‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 256 sur 304 · NÉES · texte numérisé non relu

NÉES

Dépense

en argent.

D'un hornii.e a 1 f r . 1 o c .

fO'une

femme cent.

fr.

fr. c.

ir. c.

fr.

fr.

Au Printemps.

Herser légèrement

Charrier le fumier (1/3 pour lespoiuuies-deterre)

Charger et épandre le fumier ( 2/3 pour les

Enterrer le fumier à la charrue

Herser

Labour pour planter et travail des planteuses lUn porteur et surveillant

Herser légèrement

Passer l'extirpateur ou un double hersage. En Été.

1" culture ( petite Iioue à cheval)

?.'' (-ulture ( grande houe à cheval)

Arracher les mauvaises herbes

Tiansporter les tubercuies

Uu aide pour serrer

l Totaux des Journées et de la Dépen.se.

Ib

CHAP. ilfs DES RAVES, NAVETb, T

Ainsi, en supposant un produit probable de 200 hect. à 2 fr., on réalisera une valeur

de 400 f.

Si à la dépense en travail évaluée cidessus à 102 f

otj ajoute, pour le fumier. . . 80

— pour le loyer 60 ^^gn

— pour les frais généraux. 60 ^

on aura un déboursé total de 2!J2

ce qui établira un bénéfice net de. . 108 f. sans y comprendre ies fanes.

Il n'est peut-être pas inutile de transcrire ici les cotes des différentes espèces de pommes-de-terre sur la halle de Paris, prix moyens, parce que ces détails pourront guider les cultivateurs dans le choix des variétés qu'ils peuvent produire avec plus d'avantage.

Hollande

iSH noiiTclle. Vilclottr. Jaunes. Griiet.

riiecl. l'hecl. 1 h»ct. ITiect.

fr. e. fr. c. fr e. fr. c.

Février . . 5 » 5 » 3 50 4 »

Mars . . . . 5 >» 5 » 3 » 4 »

Juin « » 8 12 4 06 8 10

Juillet. ...»» 8» 4» S»

Septembre. . 4 » 4 » 2 50 3 50

Desept.àjanv. 3 50 4 27 2 75 3 64

Il résulte de ce tableau, qui résume assez bien les variations dans les prix, qu'il y a un grand avantaj^e à cultiver des variétés qui conservent leurs qualités pendant un grand espace de temps, et qu'il est possible, dans bien des cas, d'obtenir un prix double en adoptant un procédé de conservation qui permette de reculer l'époque de la vente.

.\ntoine, de Roville.

Section ii. — Des Raves, Navets, Turneps et Rutabagas.

Tout le monde sait qu'il est avantageux de cultiver successi\ement sur le même sol un grand nombre de plantes, parce que moins elles sont cultivées à des époques rapprochées, moins elles épuisent la terre et plus elles donnent de produits : sous ce rapport, l'introduction de la culture des navets est avantageuse ; elle l'est encore sous d'autres qui sont particuliers à la plante : cultivée pour préparer le sol à la culture des céréales, elle l'épuisé moins que les autre;» planter cultivées dans le même but, telles que les pomraes-de-terre, les pois, les betteraves même; elle est en même temps, pour le bétail de toute espèce, particulièrement pour celui destiné à l'engrais, une nourriture d'biv^;r excellente, qui remplace presque les fourrages verts d'été, empêche les animaux de souffrir du passage du régime de celte saison au régime d'hiver, et, comme la betterave, elle fournit une quantité immense de nourriture ; elle ne le cède donc sous aucun point avantageux aax autres plantes sarclées, et ii faut bien qu'il en soit ainsi pour qu'elle soit devenue en Angleterre la plante ae prédilection, celle qui occupe un sixième environ des terres labourées.

C'est surtout ^o«r occuper la terre pendant Cannée de Jachère triennale, ou pour passer de l'assolement triennal à un assolement de

UilNEPS ET RUTABA 499

plus longue durée, que cette culture est d'un avantage marqué. Après une culture de navets, la récolte des céréales, du blé, soit d'hiver, soit de printemps surtout, est plus abondante dans la plupart des terrains, parce que le terrain est mieux fumé, plus net et plus ameubli.

Il en est de la consommation des navets par les bestiaux, comme de la consommation des betteraves par une fabrique de sucre de cette plante. Le mode d'emploi par les bestiaux est une véritable manufacture qui convertit un produit dans un autre beaucoup plus lucratif, ce qui augmente d'autant les bénéfices du cultivateur. Il y a cependant pour les cultivateurs cette différence, que la fabrication du sucre de betteraves exige des capitaux assez considérables et des connaissances particulières; tandis que l'action de fîire consommer les navets par les bestiaux n'exige que la connaissance oes besoins et des débouchés locaux.

On sait que les navels sont aussi une bonne ressource pour la nourriture de l'homme, non seulement par les racines, mais encore par les pousses; en effet, au printemps, lorsqu'elles montent en graines, ces pousses vertes sont un très-bon manger; bouillies et servies avec la viande, ou assaisonnées au beurre, blanchies à la cave ou dans une serre à légumes, elles sont encore plus tendres et plus douces, offrent ainsi en hiver un mets facile à se procurer et à la portée de tous, puisqu'il ne coûte que la peine de le cueillir.

§ I*. — Espèces et variétés.

Les Navets {Brassica napus) et les Raves {Brassica rapa)\ en anglais, Turnip ; en allemand, Riibe; en italien. Râpa; en espagnol, Nabo, sont, considérés par certains botanistes comme deux espèces, par d'autres comme deux variétés du genre Chou {Brassica) de la famille des Crucifères, dont le type originaire croit spontanément sur les terrains sablonneux des bords de la mer, et que l'on confond souvent ensemble, ainsi que sous les dénominations âe Râpes, Rabioules, Rabioles, Rabettes, Navettes, Turneps, Rutabagas ou Navets de Suède , etc. On en cullive en plein champ et dans les jardins, principalement en Angleterre, en Allemagne et en France, une foule de variétés et de races. Les Raijorts OU Radis (Raphanus) forment un genre très-voisin, mais distinct et qui appartient exclusivement à l'horticulture.

Les principales variétés qu'il convient de recommander à la grande culture eu France sont :

Le Navet des Vertus {fig. 626), dit aussi Rond pjrijorme, très-blanc, hâtif et de bonne qualité {vof. page suivante);

Le N. des Sablons, demi-rond, blanc, trèsbon;

Le N.tle Claire-Fontaine,\.rhs-\oi\ç,, sortant presqu'à moitié de terre ;

Le N. de Meaux, très-alongé et en forme de carotte effilée.

Ces variétés sont principalement cultivées pour la nourriture de l'homme : les jardiniers en énumèrent un bien plus grand nombre.

Fig. G26.

Le Turneps {Jîg. 627 ), Rave du Limousin, Fig. 627.

DES FIANTES CULTIVEES EN GRAND. tn-.

lement ; on peut le Fig. 628.

semer quinze jours ou trois semaines ^ avant les autres va-^' riélés de gros navets. Enfin il résiste mieux aux gelées et peut passer plus facilement l'hiver en terre. On lui reproche d'exiger plus de (' fumier, ou de meilleures terres; de n'être pas mûr assez tôt en automne pour que la récolte puisse être suivie immédiatement d'un ensemencement en blés d'automne ; de donner un mauvais soût au lait des vaches :

d'être moins gros, ou de donner une masse moins considérable dalimens ; enfin de produire un plus grand nombre de radicelles qui retiennent la terre, 00 qui rend plus difficile sa préparation pour le bétail.

La Rave ( Brassica râpa, Lin. ), en anglii.s, Red topped turnep ; en allemand, Gemcine riibe. On en cultive un grand nombre de variétés. L'une de celles qu'on préfère dans lagrande culture est la R. à têle roseoufjra/ide rave {fig. 629); ses fleurs jaunes s'épanouis-

Fig. 629.

Rahioule, généralement cultivé pour les bestiaux, mais cependant très-bon à manger.

Disons, au surplus, que, sous le nom de turneps^ les Anglais ne désignent pas une variété seule de navets, le rutabaga y étant même compris ; on dénomme donc ainsi une quantité assez considérable de variétés, dans lesquelles celle qu'on appelle le globe blanc ( the ivhite globe ) est la plus estimée pour la culture en grand et pour la nourriture du bétail. Les autres variétés tirent leur nom de la couleur que prend ou la racine entière, ou la partie qui se trouve à fleur de terre, et qui a plusieurs couleurs : on pouirait traduire les noms de quelques-unes de ces variétés par les mots de navet à tête verte (green topped) ; à tête verdrUre et purpurine ; à tête rouge ; à racine jaune^ etc.

Le Rutabaga ou Navet de Suède {fig%^^), à racine jaunâtre, plus compacte, plus pesante, moins aqueuse, très délicate au goût, plus nourrissante et plus rustique. Il a encore l'avantage de concourir à engraisser les bestiaux, que les turneps paraissent nourrir seu-

sentenmai.

§ II. — Climat et sol propres aux navets.

Toutes les localités ne sont pas propres aux navets j celles dont le climat est humide sont les plus convenables, et sous ce rapport il en est beaucoup en France qui doiveut être désavantageuses à cette culture; tandis qu'en

cHAP. 17». DES RAVES, NAVETS,

Anglelerre, où les côtes, comme rinlérieur des terres, sont souvent couveites de brouillards, etoii une couche d'huniidilé est |)resqiie constamment déposée sur le sol, chaque nuit, cette plante trouve lous les élémens d'une bonne réussite. Dans beaucoup de plaines, entièrement sèches en été, du centre et du midi de la France, il ne serait donc pas prudent de les cultiver sans faire attention à cette circonstance; cependant il est encore dans ces contrées des localités humides, telles que des vallons et des lieux au voisinage des bois et des rivières, où ces plantes trouveraient un air assez chargé d'humidité pour prospérer, surtout si le terrain était naturellement frais et meuble. Mais s'il est des plaines du midi et du centre de la France peu propres à cette plante, danscombien d'autres, .^oit de nos départemens du nord, de l'est et de l'ouest, soit même de nos pays de montagnes du midi, ne serait-il pas avantageux de la propager, surtout au moyen de la culture en rayons ? Bosc était peisuadé qu'en ne semant la plante que tard en été, en août et en septembre par exemple, au lieu de la semer en mai et en juin comme en Angleterre, on en obtiendrait des récolles dans beaucoup de lieux où l'on ne pense pas qu'elle puisse venir, à cause de la sécheresse cle l'été.

L'ensemencement en rayons sur le fumier, comme je vais le décrire,coniribuerait efficacement à l'accroissement rapide des navets en leurfournissant l'humidité dontilsont besoin dans leur jeune âge, et que le fumier consommé a, comme corps émmemment hygrométrique, la propriété de conserver et d'attirer même du sol environnant, pour la donner aux racines qui le pénètrent. Ce bon effet aurait surtout lieu si on choisissait pour semer le moment où la terre est humide, après une pluie, ou au moment où il va pleuvoir. Le? premières pluies d'automne, mêlées des dernières chaleurs, viendraient achever rapidement leur croissance, et les mettre en état d'être avantageusement récollés en hiver.

Presque tous les terrains peuvent produire des navets; les plus convenables cependant sont ceux qui sont peu compactes (crétacés ou siliceux), un peu frais sans être humides, et d'une certaine profondeur. J'ai vu près de Doncaster des terrains de celte nature, assez mauvais pour n'avoir produit que de l'orge jusqu'au moment de l'introduction de la culture des navets, qui depuis donnaient d'assez belles récoltes de blé. Les terres fortes, argileuses, compactes , sont peu propres à la culture des navels; ils n'y viennent pas si bien, et donnent généralement moins de produits.

La culture des navets, en Angleterre, commence généralement une rotation de récolte; par conséquent c'est quand la terre a donné quelques récoltes non fumées et est remplie de mauvaises plantes, qu'on fait revenir celle des navels, pour remell»'e le sol en état de donner de nouvelles récoltes de céréales.

La sole qui suit les navets varie selon le t^nips de la récolle de la variété qu'on a cultivée : ainsi, si ce sont des variétés hâtives, si la saison a été favorable à la végétation, et la récolte faite de bonne hrure, on sème du bléd'automne immédiatement après. Si on n'a

Page 1