des animaux, et à une sutfisante production des fumiers, tandis que, dans le second, les cultures destinées à procurer des fourrages alternant avec celles qui ont pour but de pourvoir à la nourriture de l'homme, on ne doit , sauf les obstacles que peuvent présenter les saisons, éprouver à cet égard aucun embarras. Si Ton objectait qu'en 12 aus. avec

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lassolement quadriennal ou n'obtiendrait que 6 récoltes céréales, tandis qu'avec l'autre on en obtient 8, je répondrais , avec la conviction de l'expérience, qu'en portant un liei's seulement de grains en sus par chaque rotation de 4 ans, on doit se trouver presque partout au-dessous de la vérité, et qu'ainsi, sous ce seul rapport, la balance serait au moins égale au bout de 12 ans, tandis qu'on devrait compter, en faveur de Tassolemenl sans jachère, tous les autres produits.

C'est avec intention que j'ai choisi les deux exemples précédens(voy./?A'. 380 et 381). Il fallait,en regard de l'ancienne pratique, prouver qu'on pouvait s'en écarter Jacilement sans rien changer pour ainsi dire à la production principale, celle à laquelle le fermier tient le plus, parce qu'elle lui représente un capital monétaire, et qu'il ne calcule pas si bien la valeur des denrées qui se consomment dans son exploitation, et qui doivent cependant hii rapporter, sinon aussi directement , au moins aussi sûrement, des produits d'une vente également assurée, tels que le beurre, la laine, le lard, la viande de boucherie, etc. — La rotation quadriennale offre d'ailleurs un de ces assolemensa court terme qui joint au mérite de pouvoir être adopté dans un très-grand nombre de cas, celui de donner des bénéfices satisfaisans, dès qu'il est bien établi, et de tenir les terres constamment en bon état sans augmenter bien sensiblement les frais de culture. Du reste, cel assolement pourra être modifié selon les lieux, soit en substituant le seigle, l'orge, le froment même à l'avoine, soit en remplaçant les pommesde-terre par des betteraves, des rutabagas, des navets, des choux, etc., soit enfin en mettant à la place du trèfle, de 8 en 8 ans, un autre fourrage légumineux annuel, si l'on s'aperçi)it que sa végétation s'affaiblisse après un certain temps.

A côté des Jachères biennales ou triennales, dont l'étendue diminue progressivement sur presque toute la France, il existe d'autres fachères également périodiques ou semi-périodiques qui doivent nous occuper aussi quelques instans. Celles-là surtout sont le résultat de l'insuffisance ou de la difficulté des moyens de culture. — En des contrées peu peuplées, privées de débouchés ; — sur des fermes trop vastes pour le fermier qui les dirige, dans l'impossibilité de cultiver annuellemeut toutes les terres, on assole seulement les meilleures, et on laisse les autres en jachère pendant un nombre d'années d'autant plus considérable qu'elles sont d'une culture moius productive. Parfois, après quatre ou cinq ans de repos, on rompt le pâturage dont elles se sont couvertes, et on les soumet à une rotation de quelques années seulement, puis on les abandonne de nouveau à ellesmêmes dès que les bons effe*s de la végétation herbagère et du pâturage des troupeaux cessent de se faire sentir. — D'autres fois, après un écobuage, on leur demande deux ou trois récoltes successives de pommes deterre, et de céréales ou de sarrasin, qui paient tant bien que mal les frais de culture. Certes une telle pratique ne peut être recommandée d'une manière générale, mais il est telles circonstances où l'on n« doit pas non plus

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