‹ Maison rustique du XIXe siècle (volume 3)Chapitre 79 sur 304 · Noir · texte numérisé non relu

Noir

reste plus do particules charbonneuses; qu'on laisse refroidir, et que le poids du résidu se trouve être de 70 grammes, la perte de 30 grammes ou 30 p. 0 0 représentera la quantité de matière org;Mii(iue ou la proportion de fumier très-sec que pouvait représenter la vase. Si la matière essayée contenait une proportion notnh/e de carbonate de c/uiu.r, il faudrait tenir compte de l'acide carbonique dégagé par la calcination ; on constaterait sa quantité en saturant par lacide sulturicjue étendu de 0,9 d'eau, et constatant la perte. ( f'oy. les détails sur l'analyse des terres donnés page 57.)

Enfin, si une proportion importante de débris d'animaux se trouvait dans ces vases boueuses, comme nous avons vu que cela se rencontre quelquefois près des bords de la mer, on l'apprécierait en faisant calciner dans une cornue l'échantillon desséché, en recueillant les gaz dégagés dans de l'acide sulfurique étenuu d'eau, tenant note, soit de l'acide saturé, soit du sulfate d'ammoniaque produit (l'.Nous avons indiqué plus haut ce mode d'essai en parlant des débris d'animaux. La proportion de matière animale ainsi représentée augmenterait de beaucoup l'influence et la valeur comme engrais de la matière organique, puisqu'elle poui'rait au moins être assimilée au sang soluble, dont 850 kil. produisent comme engrais un effet à peu près égal à celui de 54,000 kil. (ou G3 fois plus) de fumier d'étable.

§ IV. — Comparaison des prix et des effets des divers engrais, avec les doses nécessaires.

Les recherches faites jusqu'à ce jour nous permettent d'estimer approximativement les effets et prix comparés des divers engrais en usage. Sans doute, un plus grand nombre d'essais, et dans des circonstances de sols, saisons, cultures plus diverses, seraientutiles pour fixer ces données-, mais encore seraient-elles sujettes à des variations entre certaines limites pour les différentes localités ; telles que nous les présentons, elles serviront du moins de l'"' base à chaque agriculteur pour de nouvelles observations spécialement applicables à son exploitation.

'Le^ prix des transports devront aussi être rectifiés suivant les distances et l'état des voies de communication. Nous avons d'ailleurs supposé les engrais qu'on achète dans les villes transportés à 2 iieues, et ceux produits par les exploitations rurales rendus sur le champ; enfin, dans une 2"- colonne, nous avons ajouté 50 c pour frais de transport. On verra que les engrais riches seuls

AHRICULTURK : ENGRAIS. mv. i^'.

peuvent supporter jusqu'à 5 fr. de frais de transport, tandis que les fumiers et les divers composts supporteraient à peine quel- (jucs centimes.

Tableau des frais de fumure d'un hectare de terre (ou 6 arpens de Paris ), avec divers entrais.

Quantités ,

IMUX

3o criil.

espèces et prix par mesure,

Iran^porl

des divers engrais.

COOIiSI.

en ,,l..s.

i,Soo kil. I 5 liectol. noir animal iic à 5 f.

3,oi)Ojrf. 10 id.noirrésidudes raffineries.

à 5 fr

55o liil. chair musculaire en poiidro,

à 70 fr. le loodekil. .

1,750 kil. ou î5 \iecl. poudret:e, a 5 (r...

730 id. -"J".?' coaL'ula sec, en

poudre, i jo f. le 100.

iJ3 75

85o id sanfT soluble seCji'ii \>ou-

dre, à 20 fr. ....

î,5oo id. jlenledepig^ons'^ieaàae.

en Flandre"!

5,000 id. os concaisés, à 12 fr.

le 100

1,1 î5 id. cornes en rn pures, a-i!i i.

!3,-.So !(/. engrais flamand TfiiAn

à I f. 20 c. lesi 2, S kd.

|()n,ooo id. c/iiTaiJrc/-;,|>!us tliaud,

à 35 c. le 100. . . .

1 à •îo c. '.ire des villes.

5/,, 000 fumiers, < à 58 c. dans les fermes

5fi5 .

f à 84 c. id. le 100.

iifi.ioo houet des villet. k 5o c. (■>). . .

'se,; .

Nous n'avons pas mentionné dans ce tableau divers autres engrais , tels que les marcs de colle, les cendres animalisées, les terreaux, plusieurs composts et détritus, soit parce que leur composition est trop variable, soit parce que leurs effets n'ont pas été constatés.

Rappelons, en terminant, quel'on ne devra jamais se baser sur le prix de revient seulement des engrais pour fixer son choix, mais qu'il faut encore prendre en considération leur influence spéciale sur le développement de la partie herbacée ou la production de la graine, le goût des fourrages ou des plantes comestibles, leur action plus ou moins régulière , l'effet secondaire comme amendenaent ou stimulant, enfin la main-d'œuvre pour les répandre, et les soins particuliers à ceux qui sont rapidement actifs pour éviter de les mettre en contact avec les graines, les jeunes tiges ou les extrémités spongieuses dc& racines. A. Payen.

CHAPITRE V. — DES OPÉRATIONS AGRICOLES PROPRES A RENDRE LE SOL CCLTIVARLE.

La France renferme encore, malheureusement, un bien grand nombre déterres Vagues et incultes, de Landes, de Bruyères, de Sa-

varts, qui ne sont dévoués à la stérilité que faute d'être fécondés par des bras laborieux. Non seulement dans certaines parties du 1er

(1) On obtient ainsi environ 9 de sulfate d'ammoniaque pour cent des os calcines, et 18 à 20 du -sang sec, des chiffons de laine, de la chair musculaire, des cornes, etc.

f2)Ce]jrix est compose presque en entier des frais de ramassage et de transport à une distance d'une à deux lieues.

riloire, de vastes étendues de terrain sont ainsi improductives, mais, inèine dans les déparlemens les pins riches, les plus peuplés, les mieux cultivés, ou rencontre encore çà et là (|uelques portions de sol (pie des travaux bien entendus rendraient facilement à la culture. Tantôt ces terrains sont occupés par des pierres, des broussailles, des arbustes; la marche des instrumens aratoires y est gênée par des roches; le guéret n'y a pas encore élé entamé par la charrue. Tantôt l'abondance ou la stagnation des eaux les constitue, perpétuellement ou temporairement, en marais ou en terres marécageuses, ou bien l'invasion extraordinaire ou périodique de ces eaux y interdit les cultures réglées, et même menace le sol de l'envahissement ou de la destruction. L'objet de ce chapitre est de mettre les propriétaires et les cultivateurs à même de convertir en terres arables les terrains plus ou moins étendus, qui, par une cause quelconque, sont encore en friches et pourraient cesser d'y être.

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