BOULEAU ( Betula ). Nous en citerons cinq
Bouleau noir, Bouleau-Merisier, B. lenta ( en ang\. BlacA birch).\\ abonde dans les états du centre, particulièrement à New-York, en Pensylvanie et en Maryland. Il prospère dans un sol profond, perméable et frais; il s*élève
chap. T. ARBRES El ARBUSTES
jusqu'à 70 pieds. Ses feuilles sont assez semblables à celles du merisier, d'où le nom sous lequel il est le plus connu. Il reçoit un beau poli, et possède une force assez considérable. Il est presque aussi estimé que le cerisier sauvage, et est recherché par les menuisiers, les ébém^tes, les carrossiers, etc. C'est, en un mol, une des meilleures espèces.
Bouleau Jaune, B. lutea (en angl. Yelloiv birch). On le confond souvent avec le précédent, auquel il ressemble beaucoup, et sa bailleur est la même; mais il passe pour lui être inférieur en qualité. Quoi qu'il en soit, on en fait de fort beaux meubles, des jougs pour les bœufs, des traîneaux, des cercles de barriques, etc. Son écorce est fort bonne pour le tannage, et son bois est un excellent combustible.
Bouleau à canot, B. papyracea (en angl. Canoë birch). Ce bel arbre est très-multiplié dans les contrées situées au nord du 43e degré de latiiude, et entre le 75e degré de longitude occidentale et l'océan Atlantique : ce qui comprend le Bas-Canada, le New-Brunsvvick, l'état de Maine, le New-Hampshire et Vermont; il disparaît sous le 43e degré de latitude, et ne se trouve point dans la partie sud du Connecticut et sous Albany dans l'état de New-York. Il se plaît dans un sol fertile, qui est couvert de grandes pierres couvertes de mousse. Sa hauteur est de 70 pieds, ses branches déliées et flexibles, ses feuilles grandes et d'un vert foncé, et son aspect d'une grande élégance. Son bois parfait présente un grain brillant et une force considérable. On en fait des tables auxquelles on sait donner l'apparence de l'acajou, des incrustations d'ébénisterie et des ornemens de menuiserie. 11 donne un excellent chauffage. Cet arbre, agréable et utile, mérite d'êlre introduit en grand dans la composition de nos bois el de nos jardins. Son écorce est employée à divers usages : on en fait du bardeau, des paniers, des boites, des portefeuilles. Divisée en feuilles très-minces, elle peut suppléer au papier; mais son plus important emploi est dans la construction de ces canots singuliers faits avec de grands morceaux cousus avec les racines fibreuses du White Spruce; assez solides pour servir à de longs voyages dans l'intérieur de la contrée, et assez légers pour être facilement transportés sur les épaules, d'un lac ou d'une rivière à l'autre; assez forts pour porter jusqu'à 15 passagers, et si bien travaillés qu'un canot capable de porter 4 personnes et leur bagage ne pèse pas plus de 40 à 50 livres.
Bouleau a feuilles de peuplier, B. populifolia ( en angl. fVhite birch). L'avantage de ce bouleau est de se trouver très-fréquemment dans les lieux qui manquent d'autres espèces de bois, où le sol est sec et maigre, et généralement épuisé par la culture. Il s'élève de 20 à 25 pieds; dans les localités humides, il en atteint de 30 à 35. On en tire de bon charbon et un bon chauffage quand on le brûle en vert.
Bouleau rouge , B. rubra (en ang. Red birch). Il ne croît point comme les autres espèces dans les forêts, mais on le trouve sur le bord des fleuves, en Pensylvanie, Marytend, Virginie, et la partis supérieure des
FORESTIERS EXOTIQUES. Si
Carolines et de la Géorgie. Dans cette situation, il se développe avec vigueur et s'élève jusciu'à 70 pieds. La couleur rongea tre de son épidémie sur les jeunes arbres , est probablement l'origine de son nom. On l'emploie pour l'aire des écuelles, des baquets, des cercles, des barriques, etc.
4. CHARME {Carpinus). — Charme d' Amérique, C. A me ricana (en angl. American hornbeam). Un froid trop rigoureux lui est contraire, et il se plaît mieux clans les états du sud, où il s'accommode de toute espèce de sol et d'exposition, excepté les terrains longtemps inondés ou absolument stériles. Son bois est extraordinairement dur et serré; mais l'arbre ne s'élève qu'à 12 à 15 pieds, ce qui empêche d'en tirer parti, excepté quelquefois pour des cercles.
Charme bois de fer, C. ostrya (enangl./ro/z wood). Sa croissance est très-lente; son bois est pesant, compacte, d'un grain très-fin. Ses qualités supérieures sont bien attestées par son nom; mais quoiqu'un peu plus grand que le précédent, ses dimensions sont trop petites pour qu'on en tire un grand parti. Il est excellent pour faire des dents de roues de moulin, des maillets, etc.
5. CHATAIGNIER ( Casianea). — Chincapix, C. pumila. Le chincapin est borné au nord par la rivière de Delaware, et s'étend au sud jusqu'à celle des Arkansas. Il aime un sol frais et fertile, mais il s'accommode de tous, excepté de ceux qui sont couverts d'eau. Danslesudil fructifie dans les terrains les plus arides. Sonjruit a la grosseur d'une noisette, et son bois, dur, luisant et compacte, recherché pour les poteaux dont on fait un si grand emploi en Amérique pour les clôtures rurales, se conserve en terre plus de quarante ans.
Châtaignier d'Amérique y C. vesca ( en angl. American chesnut). Il ne s'étend pas au-delà du 44e degré de latitude, car il craint l'excès du froid. Des étés frais et des hivers doux sont ce qui lui convient le mieux. Il s'élève de 70 à 80 pieds, sur une circonférence de 15 à 16. Quoiqu'il ressemble, en général, au châtaignier d'Europe, les botanistes en ont fait une espèce distincte. Stsjruits sont plus petits et plus doux que ceux du châtaignier sauvage d'Europe. Le bois estforî, élastique, et résiste aux alternatives de l'humidité et de la sécheresse. Sa durée le rend extrêmement propre à faire des pieux et des barrières que l'on dit durer plus de 50 ans. Il est préférable pour les bardeaux à toute espèce de chênes. Exploité en merrain, il n'est bonque pourcontenirdes marchandises sèches, à cause de l'ouverture de ses pores. Il fait un mauvais chauffage et un bon charbon.
6. MICOCOULIER {Celtis). — Micocoulier a jeuillcs épaisses, C. crassi/olia (en angl. Hack Berrj). Grand arbre qui s'élève de 70 à 80 pieds, sur un diamètre disproportionné de 18 à 20 pouces, qui abonde sur les rives de la Susqnehannah et du Polomac, et dans les conlrées de l'ouest, dans toutes les vallées qui régnent le long des rivières, partout où le sol est fertile, depuis les bords de la Delaware, au-dessus de Philadelphie, au nordest, jusque dans tout lelvenlucky et le Tennessee. Les feuilles, les plus grandes du genre, ont 6 pouces de long sur 3 à 4 de large. Son
bois y fin et compacte, mais pas assez dur, n'est
Ï>as fort employé, à cause de son peu de soidité; mais il donne un excellent charbon.
Micocoulier d'Occident, C. Occidentalis (en angl. American nettle tree). Son bois, arrivé à maturité, est dur, compacte, souple et tenace, fait d'excellens cercles, des manches de fouet, des flèches de voitures, etc., ainsi que des ouvragesdesculpture.il se développe, comme le précédent, dans les sols profonds, fertiles, ombragés et frais des états du milieu, de l'ouest et du sud.
7. CERISIER ( Cerasus ). — Cerisier de la Caroline, C. Caroliniana ( en angl. Wild orange tree). On le trouve dans les îles de Rahama, et dans les îles le long des côtes des Carolines, de la Géorgie et des Florides. Il disparaît quand on s'éloigne de quelques milles des bords de la mer. Sa verdure persistante en fait le plus bel ornement de ces contrées, où il procure promptement aux habitans, qui le plantent autour de leurs maisons, un ombrage impénétrable; mais la petitesse de sa taille ne le rend propre à aucun usage économique.
Cerisier boréal, C. borealis (en angl. Red cherry tree). C'est un arbre du 3e ordre, commun dans les états du nord, le Canada et la Nouvelle-Ecosse, et tout-à-fait inconnu dans ceux du sud. Son fruit esl extrêmement acide. Son peu de développement empêche d'en tirer parti dans les arts mécaniques.
Cerisier de Virginie, C. Virginiana ( en angl. VPild cherry tree). Cet arbre est un des plus grands produits des forêts américaines; mais la rigueur du froid, l'excès de la chaleur, la grande sécheresse ou la grande humidité du sol, lui sont également contraires, et, suivant leur influence, défavorable ou propice, il s'arrête à 30 ou 40 pieds, ou s'élève jusqu'à 100, sur 12 à 16 de circonférence. Nulle part il n'est plus multiplié ni plus développé qu'au-delà des montagnes des états de l'Ohio, du Kentucky et du Tennessee, en Pensylvanie et dans la Virginie d'où il tire son nom. Son fruit, noirâtre quand il est mur, est extrêmement amer. Son bois, compacte, d'un grain fin et brillant, d'une couleur rouge, qui devient plus foncée avec le temps, n'est point sujet à se déjeter quand il est bien mûr. La menuiserie et l'ébénisterie en font un emploi considérable; et, choisi près de la ramification du tronc, il offre des accidens qui le font rivaliser avec l'acajou. On le préfère au noyer noir, qui devient trop sombre à la longue. On l'emploie aussi dans le charronnage et dans la construction maritime.
8. PLAQUEMINIER {Diospyros).— Plaqueminier de Virginie, D. virginiana (en angl. Persicus ). Un froid vif est contraire à cet arbre, qui s'arrête aux rives du Connecticut, sous le 42e degré de latitude, et se propage à l'infini dans les forêts de l'ouest. Sa taille varie singulièrement, suivant la différence des sites; il fructifie abondamment dans les états du sud ; mais son fruit, extrêmement acre, n'est mangeable qu'après avoir été exposé à l'action du froid. Le bois est employé dans différens arts économiques. On le fait entrer dans la fabrication de la bière. L'écorce intérieure, extrêmement