PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES SOLS
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S.ible siliceux.
Terre calcaire
inc. . . .
Magnésie carb
Dilatée.. .
Glaise maigre.
Hl Terre argileuse
BlArsile pure (
privée de
1 sahle par
décania-
jTerre de jard'
Terres arables
Conclusions que l'on peut tirer du tableau qui précède.
1° La désignation de sol léger et de sol pesant on terre forte, si généralement usitée parmi les agriculteurs, se fonde sur la ténacité de la terre et sur son adhérence aux instrumens d'agriculture : ces dénominations marquent donc surtout un sol plus ou moins facile à travailler, ou un sol plus ou moins adhérent aux outils et consistant. — Par les moyens ci-dessus indiqués, on peut apprécier ces propriétés avec une exactitude suffisante. Un sol est très-facile à travailler si sa ténacité, dans l'état sec, n'excède pas dix degrés ; au contraire, il est déjà assez difficile quand cette ténacité va jusqu'à uuarante degrés. — Un sol, dans son état numide, est facile à travailler lorsqu'une surface d'un décimètre n'est retenue que par un poids de 0,20 à 0,30 kilog.; mais il est déjà difficile quand il lui faut une force de 0,40 kilog. ; l'argile p«rf exige même 1 kilog. 32 gr. : les terres arables sont entre ces extrêmes avec différens degrés de ténacité et d'adhérence, comme l'indique le tableau ci-dessus.
2° La ténacité d'un sol n'est pas en proportion directe de sa faculté de retenir l'eau; la terre calcaire fine et l'humus, qui la possèdent éminemment et à un bien plus haut degré que l'argile, ont néanmoins bien moins de ténacité et d'adhérence, et forment un sol facile à travailler. — Plusieurs espèces de sols légers ( les sols sablonneux ) gagnent beaucoup de cohésion par l'humidité. Le sable sec n'en a aucune ; mouillé, il en acquiert une assez considérable.
3° L'adhérence à une surjace de bois est toujours plus forte qu'à une égale surface de fer ; ce phénomène se montre dans chaque terre en particulier, et il se reproduit en grand de plusieurs manières.
4° En général , la consistance d'une terre arable est d'autant plus grande qu'elle contient plus d'argile.
Diminution de la cohésion par l'effet des gelées. — On sait combien la cohésion des mottes de terre diminue quand une terre fraîchement labourée vient à geler, et combien elle devient alors plus friable. Pour suivre ce phénomène de plus près, on forme de longs morceaux de terre d'une égale épaisseur et largeur, on les expose dans m\ état humide, pendant plusieurs jours, à un froid rigoureux , jusqu'à ce qu'ils soient complètement é'<?fe.y; puis on les laisse sécher pou-àpeu dans un appartement habité, avec d'autres morceaux des mêmes terres qui n'avaient pas été exposées au froid : on détermine alors leur ténacité par la méthode précédemment exposée.
La cohésion de ceux qui ont été exposes aux froids diminue quelquefois jusqu'à moitié. Celle de la glaise grasse descend de 68,8 degrés à 45,0; celle de la terre arable d'HoJfu-ill, de 33 à 20 degrés. V argile nu/v se laissait réduire en poudre pai- l,i seule pression du doigt, ce qui n'était pas possible pour la même argile séchée sans l'influence du froid. .
Lliumidité est nécessaire pour produire
cet effet; des terres s^chëes avant d'être soumises à la gelée ne perdent pas de leur ténacité. Voici comment on explique ces effets : la glace prend plus de volume que l'eau dont elle provient; les particules de terre entre lesquelles s'interposent les cristaux de glace se trouvent donc écartées c et désunies. Mais cette diminution de consistance n'est pas toujours de longue durée. En labourant bien la terre dégelée , elle acquiert la même cohésion qu'elle avait aupara\ant. On voit par là l'influence favorable des labours d'automne; la gelée (produite par une température au-dessous de zéro) peut pénétrer beaucoup plus dans l'intérieur de la terre; la masse de celle-ci se gèle mieux et garde plus long-temps sa porosité au printemps ; les labours sont alors moins utiles dans cette saison; car, opérés par un temps un peu humide , ils font perdre à la terre cette porosité que le froid lui avait procurée.
Si toute la terre est humide lors de ces labours du printemps, dans un sol argileux, le préjudice est considérable et est souvent sensible pendant plusieurs mois (1).
La consistance d'un soi diminue aussi considérablement en le brûlant. — La plupart des qualités physiques changent alors ; l'arîùle pure, qui auparavant formait le sol le |)lus compacte, devient, par cette opération, plus friable; elle perd sa consistance el sa ténacité ordinaires. II n'est plus possible de la lui rendre en l'humectant. Dans des contrées de l'Ecosse, il est d'usage d'améliorer le sol en brûlant i argile.
Nous traiterons de cet important phénomène en parlant de Yécobuage.
Une simple dessiccation divise les terres argilo-calcaires, parce que l'argile diminuant plus que le carbonate de chaux, toutes les parties se désagrègent successivement.
SOL
§ III. — Perméabilité du sol.
On conçoit combien est utile la perméabilité du so! qui doit laisser arriver aux extrémités spongieuses des racines, l'eau, les solutions nutritives ou stimulantes, l'airet les gaz. C'est ainsi que l'expérience a fait connaître l'importance de tenir la terre meuble pour les plantes annuelles, de diviser la superficie au-dessus des racines des arbres, etc., etc.
Les expériences comparatii'es sur la per' méahilité sont faciles: — On prend un poids égal de deux ou plusieurs terres sèches à essayer, 1 kil. par exemple; on délaye chacune d'elles avec un litre d'eau, on jette sur des tamis A, B, C {fig. 32 ), séparés, posés de niveau sur deux traverses D, E, et qui sont vus en coupe dans la figure.
On arrose ensuite successivement avec 10 litres d'eau, en ayant soin que le niveau de la terre se dérange peu, et même aplanissant à chaque fois la superficie avec une pa-
Fig. 33.
lelte en bois {Jig, 33 ).
— La vitesse avec laquelle la filtration de leau aura lieu indiquera le degré de perméabilité du sol entre les deux extrêmes :
le sable qui laissera fil- j
trer aussi vite que l'on versera, et les argiles plastiques qui laisseront à peine couler goutte à goutte. j
Nous indiquerons plus loin, en parlant des] amendemens, les moyens de donner le degré de perméabilité le plus convenable.
§ IV. — Faculté d'absorber l'eau.
Cette propriété des sols est évidemment une des plus importantes , car elle livre à la sève une partie indispensable de l'humidité , fournie quelquefois à de longs intervalles par les pluies.
On V apprécie facilement en prenant sur un des tamis dont nous venons de parler, et lorsque l'eau ne s'en égoutte plus, 500 grammes de terre toute mouillée ; on en connaît le poids en la plaçant dans une large assiette plate, tarée d'avance, puis on pose cette assiette ainsi pesée , soit sur la sole d'un four après la cuisson du pain, soit sur un poêle : lorsque la dessiccation estcomplètç, c'est-à-dire que le poids ne diminue plus, la différence du poids trouvé alors indique la quantité d'eau que la terre retenait absorbée entre ses parties. — Ainsi, lorsque 600 grammes de terre mouillée seront réduits après la dessiccation à 4Q0, on en conclura que les 400 grammes de terre avaient retenu 100 d'eau, et que 100 auraient retenu 25.
De cette manière on a trouvé les résultats qui suivent.
SublUncei lerrnntes rsiajréps.
100 parties relienoeol. Eao.
Sable siliceux 25
Sable calcaire 29
Glaise maigre 40
Glaise grasse 50
Terres argileuses 60
Argile exempte de sable. . . 70
Terre calcaire fine 85
, Terre de jardin 89
(t) M. DE Gasparin rapporte avoir vu dans son climat du midi un champ ouvert, un peu humide au printeiiîps. ijui ne put être semé en automne, faute d'en pouvoir briser les mottes. — J'ai souvent observé ce fait dans quelques champs placés au bas des buttes qui environnent Paris , et dont le sol est en grande partie composé d'argile mêlée à du sable.
CflAP. 2*.